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Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande, découverte en 1642 par le Hollandais Tasman, et devenue possession anglaise en 1840, se compose de deux îles : Ikana-Maoui, l'île du Nord, et Tavaï-Pounamou, l'île du Sud. Ces îles étaient peuplées par des Maoris anthropophages, qui ont été presque entièrement exterminés. Le régime parlementaire a été établi dans la colonie en 1853 ; dans le demi-siècle qui a suivi, la population s'est considérablement accrue, et les progrès de la colonisation ont complètement transformé la Nouvelle-Zélande. La superficie de la colonie, y compris les îles Chatham, est d'environ 271 000 kilomètres cariés ; sa population, en 1907, était d'environ 935 000 habitants, dont environ 47 000 Maoris. La capitale de la colonie est Wellington, dans l'île du Nord.

Nous empruntons les renseignements qui suivent à un document officiel, publié par le Département d'éducation de Wellington en mai 1907.

De 1853 à la fin de 1876, la Nouvelle-Zélande fut divisée en plusieurs provinces, ayant chacune un gouvernement séparé. Entre 1855 et 1857, une organisation plus ou moins rudimentaire de l'instruction publique fut établie dans les provinces principales: les écoles primaires furent administrées par des comités locaux, et par un bureau central ou quelque autre autorité placée au chef-lieu de la province. Les dépenses étaient couvertes par des impôts de capitation levés sur les chefs de famille, la rétribution scolaire des enfants, des taxes sur les propriétés, des dons et legs, et des subventions du trésor provincial. Il était pourvu à l'instruction religieuse.

Après l'abolition des provinces en 1876, les diverses organisations provinciales de l'éducation continuèrent à fonctionner jusqu'à l'adoption de l'organisation actuelle, qui est entrée en vigueur en 1878, et qui est restée la même, sans changement, pendant un quart de siècle. Cette organisation diffère de la plupart des anciennes organisations provinciales en ce que l'instruction est devenue gratuite, obligatoire et laïque ; mais elle conserve encore des traces de son origine, notamment dans ce fait qu'outre l'administration centrale, remise au Département d'éducation, il existe toujours une administration provinciale confiée à des bureaux ou Boards, en sorte que les membres du personnel enseignant et même les inspecteurs sont des fonctionnaires des Boards et non pas du Département d'éducation.

La colonie est divisée en treize districts d'éducation, qui généralement correspondent aux anciennes provinces ou à quelqu'une de leurs subdivisions. Ces districts sont subdivisés en un grand nombre, toujours croissant, de districts scolaires, dans chacun desquels se trouve un comité scolaire (School Committee) de cinq à neuf membres, élu annuellement par les chefs de famille (householders). Dans chaque district d'éducation il y a un bureau d'éducation (Education Board) de neuf membres, dont trois sont élus chaque année pour un ternie de trois ans par les membres des comités scolaires. Un Act de 1905 a divisé chaque district d'éducation en trois wards, dont chacun élit trois des neuf membres du Board. Le comité scolaire administre les écoles du district scolaire, sous la surveillance du bureau, qui s'exerce par des inspecteurs. C'est le bureau scolaire qui nomme et révoque les instituteurs et les institutrices, mais seulement après avoir pris l'avis du comité.

Le Département d'éducation, présidé par le ministre de l'éducation, est chargé, en premier lieu, de la surveillance générale et de la direction de l'instruction primaire, et, en outre, du développement et de l'extension de l'instruction secondaire et technique. C'est lui qui a la direction immédiate des écoles destinées aux enfants de la race maori, des écoles pour l'enfance abandonnée ou criminelle, des écoles de sourds-muets, et qui distribue les subventions accordées par le Parlement de la colonie pour les bibliothèques publiques. Afin de fournir aux élèves des écoles primaires publiques une lecture convenable, le Département publie un journal des écoles (School Journal), qui est distribué gratuitement. Le ministre est tenu d'adresser chaque année au gouverneur de la colonie un rapport sur les progrès et la situation de l'éducation publique.

