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Ecosse

Résumé historique. — L'histoire des origines de l'éducation en Ecosse est associée à celle de l'Eglise. Les premières écoles étaient rattachées aux couvents et aux cathédrales. Mais, dès l'année 1494, on voit l'Etat intervenir par une loi ordonnant, sous peine d'amende, à tous les barons et francs tenanciers d'envoyer leurs fils aînés à l'école de l'âge de six ou neuf ans jusqu'à ce qu'ils aient acquis la connaissance complète du latin. Il n'existe pas de témoignage qui permette de juger quels furent les résultats de cette loi ; mais il paraît certain qu'au moment de la Réformation les écoles antérieurement existantes formèrent une base pour le grand développement qui commença alors. L'idéal de John Knox était une école dans chaque paroisse ou ville, avec un collège dans les villes « notables » ; mais ce fut seulement en 1696 qu'un Act du Parlement imposa aux propriétaires fonciers de chaque paroisse l'obligation d'entretenir une école et d'y placer un instituteur. Le droit de surveiller les écoles paroissiales fut conféré aux presbyteries, tribunaux ecclésiastiques locaux composés de membres ecclésiastiques et laïques ; et les presbyteries conservèrent ce droit, avec quelques modifications, jusqu'à l'Act de 1872.

Durant le dix huitième siècle, l'Etat ne fit rien pour l'éducation ; mais dans la première partie du dix-neuvième, des mesures furent prises pour la création d'écoles supplémentaires dans les paroisses les plus étendues ou les plus populeuses, ainsi que dans les Highlands et dans les îles adjacentes. La division de l'Eglise d'Etat, qui résulta de la fondation de l'Eglise libre en 1843, amena un grand accroissement des facilités données à l'éducation, l'Eglise libre ayant créé un grand nombre d'écoles rattachées à ses églises. Ces écoles participèrent aux grants (subsides) que depuis 1833 le gouvernement accordait en faveur de l'éducation. Le programme, tant dans les écoles paroissiales que dans celles de l'Eglise libre, était d'un caractère élastique, et, si l'occasion s'en présentait, elles pouvaient préparer des élèves pour l'université. Outre ces écoles, il y avait dans beaucoup de villes des Grammar schools, qui, bien que destinées surtout à l'instruction secondaire, admettaient des élèves du premier âge ; et il existait un peu partout un grand nombre d'écoles privées et d'écoles de fondations (Endowed schools). La rétribution scolaire était d'usage général, mais le taux en était modique, variant dans les écoles paroissiales d'un penny à six pence par semaine, avec une rétribution spéciale de deux pence à six pence pour des branches d'étude plus élevées. L'éducation ainsi offerte était appréciée, comme le prouve le fait qu'en 1867, lorsque l'éducation n'était encore ni obligatoire ni gratuite, sur 500 000 enfants 400 000 allaient à l'école ; la moitié de ces 400 000 élèves fréquentait des écoles placées sous l'inspection du gouvernement. D'un semblable état de choses à l'organisation formelle d'un système national d'éducation obligatoire, il n'y avait qu'un pas ; et ce pas fut fait par le vote de l'Education Act de 1872, qui peut être regardé comme le commencement de l'ère actuelle. L'organisation présente de l'instruction élémentaire et secondaire en Ecosse repose sur ce texte législatif, amendé depuis, à diverses reprises, par des Acts ultérieurs.

Organisation actuelle. — L'autorité centrale. — L'autorité centrale pour l'éducation en Ecosse, en tant qu'il s'agit d'éducation payée par l'Etat, est un Comité du Conseil privé, le Département écossais d'éducation (Scotch Education Department), qui a son siège principal à Londres. Le ministre de l'éducation est le secrétaire pour l'Ecosse (Secretary for Scotland), et le chef permanent du service est le secrétaire du Département. Dans la règle, c'est le Département qui a 1 initiative de la législation sur l'éducation, et c'est lui qui, sous réserve de l'approbation du Parlement, détermine les conditions dans lesquelles sont distribués les grants. Les écoles aidées par l'Etat sont sous la surveillance d'un corps d'inspecteurs du gouvernement, qui résident dans les divers districts de l'Ecosse, et qui font directement rapport au Département. Le Département est chargé aussi de l'inspection des écoles secondaires, qu'elles reçoivent ou non des grants, et il dirige les examens du certificat de fin d'études (Leaving certificate). Il s'occupe aussi de ce qui concerne la préparation professionnelle du personnel enseignant, et il est l'autorité centrale pour l'enseignement technique sous toutes ses formes.

