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Les sociétés humaines se sont différenciées dans leur rapport à la nature par le biais des technologies. Celles-ci sont notamment liées au développement de l'agriculture qui a permis de concentrer des densités de populations importantes et à la mécanisation qui a favorisé l'avènement des sciences modernes. L'écriture a participé à cette différenciation en démocratisant l'accès au savoir et en rationalisant les savoir-faire. La technologie et les moyens de communication nous ont permis de constituer un espace d'échange international, d'accéder encore plus facilement à l'interculturalité et de nous rendre compte que cette espace englobait des territoires et des populations qui pouvaient être mis en danger ou parfois éradiqués si nous ne nous orientons pas vers un développement durable. Ce dernier nous permet de relier le territoire à l'espace-monde, le temps court des besoins immédiats et le temps long des générations, la nature comme ressource et la nature comme système. L'éducation au développement durable devient donc nécessaire, l'information étant insuffisante. L'école représente le lieu privilégié des apprentissages à vivre ensemble, à commencer par l'interculturalité et le développement durable. Si le développement durable peut être facilement introduit dans les programmes des écoles primaires, sa nature transversale et pluridisciplinaire implique une nouvelle manière de penser l'enseignement.
Actuellement, le cloisonnement des disciplines ne débouche pas forcément sur une prise en compte des valeurs - à commencer par l'altérité - qui sous-tendent le développement durable. Ce phénomène s'accroît avec le niveau d'études et favorise encore moins l'imbrication de valeurs ou de la morale qui relèvent du culturel. Nous pouvons cependant constater que l'éducation à l'environnement et au développement durable présente des applications dans les différents champs disciplinaires et pourrait devenir un biais à privilégier pour le développement des apprentissages fondamentaux, à commencer par les compétences transversales d'ordre intellectuel, affectif, cognitif, communicationnel, socioprofessionnel, etc.
L'éducation à l'environnement et au développement durable tend à devenir progressivement universelle. Mais autant nous pouvons développer une vision unique sur son volet écologique (nécessité de réduire les pollutions, de sauvegarder la biodiversité...), autant sa dimension sociale relève de la multiréférencialité et donc de la reconnaissance de la diversité culturelle, du respect nécessaire des différents groupes socioculturels qui peuplent notre planète, de leurs modes de vie, de leurs pratiques, de leurs représentations, de leurs valeurs, de leurs cosmogonies.
Indira Gandhi a développé l'idée selon laquelle la pauvreté serait la plus grande source de pollution. La réduction des inégalités sociales, à commencer par l'éradication de la famine et de la misère, mais également des formes de domination socioculturelles et économiques, serait un préalable à l'universalisation du développement durable. L'échec qui semblerait se dessiner est la mise en place d'un développement durable à deux vitesses, source d'exclusion : l'un dans les pays riches, l'autre dans les pays pauvres. Le premier correspond généralement aux valeurs du modèle culturel occidental dominant, l'autre est une imposition de ce modèle dans des sociétés qui ne partagent généralement pas les valeurs de celui-ci. Si le développement durable vise à intégrer la solidarité intergénérationnelle, cela ne semble pas être encore le cas de la solidarité interculturelle.
La prise en compte de l'interculturel dans l'éducation à l'environnement et au développement durable pourrait peut-être favoriser cette révolution nécessaire à notre survie commune...
Ce dossier est une publication du service de Veille Scientifique et Technologique
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