La manière en laquelle les dispositions des diverses lois relatives aux écoles primaires publiques doivent être exécutées est fixée par des règlements arrêtés par le gouverneur en conseil. Parmi les matières ainsi réglementées sont les suivantes : les registres de fréquentation, l'autorisation des livres de classe, l'inspection des écoles et les examens, les certificats d'aptitude des maîtres et maîtresses, les écoles normales, les pupil-teachers, les examens pour l'obtention des bourses d'enseignement secondaire et technique, pour l'admission et l'avancement dans le service public, l'instruction manuelle et technique, les bourses, les corps de cadets des écoles publiques, le personnel enseignant et ses traitements, le paiement des subventions aux bureaux d'éducation, et la vérification des comptes de ces bureaux.

Une des principales fonctions du Département est de répartir entre les bureaux d'éducation et les autres autorités scolaires, de la manière prescrite par la loi, les subsides votés par le Parlement pour le traitement des maîtres et maîtresses, pour l'entretien des écoles primaires et des écoles normales, des classes secondaires et techniques, pour la construction et l'entretien des maisons d'école, et pour l'enseignement supérieur.

Enseignement primaire.

Les écoles primaires publiques sont appelées public schools, « écoles publiques ».

De 1878 à 1901, les dépenses des écoles publiques ont été couvertes principalement par une subvention fournie par le revenu consolidé de la colonie, à raison de £ 3 15 shillings par an pour chaque élève présent (d'après le chiffre de la fréquentation moyenne), à laquelle s'ajoutaient une allocation supplémentaire par tête d'élève, variant de 4 à 10 shillings, et des subsides s'élevant à une somme totale annuelle d'environ £ 45 000 pour la construction et l'entretien de maisons d'école. Durant cette période, chaque Board avait son échelle particulière de traitements, et il y avait une inégalité considérable dans la rémunération des instituteurs suivant les districts. Mais le Public School Teachers Salaries Act de 1901 a fixé la relation entre le nombre et le traitement des maîtres d'une école et le nombre des élèves, et les Boards reçoivent maintenant des sommes suffisantes pour payer aux maîtres les salaires déterminés par la loi, outre un subside par tête, de 11 sh. 3 d. pour les dépenses générales et de 1 sh. 6 d. pour des bourses d'enseignement secondaire, ainsi que d'autres petits subsides avec diverses affectations spéciales, et des subventions pour les maisons d'école comme auparavant, mais dans une mesure beaucoup plus libérale. Environ deux tiers de leurs ressources totales sont absorbés par le paiement des salaires du personnel enseignant. Le reste forme le fond qui sert à l'entretien des écoles et des autres bâtiments, au paiement du traitement des inspecteurs et des divers employés, ainsi qu'à celui de divers subsides alloués aux comités pour le chauffage, le nettoyage, des dépenses imprévues, et les bibliothèques scolaires. Les fonds à la disposition d'un comité peuvent être accrus par des dons et des souscriptions, et le produit des amendes publiques pour infractions à l'obligation scolaire. Les sommes allouées aux Boards en 1905 pour tout ce qui concerne l'instruction primaire se sont élevées à un total de £ 614 315, ce qui représente £ 4 9 sh. 3 d. 1/3 par élève (d'après la fréquentation moyenne).

Il ne peut pas être perçu de rétribution scolaire dans les écoles publiques. Les membres des bureaux d'éducation et ceux des comités scolaires ne reçoivent aucune rémunération pour leurs services.

Les écoles sont ouvertes à tous les enfants de l'âge de cinq ans à celui de quinze, et la fréquentation est obligatoire de l'âge de sept ans à celui de quatorze. L'instruction est entièrement séculière ; mais un enseignement religieux peut être donné, avec le consentement du comité, dans le bâtiment scolaire en dehors des heures de classe. Les matières d'enseignement sont la lecture, l'écriture, l'arithmétique, la grammaire et la composition anglaises, la géographie, l'histoire et l'instruction civique, l'instruction morale, les éléments des sciences physiques et naturelles, le dessin, le chant, les principes de l'hygiène, la gymnastique et les exercices militaires, les travaux manuels, et, pour les filles, les travaux à l'aiguille.

