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Journée d’étude du SHE

« L'État et les savoirs : institutionnalisations, résistances, alternatives
(1808 – milieu 19e siècle) »

 Vendredi 12 octobre 2007
de 9h15 à 17h30

Ecole normale supérieure
Salle des Actes, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris

I.N.R.P. - SHE / I.H.R.F. - Université Paris I

            La période impériale est caractérisée par de profondes mutations dans l'ordre institutionnel et épistémologique des savoirs : réformes des différents établissements de recherche et d’enseignement créés par la Convention et le Directoire ; reconfiguration sociale et institutionnelle, nouveaux partages disciplinaires qui rendent compte des mutations dans le monde des sociétés savantes ou des périodiques scientifiques ; la publication des « fameux » Rapports sur le progrès des sciences..., la création en 1808 de l’Université, organisée comme une corporation laïque jouissant d’un monopole de principe sur tous les niveaux d’enseignement, illustrent le rôle que l'État (re)joue comme instance de contrôle dans l'ordre des savoirs. Ces mutations ont souvent été analysées comme parachevant la transition que constitue, dans le champ intellectuel, le passage de l'âge classique à l'âge moderne.

            Elles marqueront durablement l’économie générale des savoirs, des années 1800 à la veille du second Empire. L'objectif de cette journée d’étude est d’analyser les formes de production et de diffusion des connaissances à l’œuvre au cours de cette période, longtemps délaissée par l’histoire sociale et culturelle des sciences. A travers l'analyse des transformations qui traversent certains champs de savoirs particuliers (la chimie, l'histoire, la philosophie ou le droit...), il s’agira notamment d’évaluer la place de cet héritage impérial et de s’interroger sur les processus de redéfinition des relations qui lient l'État au monde des savoirs. Ces processus peuvent prendre la forme d’une prise en charge de savoirs tacites ou distribués socialement par des instances étatiques ou para-étatiques, qui accomplissent ainsi leur « institutionnalisation ». Il conviendra de s'interroger précisément sur les « effets » de ces transformations des systèmes de représentation, des pratiques et des logiques de publications qui caractérisent le monde des sciences de la première moitié du 19e siècle.

            Mais nous voudrions également attirer l’attention sur des formes ou des pratiques de savoirs conçues comme des résistances ou des alternatives à l’essor de l’État savant et éducateur. Il s'agira de faire ressortir les luttes et les oppositions qui -sous les formes les plus diverses- ont pu naître de ces mutations au sein – mais aussi en dehors- du monde des sciences.  Ce faisant, nous serons à même d’analyser les enjeux sociaux, politiques, culturels, et économiques que mettent en jeu des entreprises intellectuelles qualifiées rétrospectivement d’« anachroniques» (cf. la défense de « l'idéal » encyclopédique d'un Jullien de Paris ou d'un Bory de Saint-Vincent) ou d’« aberrantes », en raison de leur distance à l'ordre officiel et consacré des savoirs (transformisme, phrénologie…).

            Cette journée réunira des spécialistes issus de différents champs d’étude, à la croisée de l’histoire culturelle, de l’histoire de l’éducation, et de l’histoire des sciences.


Programme

 

9h15 - Accueil des participants

9h30  - Bruno Belhoste, Introduction de la journée

10h00 - Jonathan Simon, « La nouvelle chimie à l'école de pharmacie (1803-1809) »

10h30 -  discussions / pause

11h15 - Christian Hottin, « Retour sur la Montagne. L'Etat et les institutions d'enseignement supérieur (1808-1848) : localisations, architectures et conditions matérielles »

11h45 - Nathalie Richard, « Université, académies, presse généraliste : pratiques de l'histoire sous la Restauration et la Monarchie de juillet »

12h15 - discussions / repas

14h30 - Barbara Revelli, « La Revue encyclopédique (1819-1831). Un périodique entre continuités et ruptures épistémologiques »

14h55 - Hervé Ferrière, « Le Dictionnaire classique d’histoire naturelle (1822-1831) de J.-B. Bory de Saint-Vincent, un projet éditorial et scientifique entre héritages et résistances »

15h20 - discussions / pause

15h45 - Dinah Ribard, « Regards sur les modalités et les enjeux de la 'remise en ordre' des savoirs (1810-1830) »

16h10 - Stéphanie Deprouw, « Science à la mode et institutions éphémères : l’attitude de Bonaparte vis-à-vis du galvanisme (1802-1815) »

16h45 - discussions générales coordonnées par Emmanuelle Picard, Fabien Locher et Jean-Luc Chappey

La participation à cette journée d’étude est libre et sans frais.