Education élémentaire. — L'administration locale est remise à des School Boards élus dans chaque paroisse et dans chaque bourg (burgh), tous les trois ans, et ayant de cinq à quinze membres, selon le chiffre de la population du district scolaire. Les devoirs d'un School Board sont d'entretenir des écoles en nombre suffisant pour recevoir tous les enfants d'âge scolaire (de cinq à quatorze ans) de leur district ; de faire exécuter la loi sur la fréquentation obligatoire ; de nommer les instituteurs et les institutrices ; de déterminer l'emploi des grants fournis par le gouvernement ; de lever, au moyen de taxes locales, l'argent nécessaire pour achever de couvrir les dépenses scolaires ; et, d'une façon générale, d'agir comme administrateur des écoles publiques de son district. Les School Boards ont aussi le droit de régler l'emploi des enfants en dehors des heures d'école, et, quoique la loi prescrive aux parents de donner ou faire donner l'instruction à leurs enfants de l'âge de cinq ans à celui de quatorze, ils ont le pouvoir discrétionnaire d'exempter les enfants âgés de plus de douze ans, à des conditions spéciales.

Les écoles aidées par l'Etat peuvent être divisées en trois classes : 1° les écoles publiques administrées par le School Board ; 2° les écoles dites dénominationnelles ou d'église ; 3° les écoles non-dénominationnelles, qu'elles doivent ou non leur origine à une fondation. Les principaux points de différence entre les écoles de ces trois classes sont dans la nature de leur administration, dans celle de leurs ressources, et dans celle de l'enseignement religieux.

Toutes les écoles publiques sont administrées par des School Boards ; la partie de leurs dépenses qui n'est pas couverte par les grants du gouvernement, par la rétribution scolaire, ou par des ressources éventuelles, est payée au moyen d'une taxe scolaire levée chaque année sur les contribuables du district ; le caractère de l'enseignement religieux est laissé à la discrétion du School Board, et, par conséquent, il est en général conforme à l'opinion de la majorité des habitants ; il n'est pas interdit d'y employer des formulaires religieux spéciaux propres à telle ou telle confession particulière.

Les écoles dénominationnelles sont administrées par des représentants de l'Eglise à laquelle elles se rattachent ; leurs administrateurs sont responsables directement envers le Département d'éducation, et le School Board n'a affaire à elles qu'en ce qui concerne la fréquentation: elles reçoivent les mêmes grants que les écoles publiques, avec une somme additionnelle de 3 shillings par élève, mais elles n'ont droit à aucune, assistance provenant de la taxe locale, et l'excédent de leurs dépenses doit être couvert par des souscriptions volontaires ; l'instruction religieuse est celle de la dénomination à laquelle l'école se rattache.

Les écoles non-dénorninationnelles, si elles ne doivent pas leur origine à une fondation, sont généralement administrées par des comités formés par des initiatives particulières : si elles sont des écoles de fondation, elles ont des administrateurs nommés conformément aux clauses de l'acte de fondation, ou choisis par les diverses autorités publiques du district, Conseils de ville ou Conseils de comté, School Boards, etc. ; elles reçoivent les mêmes grants que les écoles dénominationnelles, mais, comme celles-ci, elles n'ont droit à aucune assistance provenant de la taxe locale, et l'excédent de leurs dépenses doit être couvert par des souscriptions volontaires ou par leurs revenus propres ; l'instruction religieuse est à la discrétion des administrateurs, à moins que le caractère n'en ait été prescrit par le fondateur.