Le transport gratuit en chemin de fer est accordé aux élèves âgés de quinze ans au plus qui se rendent à l'école pour y recevoir l'instruction primaire, aux élèves âgés de dix-neuf ans au plus qui sont titulaires d'une place gratuite dans une école secondaire, aux élèves inscrits dans les écoles primaires ou secondaires qui voyagent pour assister à des classes d'enseignement manuel ou technique spécialement organisées dans divers centres, et, sans limite d'âge, aux titulaires de places gratuites dans des écoles techniques. Des réductions de prix sont accordées à d'autres catégories d'élèves fréquentant les écoles secondaires et techniques. Il n'y a pas, dans la colonie, d'établissements publics pour l'instruction des enfants au-dessous de l'âge de cinq ans, mais des jardins d'enfants gratuits ont été établis par des fondateurs particuliers dans quelques villes. Il peut être alloué à ces jardins d'enfants une subvention annuelle de £ 2 par tête d'élève (calculée sur la fréquentation moyenne), à la condition que le salaire du personnel enseignant ne descende pas au-dessous d'un certain minimum, et qu'une somme égale au subside soit versée par des dons ou des souscriptions.

Personnel enseignant des écoles publiques. — Des certificats de compétence sont délivrés aux membres du personnel enseignant à la suite d'examens organisés par le Département d'éducation, ou moyennant la preuve qu'un examen équivalent, organisé par une autorité publique compétente, a été subi avec succès par l'impétrant. Il y a cinq classes de certificats celui de la classe E (la dernière) indique que le porteur est en possession d'une bonne éducation anglaise par rapport aux matières formant le programme de l'enseignement primaire dans les écoles publiques de la colonie ; celui de la classe A (la plus élevée) est réservé aux gradués des universités qui ont obtenu les honneurs de première ou de seconde classe. Il n'est plus fait, aujourd'hui, d'examens en vue d'obtention de certificats de la classe E, et il n'est plus délivré de certificats de cette classe, excepté dans un petit nombre de cas, lorsqu'un examen équivalent subi ailleurs, d'un niveau inférieur à celui de la classe D, a paru mériter qu'il en fût tenu compte. Dans chaque classe il y a cinq divisions, pour la formation desquelles on fait entrer en compte, en partie, le mérite, et en partie, mais à un moindre degré, la durée des services ; la division 1 représente le degré le plus élevé de l'échelle et la division 5 le degré inférieur. Dans la classe D, qui renferme la majorité des membres du personnel enseignant, le degré de capacité requis est, pour la plupart des points, le même que pour l'immatriculation à l'université de Nouvelle-Zélande. Avant qu'un certificat de n'importe quelle classe puisse être délivré, il faut que le candidat ait au moins deux années de service dans l'enseignement.

La première liste d'instituteurs et d'institutrices munis du certificat conformément à l'Education Act de 1877 a été publiée le 2 juillet 1879, et contenait 749 noms. La vingt-huitième liste a été publiée le 6 juillet 1906, et contenait 3192 noms. Le tableau suivant montre le progrès réalisé depuis 1879 dans le degré de capacité du personnel enseignant de la colonie :

A B C D E

1879…………. 0.0 3.33 5.74 27.77 65.15

1906…………. 2.69 6.29 6.08 50.77 34.17

Il y a des pupil-teachers (élèves-maîtres) dans le personnel enseignant de toutes les écoles qui comptent plus de quatre-vingt-dix élèves (les écoles d'application annexées aux écoles normales exceptées), mais des mesures ont été prises dans ces dernières années pour en réduire le nombre, et la tendance est de réduire également la période dé service et le nombre des heures d'enseignement quotidien ; d'autre part, la moyenne de l'âge des personnes employées comme pupil-teachers, ainsi que le niveau de leurs aptitudes, ne cessent de s'élever progressivement. Beaucoup de ceux qui portent aujourd'hui le nom de pupil-teachers sont en réalité, par l'âge et par les aptitudes, des instituteurs ou institutrices déjà partiellement qualifiés et qui travaillent à acquérir l'expérience pratique nécessaire. La durée de l'apprentissage prévue par les règlements des divers Boards est généralement de quatre ans ; une dispense d'une année est accordée aux candidats qui ont passé avec succès l'examen appelé Civil Service Junior Examination ; cette dispense est de deux ans pour ceux qui ont passé l'examen d'immatriculation à l'université, ou qui ont obtenu un nombre déterminé de points à l'examen pour les certificats de la classe D. La rémunération des pupil-teachers, sans distinction de sexes, est de £ 45 à £60 par an pour ceux qui sont obligés de vivre loin de leur famille, et de £ 25 à £ 55 dans d'autres conditions.