Contacts :
Fabien Locher : fabienlocher@neuf.fr
Emmanuelle Picard : epicard@club-internet.fr
Jean-Luc Chappey : jlchappey@alicemail.fr

Accès : RER ligne B station « Luxembourg », Autobus n°21, 27, 38 et 85

 

 

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Journée d’étude du SHE - Programme d'histoire de l'enseignement supérieur

« les archives de l’enseignement supérieur français contemporain »

Mercredi 17 mai 2006 de 9h00 à 18h00.
ENS, Ampithéâtre Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.

Organisateurs  : Emmanuelle PICARD et Fabien LOCHER (SHE, INRP)

Objectifs  :

L’histoire de l’enseignement supérieur à l’époque contemporaine est un chantier encore peu investi par les historiens et les autres spécialistes des sciences sociales. Si les travaux d’histoire intellectuelle portant sur les disciplines scientifiques ont connu un véritable essor ces dernières années, l’histoire des établissements d’enseignement supérieur, tout comme celle de l’administration et de la politique éducative en direction du supérieur restent largement à écrire, à l’exception de quelques institutions ayant profité d’une commémoration pour réaliser un travail sur leur histoire.

Une des raisons à cette carence historiographique réside dans la difficile accessibilité des sources. Aux termes de la circulaire de 1970, les établissements d’enseignement supérieur publique ont l’obligation de déposer leurs archives aux archives départementales dont ils dépendent ; cette circulaire a été complétée dernièrement par un nouveau texte ( instruction n° 2005-003 du 22-2-2005, publiée dans le BO n° 34 du 16 juin 2005 ) dont il conviendra de préciser les modalités. Physiquement, les archives peuvent être conservées au sein de l’établissement comme aux archives départementales, voire aux Archives nationales pour les établissements dépendants du Rectorat de Paris. Les dossiers qui constituent les fonds propres des établissements devraient ainsi être accessible aux chercheurs intéressés. Dans la pratique, cette disponibilité est exceptionnelle : seules cinq universités ont à ce jour effectué ou mis en chantier un travail de repérage, puis d’inventaire de leurs fonds et deux d’entre elles ont mis en ligne des inventaires (Toulouse 1 et Mulhouse). La très grande majorité des autres universités n’ont pas entamé le travail de traitement de leurs archives, ou sont encore dans les prémisses. La situation est identique en ce qui concerne les écoles d’enseignement supérieur public, soumises aux mêmes obligations que les universités en ce domaine. Rares sont celles qui, à l’occasion généralement d’une commémoration ou d’un déménagement, ont pris en charge leurs archives, soit par le classement et la mise à disposition des chercheurs au sein même de l’établissement (École Polytechnique, EHESS), soit par le dépôt aux archives départementales, ou aux archives nationales pour les écoles parisiennes (ENS Ulm, ENS Fontenay et Saint Cloud, EPHE).

En ce qui concerne les archives de la tutelle, celles-ci sont beaucoup plus aisément accessibles. Les inspections d’académie et les rectorats ont versé leurs fonds aux archives départementales. On retrouve donc aisément les dossiers concernant l’enseignement supérieur, même si la structure non thématique du fond W et l’absence d’inventaire récapitulatif entraîne un émiettement très fort de l’information. Le ministère, quant à lui, a versé ses archives aux Archives nationales. Les versements s’étant effectués de façon successive, les inventaires portent là encore la marque d’une forte atomisation des fonds. Le chercheur intéressé par une question doit alors effectuer un travail très méticuleux de lecture de l’ensemble des inventaires disponibles, avec le risque d’oublier des fonds qui seraient recensés dans d’autres inventaires.