A part ces différences, l'action de toutes les écoles aidées par l'Etat est réglée par le Code annuel (Code of Regulations) publié par le Département écossais d'éducation, et toutes doivent satisfaire aux mêmes conditions pour obtenir les grants du gouvernement. Le système qui prévaut est celui des écoles mixtes (mixed), c'est-à-dire des écoles où les garçons et les filles sont élevés ensemble ; mais, dans quelques cas, on trouve des classes séparées pour chaque sexe. A très peu d'exceptions près, les écoles sont gratuites. On suit le programme ordinaire d'une instruction élémentaire, afin d'amener les élèves à l'examen pour le certificat d'études primaires élémentaires (qualifying examination), auquel ils se présentent généralement à l'âge de douze ou treize ans. Les élèves qui ont subi avec succès cet examen peuvent continuer leurs études dans des classes complémentaires (supplementary), ou entrer dans une école « intermédiaire » ou « secondaire ». Les classes complémentaires sont destinées à ceux qui ne désirent pas recevoir l'enseignement secondaire, et leur but est de consolider 1 instruction déjà reçue, et d'en faire l'application de façon à produire « des citoyens utiles, ayant le sentiment d'une responsabilité et d'une obligation envers la société dans laquelle ils vivent ». Outre les matières ordinaires, on peut enseigner dans ces classes, qui sont comme le couronnement de l'école primaire du jour, le dessin, la science expérimentale, l'instruction manuelle, la cuisine, le blanchissage, la laiterie, la confection des vêtements, et l'économie domestique pratique. Les élèves qui ont suivi avec succès le cours d'une classe supplémentaire reçoivent du Département un certificat de mérite.

Education secondaire. Education des anormaux. Enseignement technique. — Il fut un temps où l'Ecosse se vantait qu'il n'y avait pas chez elle de ligne rigoureuse de démarcation entre l'éducation primaire et l'éducation secondaire ; mais la tendance des récents changements a été de tracer une frontière précise entre les deux enseignements. Excepté dans les districts ruraux éloignés, il est fait maintenant de grands efforts pour concentrer dans des écoles spéciales, intermédiaires ou secondaires, tous les élèves qui désirent une éducation plus élevée. Comme les écoles primaires, ces écoles se divisent en trois groupes : 1° celles qui dépendent d'un School Board ; 2" les écoles de fondations, ou dotées (endowed) ; 3° les écoles privées.

Le premier groupe comprend beaucoup des anciennes Burgh schoofs ou Grammar schools, dont l'administration a été transférée aux School Boards en 1872, et un grand nombre d'écoles intermédiaires, ou d'écoles primaires supérieures (Higher grade schools), d'origine moderne. Ces dernières écoles travaillent et gagnent des grants conformément aux règles établies par le Département écossais d'éducation dans le Code pour les écoles du jour ; elles ont un programme adapté aux besoins d'élèves qu'elles gardent jusqu'à l'âge de quinze à seize ans ; elles sont gratuites, ou n'exigent qu'une rétribution scolaire très minime. Les premières, qui sont, pour la plupart, indépendantes du Code, ont un programme varié, approprié à des élèves qui suivent leurs classes jusqu'à dix-sept ou dix-huit ans ; elles ne reçoivent que le grant spécial de l'éduca-cation secondaire (voir plus loin), et font payer une rétribution plus élevée.

Les écoles secondaires dotées (endowed) sont, en pratique, sur le même pied que les écoles de la catégorie qui vient d'être mentionnée, sauf que chacune d'elles a son corps particulier d'administrateurs. L'organisation actuelle de ces écoles dotées date de 1882, date à laquelle fut instituée une Commission spéciale qui fit une enquête sur 821 fondations (endowments), représentant un revenu annuel d'environ £ 200 000. Quoique une partie seulement de ce revenu soit affecté à des écoles, en pratique il est, dans sa totalité, appliqué aux intérêts de l'éducation supérieure (higher education), soit secondaire, soit technique.

Les écoles privées sont des propriétés particulières ; leurs propriétaires-directeurs ne sont pas responsables envers le public, et l'entretien de leurs écoles dépend uniquement de la rétribution des élèves. Elles ne peuvent pas participer aux grants du gouvernement ; mais plusieurs d'entre elles se sont placées volontairement dans le cadre d'inspection des écoles secondaires adopté par le Département écossais d'éducation.