Il y a, pour les pupil-teachers qui ont accompli de manière satisfaisante leur période de service, et pour les autres personnes qui veulent se consacrer à la carrière de l'enseignement, quatre écoles normales (training collèges), entretenues entièrement aux frais de la colonie, et placées dans les quatre principaux centres de la population (Wellington, Auckland, Christchurch, Dunedin), où se trouvent aussi des collèges affiliés à l'université de la Nouvelle-Zélande. L'administration de ces écoles normales est confiée au Board du district, sous la réserve, pour certains cas, de l'approbation du ministre de l'éducation. Le niveau de connaissances exigé pour l'admission est à peu près celui de l'examen d'immatriculation à l'université, et le cours d'études de l'école normale est mis en relation aussi intime que possible avec celui des leçons faites au collège universitaire de la ville. Tous les élèves sont tenus de suivre des leçons au collège ; le principal de l'école normale fait toujours partie du personnel enseignant du collège universitaire à titre de professeur de pédagogie.

Les élèves de l'école normale qui ont achevé la période de service des pupil-teachers reçoivent un subside annuel de £ 30, et un second subside de £ 30 s'ils sont obligés, pour suivre les cours de l'école, de vivre loin de leur famille. Ceux qui n'ont pas été pupil-teachers reçoivent un subside annuel de £ 10. Four tous les élèves, la fréquentation des classes du collège universitaire est gratuite. Il existe en outre, pour les élèves de la seconde catégorie, un certain nombre de bourses de pension, qui placent les titulaires dans la même situation que s'ils avaient été pupil-teachers.

Le nombre des étudiants auxquels ces divers subsides peuvent être accordés est, en tout, de 320 (80 dans chaque centre) ; la majorité d'entre eux sont tenus de passer deux années à l'école normale. En 1905, année où fut inauguré un système plus libéral que précédemment, le total de la dépense faite pour la préparation des instituteurs et des institutrices, y compris des subventions à des classes où sont enseignées diverses matières spéciales dans différents centres, et les salaires du personnel enseignant des écoles d'application annexées aux écoles normales, a été de £ 11 718. En 1908, année où les quatre écoles normales se sont trouvées en pleine activité, la dépense a été d'environ £ 30 000.

Les salaires du personnel enseignant sont de £ 85 par an, pour un adjoint ou une adjointe (assistant) dans une école de plus de quarante élèves, à £ 400 pour le directeur ou la directrice (head teacher) dans une école de plus de 960 élèves. Le directeur (ou la directrice, est généralement logé ; s'il ne l'est pas, il touche une indemnité de logement allant de £ 10 pour une école de plus de huit élèves à £ 50 pour une école de 421 élèves et au-dessus. Si l'instituteur ou l'institutrice n'est pas muni du certificat, une diminution de 10 % est faite sur son salaire.

Le total de tous les salaires et de tous les subsides payés aux instituteurs et institutrices des écoles primaires, y compris les pupil-teachers, dans l'année 1905, a été de £ 431 090, ce qui représente un salaire moyen de £ 113 17 sh. 6 d. Si on laisse de côté les pupil-teachers et les subsides payés aux instituteurs et institutrices adultes, la moyenne du salaire pour les adultes a été de £ 128 17 sh. 6 d. ; cette moyenne a été de £ 174 15 sh. pour les hommes, et de £ 96 7 sh. pour les femmes.

