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Encyclopédisme et savoir : du papier au numérique

Dossier préparé par Annie Feyfant. Publié en avril 2006.

Ce dossier a été réalisé dans le cadre de la constitution d'une base de connaissances sur les Encyclopédies électroniques et plus largement sur la lecture numérique.
Notre démarche a été d'introduire le sujet en balayant les travaux relativement récents permettant de situer notre problématique, les encyclopédies du papier au numérique, c'est-à-dire l'évolution de l'objet « encyclopédie » face aux changements technologiques et de société.
Il ne fait donc pas référence à tous les travaux qui ont été faits sur les encyclopédies et l'Encyclopédie, d'un point de vue historique, philosophique, politique ou linguistique.

Introduction

Le Petit Robert, nous indique, pour le mot Encyclopédie, qu'il s'agit d'un nom utilisé à partir du XVIe siècle et qui vient du grec « ekuklios paideia », instruction embrassant tout le cycle du savoir.
De manière plus précise, les auteurs de textes sur l'Encyclopédie ou les encyclopédies nous indiquent que Paedia signifie « instruction donnée à l'enfant » et Enkuklia, « ce qui fait le tour », notion se rapprochant de la notion de cercle, de cycle et partant, de culture générale (Meschonnic, 1996).
Le mot encyclopédie est « l'ensemble de toutes les connaissances » et à partir de l'oeuvre de Diderot et d'Alembert (1750) devient « l'ouvrage où on traite de toutes les connaissances humaines dans un ordre alphabétique ou méthodique » et s'apparente à un dictionnaire.
Dans l'article « encyclopédie » de son Encyclopédie, Diderot donne la définition suivante : « enchaînement des connaissances ». Le but de l'Encyclopédie étant de fournir au lecteur un accès à l'ensemble des connaissances humaines, tout en lui faisant sentir les liaisons les rattachant les unes aux autres (Blanchard & Olsen, 2002).
Le mot encyclopédisme, apparu au XVIIIe siècle, correspond au « système des encyclopédistes du XVIIIe siècle », si nous excluons le sens moderne de « tendance à l'accumulation systématique des connaissances dans diverses branches du savoir ».
Pour Henri Meschonnic, le savoir est celui auquel on peut, on doit accéder. Le fait de se trouver dans un cercle (retour à l'étymologie), nous donne une description finie d'un savoir fini, mais ce peut être aussi un cercle qui relie dans un même ensemble l'exposé des connaissances à l'état des connaissances. Par contre, la limite du cercle fige l'encyclopédie dans le présent. L'encyclopédie ne peut être envisagée comme projet d'avenir (Meschonnic, 1996).
Comme Olivier Ertzscheid, Henri Meschonnic mêle la notion de bibliothèque et celle d'encyclopédie : les bibliothèques sont [...] plus belles que les encyclopédies, parce qu'elles sont des points de départ, parce qu'elles n'ont point de fin » (Meschonnic, 1996).
En 1994, Olivier Dumoulin, historien, écrivait, à propos des encyclopédies du vingtième siècle : « Au carrefour de la production intellectuelle et de la diffusion des savoirs, à l'intersection du reflet du monde et de la formation d'un continent d'idées se tiennent des objets de pensée privilégiés, des livres-monde autour desquels se réfracte et s'organise l'intelligence du réel » (Dumoulin, 1994).

Des fondements antiques de l'encyclopédie à l'encyclopédie collaborative, des miroirs du monde destiné aux puissants au « village global », comment se sont opérées les mutations de l'accès aux savoirs organisés ?

Notes

Meschonnic Henri (1996), L'encyclopédie sortant de son mot pour se voir. In Schaer (dir.) Tous les savoirs du monde : Encyclopédies et bibliothèques, de Sumer au XXIe siècle, Paris : BNF / Flammarion.

Blanchard Gilles, Olsen Mark (2002), Système de renvois dans l'Encyclopédie : une cartographie des structures de connaissances au XVIIIe siècle. Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie n° 31-32, p. 45-70, Disponible sur http:// www.math.u-psud.fr/~blanchard/publi/encyclo.doc [consultée le 15/11/2005].

Dumoulin Olivier (1994), Encyclopédistes et encyclopédies au 20e siècle. Vingtième siècle : revue d'histoire, vol. 44, n° 44, p. 133-135.

 

Ce dossier est une publication du service de Veille Scientifique et Technologique
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