L'examen du certificat de fin d'études (Leaving certifîcate examination), qui a fait beaucoup pour la systématisation méthodique de l'éducation secondaire en Ecosse, a été institué en 1888. Deux certificats sont accordés: 1° le certificat intermédiaire, donné à des élèves qui ont atteint l'âge de quinze ans au moins, et qui ont fait trois années d'études comprenant l'anglais, les mathématiques, une langue au moins autre que l'anglais, les sciences et le dessin ; 2° le certificat de fin d'études, donné à des élèves qui ont atteint l'âge de dix-sept ans au moins, et qui, après avoir obtenu le certificat intermédiaire, ont suivi un cours déterminé d'éducation secondaire. La plupart des universités et des autorités professionnelles acceptent ces certificats comme pouvant tenir lieu de l'examen d'admission.

Un autre facteur dans le développement de l'éducation secondaire a été le grant spécial du gouvernement, qui date de 1892 et qui a été augmenté depuis. Ce grant est administre par des Comités d'éducation secondaire, institués dans chaque comté et dans les six plus grands districts de School Boards, et composés de représentants des School Boards, des Conseils de ville, des Conseils de comté, et d'autres corps en relations avec les fondations d'éducation, etc., ainsi que d'un inspecteur de l'éducation désigné par le Département écossais d'éducation. Le grant a eu pour résultat un remarquable accroissement des facilités offertes à la jeunesse désireuse de recevoir l'éducation secondaire. De nouvelles écoles ont été créées, de vieilles écoles ont été améliorées, le personnel enseignant a gagné à la fois en nombre et en qualité, et le matériel d'enseignement a été libéralement distribué ; toutes choses qui ont eu pour conséquence un accroissement considérable du nombre des élèves. En 1907, le Département a publié pour la première fois des règlements (Regulations) pour les écoles secondaires qui ne reçoivent pas d'autres grants, spécifiant les conditions auxquelles il sera payé à ces écoles un grant annuel pour chaque élève âgé de plus de douze ans, grant de £ 3 ou de £ 5 selon que l'élève se prépare à l'examen du certificat intermédiaire, ou que, ayant obtenu ce certificat, il poursuit ses études.

L'Ecosse, en grande partie grâce à la bienfaisance privée, possède de nombreux établissements pour les enfants qui nécessitent des soins spéciaux. Pour les enfants négligés, et pour ceux qui sont en danger de devenir des criminels, il y a des écoles industrielles de jour, qui sont des externats (day industrial schools), et des écoles industrielles à internat (residential industrial schools), y compris une école spéciale pour les enfants dont la fréquentation est habituellement irrégulière (truant school) et diverses écoles disciplinaires, dites de réforme (ref'ormatories). Pour les aveugles et les sourds-muets, il existe plusieurs instituts spéciaux, ainsi que quelques classes annexées à des écoles ordinaires. Pour les enfants arriérés, qu'une infirmité mentale ou physique empêche de fréquenter une école ordinaire, il a été établi, dans les principales villes, des écoles ou des classes spéciales.

Il existe aussi un ensemble de classes de continuation, régies par un Code spécial publié par le Département écossais d'éducation, dans lesquelles sont enseignées les matières les plus diverses, avec la liberté de satisfaire aux besoins de toutes les catégories d'élèves. Ces classes donnent à profusion l'enseignement technique élémentaire ; l'enseignement technique supérieur est donné dans un certain nombre d'instituts centraux pour la science et l'art, qui se trouvent pour la plupart dans les grands centres de population : dix de ces instituts ont reçu la reconnaissance officielle du Département écossais d'éducation en 1907. La dépense est couverte par les revenus des dotations, la rétribution des élèves, les subventions des Conseils de ville et des Conseils de comté, et une somme allouée par le Département d'éducation et proportionnelle à la dépense, ainsi qu'aux contributions fournies par les ressources locales.