Pensions de retraites. — Un Act de 1905 a établi une caisse de retraites jouissant de la garantie de l'Etat : les instituteurs et institutrices et toutes autres personnes occupant un emploi dans le service de l'instruction peuvent en devenir membres. Les cotisations sont de 5 ou 10 % du salaire de la personne participante, suivant l'âge auquel elle commence ses versements. La caisse des retraites verse à un instituteur ou à une institutrice mis à la retraite une pension annuelle s'élevant à la soixantième partie du salaire total touché par l'intéressé durant chacune des années où il a versé des cotisations à la caisse.

Corps de cadets dans les écoles primaires. — Dans beaucoup d'écoles primaires où le nombre des garçons âgés de plus de douze ans est suffisant, des corps de cadets ont été formés ; l'Etat fournit les armes et les munitions. C'est en 1899 qu'ont été créés les premiers corps de cadets à l'école primaire, et ce mouvement a fait de grands progrès depuis. A la fin de 1906 il y avait 280 corps, avec un effectif d'environ 14000 cadets. Des bataillons sont formés lorsque les circonstances le permettent. En règle générale, le cadet doit figurer comme élève sur le registre d inscription de l'école à laquelle le corps appartient, et, s'il a moins de douze ans, il doit avoir atteint la taille de quatre pieds sept pouces, et être bien constitué. Les corps reçoivent un subside annuel de 2 sh. 6 d. par cadet, et sont fournis de fusils non susceptibles de tirer, et de ceinturons. Les casquettes, les havresacs, etc., sont achetés au moyen du subside. L'uniforme comprend simplement une casquette, un jersey bleu à col blanc, un ceinturon et des nickerbockers. De petits fusils et des munitions sont fournis pour les exercices de tir, et des prix ont été établis tant par le gouvernement que par des particuliers.

Bibliothèques. — Le gouvernement accorde des subventions aux bibliothèques publiques, municipales «t autres, qui sont un puissant moyen de contribuer aux progrès de l'instruction du peuple. Le nombre des bibliothèques qui ont participé aux subventions a été en 1905 de 430.

Statistique de l'enseignement primaire. — Voici le tableau comparé de la situation de l'enseignement primaire en décembre 1877 et en décembre 1905 :

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Enseignement secondaire.

Il y a dans la colonie une quarantaine d'établissements d'enseignement secondaire, high schools ou collèges, administrés par des corps qui doivent leur existence à divers Acts du Parlement, et dont le revenu est tiré, dans une proportion plus ou moins considérable, des fonds publics. A la fin de 1905, le personnel enseignant employé dans ces établissements comprenait 195 professeurs fixes (résident) et 51 professeurs non fixes (visiting) ; le nombre total des élèves inscrits était de 2467 garçons et 1593 filles. Dans les centres les plus populeux, il y a généralement des écoles distinctes pour les filles et pour les garçons. La rétribution scolaire, dans ces établissements, varie de six à treize guinées par an et par élève, avec une moyenne de huit à dix guinées ; mais, grâce à une organisation très libérale de bourses et de places gratuites, un nombre considérable d'élèves, dans la plupart des établissements, se trouvent recevoir gratuitement l'instruction. Il a été payé par le gouvernement, en 1906, pour des places gratuites dans les écoles secondaires, aux divers corps qui les administrent, une somme totale de £ 19 498, et la dépense pour cet objet va en croissant. Le système est organisé de la façon suivante : les élèves remplissant certaines conditions — par exemple, avoir obtenu une bourse, ou avoir participé de façon satisfaisante aux concours pour les bourses, ou avoir achevé le cours d'études de l'école primaire en obtenant un certificat de bonnes éludes (certificate of propficiency) — sont admis gratuitement pour deux ans dans une école secondaire, l'Etat payant pour eux aux corps administratifs les frais d'études suivant une échelle mobile déterminée par l'importance de la dotation de l'école. En passant un examen à la fin de ces deux années, l'élève peut voir sa place gratuite prolongée pour deux ou trois ans de plus, sous le nom de senior free place, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de dix-neuf ans.

