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Secours

 Les secours accordés par l'administration de l'instruction publique au personnel de l'enseignement primaire sont de deux sortes. Les uns sont réservés aux anciens instituteurs et institutrices publics, aux veuves de directeurs d'école normale, d'inspecteurs primaires et d'instituteurs publics ; les autres ont pour objet de venir en aide à des instituteurs et institutrices malades qui ont dû cesser leur service et qui ont atteint, dans le courant d'une année, sans avoir repris leurs fonctions, la période pendant laquelle la loi ne permet plus de leur conserver leur traitement total ou partiel. (Voir Congés.)

De tout temps on s'est préoccupé de ne pas laisser dans le besoin les vieux maîtres et leurs familles, et des sommes plus ou moins élevées ont toujours figuré au budget en vue des allocations de la première catégorie.

Ces secours ne constituent pas un droit. Ils sont accordés sur les propositions adressées chaque année, par les préfets, à une date fixée, ou sur des rapports spéciaux dans les cas urgents.

L'attribution de secours aux maîtres et maîtresses pour frais de maladie est, au contraire, de date récente. C'est, en effet, en 1907 qu'un crédit a été prévu pour la première fois pour cet objet et inscrit au budget de l'instruction publique.

Dans une circulaire en date du 25 novembre 1907, le ministre faisait part aux inspecteurs d'académie de cette heureuse innovation et les invitait, dans les termes suivants, à lui signaler les situations les plus intéressantes :

« Mieux que quiconque vous êtes en mesure, avec le concours de MM. les inspecteurs primaires de votre ressort, de rechercher discrètement et de me signaler les instituteurs et les institutrices qui se trouvent dans les conditions indiquées ci-dessus, maîtres et maîtresses que l'absence de ressources, lorsque tout traitement leur est supprimé, met dans la nécessité de se priver des soins que réclame leur état de santé et oblige parfois de reprendre leur emploi avant la guérison.

« Si la modicité du crédit dont je dispose nous interdit pour le moment l'espoir de porter remède à toutes les situations éminemment dignes d'intérêt, notre devoir n'en est pas moins de rechercher les plus malheureux, — ce ne sont pas toujours ceux qui s'adressent le plus fréquemment à nous, — et, par la concession d'allocations, de leur donner une aide indispensable ; l'intérêt des écoles, des maîtres et des enfants qui leur sont confiés nous le commande aussi bien que l'humanité.

« J'appelle en particulier votre attention sur les fonctionnaires de votre département qui sont atteints d'affections relevant de la tuberculose.

« Soignés dès le début, éloignés de leur classe, observant le repos et le traitement que commande le médecin, nos maîtres et nos maîtresses pourraient éviter que le progrès de la maladie ne les sépare à jamais de leurs fonctions ; lorsque la période légale de six mois sera expirée, vous me trouverez disposé, à l'aide des sommes qui me seront accordées par le Parlement, à leur venir en aide pour que les bienfaits du traitement auquel ils se seront soumis ne soient pas anéantis par une reprise de fonctions prématurée.

» Souvent, enfin, nos maîtres et maîtresses reculent devant une dépense indispensable mais qui excède leurs ressources, je veux dire un séjour de quelques mois dans un sanatorium, séjour que leur conseillent et celui qui les soigne et ceux qui les entourent ; j'ai déjà fait connaître, par une note insérée au Bulletin administratif (n° 1772, page 637, 27 avril 1907), à l'occasion de l'ouverture du sanatorium antituberculeux fondé à Sainte-Feyre (Creuse) par l'Union nationale des Sociétés de secours mutuels d'instituteurs et d'institutrices, que j'étais en mesure d'accorder des secours aux maîtres et maîtresses munis d'un congé régulier qui sont admis dans un sanatorium : je ne puis que vous prier de rappeler, à toute occasion, mes intentions aux fonctionnaires à qui la pénurie des ressources interdirait une cure de ce genre. »

Ajoutons qu'un crédit de 25 000 francs est également inscrit depuis quelques années au budget sous la rubrique « allocations aux fonctionnaires de l'enseignement primaire chargés de famille ». La répartition de cette somme est faite annuellement suivant la procédure usitée pour les secours proprement dits.