Préparation du personnel enseignant. — La préparation professionnelle du personnel enseignant est entre les mains du Département écossais d'éducation, agissant par l'intermédiaire des School Boards et des Comités d'éducation secondaire, en ce qui concerne les premiers degrés de cette préparation, et par celui de quatre Comités provinciaux établis dans les centres universitaires, pour les degrés plus élevés. Les élèves qui ont obtenu le certificat intermédiaire dont il a été parlé peuvent devenir étudiants commençants (Junior students), et suivent un cours préliminaire d'instruction, qui comprend un certain nombre d'exercices pratiques. Ce cours dure, dans la règle, trois années, mais peut, dans certains cas, être réduit a deux. Ensuite les Junior students, ainsi que les personnes possédant des qualifications équivalentes, peuvent faire un supplément d'études comme Senior students, sous la direction d'un Comité provincial, ou dans une ou deux écoles normales (Training colleges) de caractère confessionnel (denominalional) qui n'ont pas été transférées à l'administration des Comités provinciaux. Ce second cours dure de deux à trois ans, et les dépenses en sont couvertes principalement par le Département écossais d'éducation.

Universités. — L'Ecosse possède quatre universités : celle de Saint Andrews, fondée en 1411 ; celle de Glasfow, fondée en 1450 ; celle d'Aberdeen, fondée en 494, et celle d'Edimbourg, fondée en 1582. L'université de Saint Andrews comprend aussi le University Collège de Dundee, fondé en 1881. Par le Universities (Scotland) Act, de 1889, une constitution uniforme a été donnée à ces universités ; dans chacune d'elles, trois corps participent au gouvernement : la Cour de l'université (University Court), composée des chefs de l'université et des représentants de la ville, des professeurs, des graduates, etc. ; le Sénat académique (Senatus academicus), composé des professeurs ; et le Conseil général (General Council), composé de tous les graduates. Il y a aussi un Conseil représentatif des étudiants. Les universités sont ouvertes aux femmes. Les quatre universités élisent deux membres à la Chambre des communes: l'un représente Edimbourg et Saint Andrews, l'autre Glasgow et Aberdeen. Sauf les exceptions que présentent l'une ou l'autre des universités, des grades sont conférés en arts, en médecine, en droit, en théologie, en science (y compris le génie civil, l'agriculture, etc.), et en musique. Dans les dernières années, les bâtiments de toutes les universités ont été agrandis et améliorés, au moyen de ressources fournies par des particuliers et par le gouvernement. La plus notable, parmi les récentes donations, a été celle de deux millions de livres sterlins, faite par M. Andrew Carnegie, dotation dont les revenus sont consacrés, pour une part, à payer les frais d'études d'étudiants d'origine écossaise, et, pour une autre part, à contribuer au développement des universités et au progrès des recherches scientifiques. A l'origine, les universités écossaises avaient été modelées sur le système continental, et celle d'Aberdeen offrait, dit-on, la copie de l'ancienne université de Paris. Les édifices universitaires sont consacrés exclusivement à l'enseignement et aux recherches scientifiques, et ne servent pas d'habitation. Les rétributions payées par les étudiants ont toujours été modérées, et par conséquent les universités se sont trouvées établies, dès le début, sur une base populaire.