Les places gratuites peuvent être aussi occupées dans les divisions secondaires des high schools du district, c'est-à-dire dans des écoles qui ont le caractère d'une école primaire supérieure avec une division spéciale pour l'enseignement secondaire. Ces écoles sont au nombre d'une soixantaine ; elles sont placées pour la plupart dans des districts ruraux : à la fin de 1905, le nombre des élèves inscrits dans ces divisions était de 2872. Dans les mêmes conditions peut être obtenue l'admission gratuite aux classes techniques qui existent dans de nombreux centres ; et les paiements faits à ce titre forment une portion notable de la dépense annuelle pour l'éducation technique.

Instruction manuelle et technique.

Des classes techniques, où l'on enseigne diverses branches d'art pur et appliqué, de sciences, de technologie, d'économie domestique, et de commerce, et des classes de continuation qui donnent un enseignement général, ont été organisées dans une soixantaine de localités par les autorités scolaires de différents districts d'éducation. Le nombre total de ces classes, qui fonctionnent conformément aux Régulations for Manual and Technical Instruction, est d'environ un millier. Il y a plus de vingt écoles techniques et écoles d'art, plus ou moins complètement équipées, où une instruction de ce genre est donnée. Un enseignement régulier du travail manuel, en conformité des Regulations ci-dessus mentionnées, est aussi donné dans neuf cents écoles primaires et secondaires. Dans les classes élémentaires, les matières les plus généralement enseignées sont le modelage, le découpage et le pliage du papier, le cartonnage, le dessin ; dans les classes supérieures, la cuisine, le travail du bois, et diverses branches des sciences. Une grande importance est attachée à l'enseignement élémentaire de l'agriculture, qui se donne au moyen des jardins scolaires, dont il y a une centaine en activité.

La dépense totale du gouvernement pour l'instruction manuelle et technique a été, en 1906, de £ 63 403, dont £ 25 595 ont été payées en subsides qui n'excèdent généralement pas 3 d. par élève et par heure.

Le Département d'éducation fait passer chaque année des examens sur divers sujets de science, d'art, et de technologie, au nom du Board of Education, South Kensington, et du City and Guilds of London Institute. Sur les 789 candidats qui se sont présentés à l'examen en 1906, 509 ont réussi.

Sept écoles des mines, destinées surtout aux ouvriers mineurs, reçoivent des subsides du Département des mines dans les différents districts miniers de la colonie. La dépense faite par l'Etat pour ces écoles en 1906 a été de £ 2837. Quatre bourses, mises annuellement au concours, donnent droit aux titulaires à une pension de £ 50 pendant trois ans et à l'enseignement gratuit à l'université d'Otago. Il y a des chaires pour l'enseignement de l'art des mines à l'université d'Otago et au collège universitaire d'Auckland.

L'enseignement technique est donné dans plusieurs institutions de haut enseignement : il y a une école de médecine et une école des mines à l'université d'Otago ; une école du génie et de science technique au collège de Canterbury ; une école des mines au collège d'Auckland. Il existe aussi une école d'agriculture convenablement dotée. Une subvention spéciale de £ 2000 est accordée chaque année à chacun des quatre collèges universitaires, pour l'enseignement du commerce et de l'art des mines ; du droit et des sciences ; du génie et de l'art des mines ; de la médecine et de l'art vétérinaire.

Enseignement supérieur.

L'université de la Nouvelle-Zélande est un corps institué par une charte, et composé d'un chancelier, d'un vice-chancelier, d'associés, et de gradués. Elle est régie par un sénat formé de vingt-quatre associés (fellows), y compris le chancelier et le vice-chancelier. De ces fellows. quatre sont nommés par le gouverneur en conseil, huit par les administrateurs des quatre collèges affiliés, quatre par le personnel enseignant de ces collèges, et huit par les gradués de ces mêmes collèges. Les fonctions de fellow durent six ans. L'université est un corps d'examinateurs, non un corps enseignant ; quatre institutions enseignantes lui sont affiliées : l'université d'Otago, fondée en 1869, à Dunedin ; Canterbury College, fondé en 1876, à Christ-church ; Auckland University College, fondé en 1882, à Auckland ; et Victoria College, fondé en 1897, à Wellington.