Ce constat d’une accessibilité et d’une disponibilité réduite des sources de l’histoire de l’enseignement supérieur est à l’origine de plusieurs initiatives visant à produire des instruments synthétiques à destination de la communauté scientifique. Le travail s’est ainsi organisé selon des logiques administratives (enquêtes sur les fonds déposés dans les archives départementales), thématiques (répertoire des sources des AN concernant l’enseignement médical), ou encore institutionnelles (enquête sur les archives des MSH). Un centre de ressources consacré aux archives et aux mémoires étudiantes (CAARME) est en train de se mettre en place à Reims. C’est en collaboration avec celui-ci que le Service d’histoire de l’éducation de l’INRP élabore actuellement, en coopération avec la direction des archives de France (DAF), un projet d’enquête sur les archives des mondes étudiants et universitaires visant à opérer une forme de centralisation de l’information concernant les archives de l’enseignement supérieur ainsi que la mise en place d’instruments (bases de données, répertoires thématiques) destinés à une mise en ligne.

Dans ce cadre, le SHE a souhaité mettre en œuvre une journée d’étude consacrée aux archives de l’enseignement supérieur (XIXe-XXe siècles) autour de deux questions principales : la pluralité des sources mobilisables et leur valorisation.

 

La pluralité des sources :

Un des écueils rencontrés par les historiens souhaitant travailler sur l’histoire de l’enseignement supérieur français est, ainsi que nous l’avons souligné, la difficulté d’accès aux sources, quand ne se pose pas la question de leur disparition. Réfléchir à des problématiques sur ce thème impose d « inventer », au sens médiéval du terme, les sources sur lesquelles il sera possible de travailler. Aux côtés des traditionnels papiers administratifs, il convient de mobiliser un ensemble de documents de différentes natures. Il peut s’agir de retrouver des archives privées, qu’elles soient celles d’associations ou de personnalités, comme d’archives construites par la demande scientifique (archives orales constituées par entretiens). Le croisement de ces sources sera la seule façon d’obtenir une masse documentaire critique à même de permettre la réponse à nombre d’hypothèses. Cette nécessité s’est illustrée dans un certain nombre de travaux qu’il s’agira de présenter à l’occasion de cette journée. Elle sera aussi l’occasion de réfléchir à l’établissement d’un guide du chercheur et d’une base de données thématique, permettant la mise en relation de fonds très divers et très dispersés.

 

La valorisation des sources :

La conséquence immédiate de l’inaccessibilité des sources est la faiblesse des travaux universitaires concernant l’enseignement supérieur, en particulier au niveau des mastères et des doctorats d’histoire. La réflexion autour d’une centralisation de l’information utilisant internet pour une mise à disposition en direction de la communauté scientifique pourrait permettre un élargissement des publics intéressées. Cette demi-journée sera l’occasion de présenter les premières réalisations en la matière (inventaires et répertoires en ligne, archives en ligne…) mais aussi de poser la base d’un travail commun de collecte et de diffusion de l’information par le biais d’un réseau constitué sous forme informatique (RAMUSE).

 

 

À l’issue de ces deux demi-journées, les participants seront invités à réfléchir aux conditions de création d’un réseau des archives des mondes universitaires, scientifiques et étudiants (RAMUSE) visant à mutualiser l’information et aux initiatives à mettre en œuvre pour améliorer la visibilité des sources.

 

Public : personnel en charge d’archives publiques et privées, responsables de mastères et d’écoles doctorales, chercheurs.

Publication : un article faisant la synthèse des principales conclusions et présentant le projet RAMUSE pourra être proposé à la revue Histoire de l’éducation.

Dates et horaires : mercredi 17 mai 2006 de 9h00 à 18h00.

Lieu : ENS, Ampithéâtre Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.

Contacts :

 

 

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