Conclusion. — Les vingt dernières années ont été une période de transition et d'expériences pour tous les degrés de l'éducation en Ecosse. Les universités, par les changements apportés à leur régime, et par la spécialisation plus grande de leurs programmes, ont été mises en rapports plus directs avec les besoins sociaux. L'éducation technique, quoiqu'elle ne se trouve pas encore dans une situation assurée, a fait et fait encore de rapides progrès. L'éducation secondaire a été complètement réorganisée depuis 1893, et le nombre de ses élèves s'est accru dans des proportions très considérables. Autant qu'il a dépendu du Département écossais d'éducation, une grande liberté a été laissée aux autorités locales d'adapter les programmes non seulement à la préparation aux universités, mais aussi aux autres besoins de leurs districts. Le même principe d'une plus grande liberté d'initiative accordée aux administrateurs locaux et aux instituteurs a été étendu à l'instruction primaire, avec d'heureux résultats. La théorie du Département écossais d'éducation est qu'il lui suffit « de constater d'une façon générale l'efficiency d'une école et l'adequacy de la contribution locale », en « s'en remettant, pour l'économie intérieure, aux maîtres et aux administrateurs, sans les embarrasser par des considérations de résultats pécuniaires ». Lorsque le Département doit accorder des certificats, « l'opinion du maître à l'égard de ses propres élèves est prise en très sérieuse considération ». Théoriquement, un système d'éducation qui vise à développer l'intelligence, la confiance en soi-même et la conscience, et qui, tout en acceptant de l'autorité supérieure une direction sympathique et expérimentée, laisse aux plus directement intéressés, aux administrateurs locaux et au personnel enseignant, la liberté des méthodes, un pareil système ne peut manquer de réussir: mais le moment n'est pas encore venu où il sera possible d'en apprécier les résultats.

Statistique. — En 1905-1906, le nombre des enfants âgés de cinq à quatorze ans était estimé à 869 484. Sur ce nombre, 806 737, ou 93 %, étaient inscrits sur les registres d'écoles aidées par l'Etat ; pour le reste, environ 3 % se trouvaient dans des écoles secondaires placées sous l'inspection du gouvernement, et 4 % dans diverses écoles non inspectées. Parmi les 806 737 élèves inscrits dans les écoles aidées par l'Etat, 12119 étaient âgés de moins de cinq ans, et 23229 étaient âgés de plus de quatorze ans ; 51 % étaient des garçons, 49 % étaient des filles.

Le personnel enseignant des écoles aidées par l'Etat était ainsi composé :

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Les salaires moyens étaient: pour les instituteurs en chef (Headmasters), £ 180 par an ; pour les instituteurs adjoints (Assistant Masters), £ 124 ; pour les institutrices en chef (Headmistresses), £ 92 ; pour les institutrices adjointes (Assistant Mistresses), £ 77.

Le coût de l'éducation, par enfant, était, dans les écoles publiques aidées par l'Etat, de £3. 5 s. 7 3/4 d. ; dans les autres écoles aidées par l'Etat, de £ 2. 12 s. 4 1/2 d. Le grant payé par le gouvernement a été en moyenne de £ 1. 4 s. 8 d. par tête d'élève, subside auquel s'ajoutent d'autres grants qui se sont élevés à 16 s. 6 d. par tête dans les écoles publiques, et à 19 s. 6 d. dans les autres écoles aidées par l'Etat, Les taxes locales ont fourni £1. 1 s. 11 d. par enfant dans les écoles publiques : les souscriptions pour les écoles d'église ou autres écoles, 8 shillings par enfant. La somme totale payée par le gouvernement en grants de toute espèce a été de £ 1 605 160. Le produit de la taxe scolaire a été de £ 1 224 111, ce qui équivaut à un taux moyen de 11, 52 pence par livre st. de revenu imposable.

Il n'existe pas de statistique comprenant la totalité des écoles secondaires: 55 écoles secondaires, participant au grant pour l'éducation secondaire, avaient 16 688 élèves, avec un personnel enseignant comprenant 996 maîtres ou maîtresses, plus 215 maîtres ou maîtresses externes (visiting teachers).

Le nombre des étudiants des universités a été le suivant: Saint Andrews, 518 ; Glasgow, 2393 ; Aberdeen, 880 ; Edimbourg, 3147.

Bibliographie. — Professeur EDGAR, St. Andrews University, History of Early Scottish Education. — J. GRANT, History of Burgh Schools in Sootland. — GRAHAM BALFOUR, Educational Systems of Great Britain and Ireland, 2e éd. — Sir Henry CRAIK, The State in its relation to Education, nouv. éd., 1896. — J. E. GRAHAM, Manual of the Education (Scotland) Acts, nouv. éd., 1902. — Rev. A. WRIGHT, History of Education and Old Parish Schools of Scotland. — J. CLARKE, Short Studies on Education in Scotland. Annual Reports of the Committee of Council on Education in Scotland.

G. W. Alexander