L'université peut conférer les grades de bachelier et de maître ès arts, ainsi que ceux de bachelier et docteur en droit, en médecine, ès sciences, en musique ; elle est en instance pour obtenir le droit de décerner des grades dans d'autres facultés. Les examinateurs pour les grades de la faculté des arts et de la faculté des sciences sont choisis parmi les hommes les plus éminents appartenant à des universités du Royaume-Uni. La perte de temps occasionnée par l'envoi des travaux des candidats en Europe pour y être examinés est amplement compensée par le prestige attaché à des grades qui ne sont pas conférés sur la décision de juges locaux, mais sur le jugement impartial d'examinateurs éloignés et d'un mérite reconnu. L'université reçoit du trésor colonial une somme annuelle de £ 3000, dont la moitié est employée à des bourses d'études ; en plus de cette subvention réglementaire, elle a reçu en 1905 £3988 pour droits d'examen, £ 448 pour droits relatifs à des grades et à des certificats, et £ 920 provenant d'intérêts de capitaux : soit un total de £ 8356. La dépense pour les bourses et les prix a été, en 1905, de £' 2084 ; les dépenses pour examens, de £ 3515 ; les dépenses générales, de £ 1860 ; total, £ 7459.

Les quatre institutions enseignantes ont chacune leur dotation ; celles de l'université d'Otago et de Canterbury College sont considérables. L'université d'Otago a un personnel de vingt-neuf professeurs et lecteurs ; Canterbury College en a douze, Auckland University College neuf, et Victoria College neuf. Le nombre des étudiants immatriculés suivant des cours à ces quatre collèges affiliés était, en 1905, de 713 hommes et 445 femmes ; le nombre des étudiants non immatriculés était de 132 hommes et 122 femmes.

Il existe six bourses d'une valeur annuelle de £ 40 chacune, plus la gratuité de l'enseignement, destinées à des Maoris qui veulent faire des études dans les collèges universitaires : trois pour des étudiants en médecine seulement, et trois valables pour n'importe quelle faculté, y compris la médecine. En 1905, il y avait trois boursiers maoris : l'un à la faculté de médecine, un autre à la faculté des arts, le troisième à la faculté de droit.

Ecoles spéciales.

Ecoles pour les indigènes. — En plus des nombres déjà donnés, il y avait dans les écoles primaires publiques, en 1905, 3786 enfants (2104 garçons, 1682 filles) appartenant à la race indigène (les Maoris), en y comprenant les métis. Il y avait aussi quatre-vingt-quinze écoles de village entretenues par le gouvernement pour les Maoris, dans les localités où il n'a pas été établi d'écoles publiques par les Boards. Le personnel enseignant de ces écoles comprenait 73 maîtres et 21 maîtresses, plus 87 adjoints ou adjointes et 15 maîtresses de travaux à l'aiguille. Les salaires des maîtres varient de £ 19 16 sh. 8 d. à £ 269 5 sh. 10 d. ; ceux des maîtresses, de £ 60 à £ 176 13 sh. 9d. ; ceux des adjoints et adjointes, de £9 8 sh. 4 d. à £ 50 ; ceux des maîtresses de travaux à l'aiguille, de £ 6 16 sh. 3 d. à £ 18 15 sh. Les adjoints et adjointes et les maîtresses de travaux à l'aiguille sont généralement des membres de la famille du maître ou de la maîtresse. Le nombre des élèves inscrits dans ces écoles était de 3863 (2118 garçons et 1745 filles). Beaucoup de ces enfants sont de sang mêlé: 80, 8 % étaient de sang maori soit pur, soit prépondérant ; dans 8, 4%, le sang européen était prépondérant ; 10, 8 % étaient des métis proprement dits (halfcast).

Le cours d'études dans les écoles indigènes diffère de celui des écoles publiques, et le niveau des examens y est moins élevé pour certaines matières ; cela tient au fait que l'élève maori doit apprendre la langue anglaise en plus de la sienne, et que tout l'enseignement lui est donné dans une langue qui est pour lui un idiome étranger. Les Maoris sont admis dans les écoles de village avant l'âge de cinq ans, et peuvent y rester au delà de l'âge de quinze ans.

