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Service d'histoire de l'éducation
INRP-ENS

RAPPORT SCIENTIFIQUE
2004 et 2005

   

 

9.HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT DU DESSIN (Renaud d’Enfert)

Cette recherche, qui concerne une discipline encore peu étudiée, a été engagée en 1996 dans le cadre d’une thèse de doctorat portant sur l’enseignement populaire – et public – du dessin entre 1750 et 1850, publiée en 2003. Elle a trouvé un premier prolongement dans un travail spécifique sur l’histoire de l’École nationale des arts décoratifs au XIXe siècle, aujourd’hui achevé (20, 110). Un second prolongement a consisté dans la réalisation d’une synthèse destinée à fournir la matière du catalogue de l’exposition « Un art pour tous. Le dessin à l’école de 1800 à nos jours », organisée par le Musée national de l’éducation (n° 1). Étudiant tout à la fois, et sur la longue durée, les ordres primaire et secondaire, elle a permis de préciser les principaux caractères de cet enseignement, ainsi que son évolution du début du XIXe siècle jusqu’aux années 1960. Engagée d'une façon différenciée selon l’ordre d’enseignement, la « disciplinarisation » du dessin atteint son apogée dans les premières années de la Troisième République : création d’inspecteurs et d’enseignants spécialisés, normalisation des méthodes – placées sous l’égide de la géométrie – et des pratiques, les nouveaux programmes étant rédigés de façon quasi-identique pour le primaire et le secondaire masculin. La contestation de la nouvelle pédagogie officielle, jugée trop rigide et autoritaire, mais aussi peu ouverte aux évolutions artistiques et aux apports de la psychologie expérimentale, conduit ensuite à l’importante réforme de 1909 qui fait du « dessin libre » le nouveau paradigme de la discipline. La rationalité des représentations et la restitution fidèle n’en restent pas moins des données majeures d’un enseignement qui, s’il n’évolue pas d'une façon significative avant l’avènement des arts plastiques dans les années 1970, connaît des inflexions, voire des réorientations – ainsi dans le secondaire au tournant des années 1930-1940. Cette première synthèse n’épuise en rien ce champ de recherche. Le processus de normalisation des pratiques mené par l’inspection de l’enseignement du dessin dans les années 1870-1880 comme les conditions du retournement épistémologique opéré en 1909 mériteraient d’être examinés de façon approfondie. Des recherches portant sur le demi-siècle qui suit la réforme de 1909, très négligé à ce jour, semblent également nécessaires.

 

 

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