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Olivier

Louis-Henri-Ferdinand Olivier, né en 1759 à La Sarraz (Pays de Vaud, Suisse), après avoir fait ses études à Lausanne, devint en 1778 précepteur à Riga dans une famille noble ; en 1780, il fut appelé comme professeur de français au Philanthropinum de Dessau, et exerça ces fonctions pendant quinze ans, jusqu'à la dissolution de cet établissement ; il fonda ensuite à Dessau un pensionnai, dont il abandonna la direction en 1801 pour se consacrer tout entier à la vulgarisation et au perfectionnement de la méthode de lecture dont il était l'inventeur. Il est mort à Vienne en 1815.

La méthode de lecture d'Olivier avait d'abord été employée par lui pour l'enseignement du français, lorsqu'il professait au Philanthropinum ; il résolut ensuite de l'appliquer à la lecture de l'allemand, et la fit connaître dans un ouvrage publié en 1801 cl intitulé Die Kunst lesen und rechtschreiben zu lehren auf ihr einzigwahres, höchst einfaches und untrügliches Grundprinzip zurückgeführt (L'art d'enseigner à lire et à écrire correctement, ramené à son principe fondamental, le seul vrai, aussi simple qu'in faillible). Une exposition plus complète de son système se trouve dans un second ouvrage publié quelques années plus tard sous ce titre bizarre : Ortho-epographisches Elementarwerk (Livre élémentaire ortho-épographique), 2 vol., Dessau, 1804-1806. Le trait caractéristique de cette méthode, c'est sa prétention de soumettre à une analyse minutieuse et rigoureusement scientifique les éléments de la parole. Avant d'enseigner à l'élève le nom des lettres et la forme des caractères, Olivier lui faisait passer en revue tous les sons de la langue parlée, lui apprenait à les distinguer dans leurs plus délicates nuances, et à les classer méthodiquement selon les organes qui interviennent dans la prononciation de chacun d'eux ; après l'achèvement de ces laborieux préliminaires, où l'on serait presque tenté de voir une réminiscence d'une scène bien connue du Bourgeois gentilhomme, l'enfant apprend l'alphabet usuel au moyen d'images représentant une série d'objets dont le nom contient la lettre qu'il s'agit de prononcer ; ainsi le mot Traube (raisin) sert à enseigner la lettre b, le mot Tulpe (tulipe) la lettre p, etc. ; c'est la lecture par écho de Bertaud et de Daubanton (Voir Lecture, pages 999-1000). Olivier fait prononcer les consonnes en y joignant la voyelle e, placée alternativement après la consonne, be, pe, et avant eb, ep ; ce procédé est celui du chanoine Cherrier (Voir Lecture, page 1000). Les lettres, une fois connues, sont collées isolément sur de petits morceaux de carton que l'élève assemble pour former des mots. J.-J. Rapet a signalé des ressemblances entre la méthode d'Olivier et celle de François de Neufchâteau (Voir François de Neuf-château) ; elle a aussi des rapports assez marqués avec la statilégie de M. de Laffore. Après avoir attiré l'attention en Allemagne et un Autriche lors de son apparition, la méthode Olivier a été abandonnée comme peu pratique : elle complique l'enseignement au lieu de le simplifier.

James Guillaume