Outre les écoles du gouvernement, il y a douze écoles dénominationnelles (confessionnelles), soumises à l'inspection du Département d'éducation : six d'entre elles sont des externats, les six autres sont des internats. Dans une de ces dernières, il y a une classe pour les jeunes garçons maoris qui se préparent à l'examen d'immatriculation de l’université. A la fin de 1905, il y avait dans ces internats 121 garçons et 151 filles de race maori ou de race métisse, sur lesquels 38 garçons et 44 filles étaient titulaires de bourses du gouvernement.

Le gouvernement accorde également des bourses de £ 20 par an à des enfants maoris qui se sont distingués à l'école primaire publique, pour leur permettre de fréquenter des écoles secondaires ou de faire l'apprentissage de certains métiers. En 1905, il y avait 7 boursiers fréquentant des écoles secondaires et 7 boursiers en apprentissage, et en outre 4 jeunes filles se préparant à la profession d'infirmières.

Ecoles des îles Chatham. — Le Département d'éducation entretient dans les îles Chatham, lesquelles ne sont pas comprises dans un des districts d'éducation, quatre écoles, qui étaient fréquentées en 1905 par 72 élèves ; la dépense de ces écoles a été cette année-là de £ 511, dont £ 360 pour des salaires et £ 105 pour des bourses à utiliser dans une école secondaire de la colonie.

Enfants négligés, etc. — Il existe sept écoles spéciales, industrial schools, pour l'entretien et l'éducation d'enfants abandonnés, négligés, et criminels, et quatre écoles de la même catégorie appartenant à l’Eglise catholique, mais soumises à l'inspection du gouvernement. Un enfant admis dans une de ces institutions y reste, sous la tutelle légale du directeur, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de vingt et un ans, ou qu'il ait été libéré. Il réside dans l'institution, ou bien il est autorisé à vivre avec des amis en liberté conditionnelle, ou il est placé en pension dans une famille ; et, s'il est en âge de gagner sa vie, il est mis en condition chez un patron. Les industrial schools du gouvernement placent en pension tous les élèves dont l'âge et le caractère le permettent : il y a beaucoup d' « élèves » qui ne mettent jamais le pied dans l'établissement, du jour de leur admission à celui de leur libération. Toute famille dans laquelle se trouve un élève d'une industrial school doit être inspectée par une dame visiteuse et par un fonctionnaire du Département d'éducation ; la dame visiteuse adresse un rapport mensuel au directeur de l'institution.

Le nombre des enfants inscrits sur les registres des industrial schools était, en décembre 1905, de 1953, dont 648 résidaient dans les institutions, 573 étaient en pension, 437 étaient en condition chez un patron, et 195 vivaient avec des amis en liberté conditionnelle. Sur les 75 restants, 15 étaient dans des homes ou refuges, 9 dans des hôpitaux ou des hospices d'aliénés, 3 en prison, et 48 étaient absents sans permission.

Deux de ces écoles ont le caractère d'écoles de réforme. Le nom d'industrial schools, appliqué à ces maisons, est une survivance d'une ancienne époque, et représente une idée aujourd'hui abandonnée. Les élèves de ces établissements n'y sont nullement préparés à l'exercice d'un métier, mais sont généralement placés chez un patron à l'âge de quatorze ans pour y faire un apprentissage comme les autres jeunes gens de leur âge.

Sourds-muets et aveugles. — Il y a une école de sourds-muets, placée sous la direction du gouvernement. La méthode employée est la pure méthode orale. L'école comptait 63 élèves (34 garçons et 29 filles) à la fin de 1905. Les dépenses totales de l'école ont été en 1905 de £ 4606 ; sur cette somme, £ 430 ont été payées par les familles des élèves.

Il existe une institution pour les aveugles, administrée par des trustees, et dans laquelle 24 élèves ont été entretenus par le gouvernement en 1905, pour une somme de £ 566, sur laquelle £ 101 ont été versées par les familles des élèves.

Budget de l'instruction publique. — La somme totale des dépenses de toute nature faites par le Département d'éducation pour l'exercice finissant le 31 mars 1906 a été de £ 784865 4 sh. 11 d.