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Archives parlementaires, deuxième série, t. IX,
pp. 77-86
N°2 ANNEXE A L'EXPOSE DE LA SITUATION DE L'EMPIRE (1806)
Rapport fait à Sa Majesté par le conseiller d'Etat, directeur
général de l'instruction publique
(M. FOURCROY)
Sire, Votre Majesté m'a ordonné de lui rendre compte de l'état
des établissements d'instruction publique compris dans mon département.
Je l'entretiendrai successivement des écoles primaires, des écoles
secondaires, des lycées, du Prytanée militaire, et des Ecoles
spéciales dont j'ai la direction. Votre Majesté reconnaîtra
dans ce compte rendu l'état encore languissant des écoles primaires
; celui des écoles secondaires communales, dont le succès a passé
toutes les espérances ; celui des lycées, qui n'a point trompé
l'espoir qu'on en avait conçu ; la continuité des avantages offerts
par le Collège de France, l'Ecole polytechnique et le Conservatoire de
musique ; ceux que promettent les écoles de droit ; enfin la possibilité,
ainsi que la nécessité, de lier et de consolider tous les établissements
d'instruction, par la création d'un corps enseignant dont Votre Majesté
a donné elle-même les premières bases.
ECOLES PRIMAIRES ET SECONDAIRES
Malgré tous les efforts qui ont été faits pour mettre les
écoles primaires en activité, cette partie importante de l'enseignement
public est encore la moins avancée. Les obstacles qu'elle a éprouvés
tiennent à trois causes principales :
1 La nécessité où l'on est d'attendre la circonscription
définitive des paroisses, pour connaître les logements ci-devant
affectés aux curés et aux vicaires qui pourront être disponibles
;
2 L'impossibilité presque absolue, pour un grand nombre des communes
rurales de fournir un logement à l'instituteur, ou de payer l'indemnité
qui doit en tenir lieu ;
3 Le défaut d'instituteurs capables.
Cependant, plusieurs préfets s'occupent avec zèle des moyens d'établir
l'enseignement primaire; et quelques uns ont déjà obtenu des commencements
de succès. Il leur a été adressé une circulaire
pour connaître ce qui reste des anciens frères ignorantins, et
pour régénérer cette institution, qui rendait autrefois
les plus grands services.
Le résultat a prouvé qu'il n'existe plus qu'un très petit
nombre de ces congréganistes. Parmi ceux qui restent, plusieurs se sont
placés dans les écoles primaires ; mais ce n'est que dans quelques
villes, telles que Lyon, Saint-Omer, Ajaccio etc. Au reste, il est impossible
qu'ils se multiplient si, comme autrefois, ils n'ont point un chef-lieu d'institution
pour former des sujets ; et encore ne serait-ce que dans les communes importantes
qu'ils pourraient s'établir ; partout ailleurs on ne peut espérer
que de simples maîtres d'écoles tels que ceux qui existaient dans
les bourgs et les villages avant la révolution.
Pour parvenir à avoir de bons maîtres dans les grandes villes,
il faut que ceux qui se consacrent à l'enseignement aient l'espoir d'y
trouver une existence honnête et assurée. On pourrait arriver à
ce but en chargeant les villes de faire sur leurs revenus un traitement fixe
à leurs instituteurs primaires. C'est un moyen qu'il serait possible
pour le rétablissement des frères ignorantins et les communes
verraient sans doute avec plaisir qu'il fût adopté.
Un point important pour la première instruction des enfants était
le choix des livres élémentaires. On a donc recherché les
méthodes plus courtes d'enseigner la lecture, l'écriture et les
premiers calculs, objets d'indispensable nécessité pour tous les
hommes.
Deux de ces méthodes ont été soumises à l'expérience
à Paris et à Caen. On a invité les préfets de la
Seine et du Calvados à les faire pratiquer et suivre avec beaucoup de
soin.
Cette intéressante épreuve n'a pas encore donné des résultats
assez positifs pour décider l'adoption d'une méthode, et pour
proposer au Gouvernement les moyens de l'introduire dans les écoles primaires.
ECOLES SECONDAIRES
Si l'organisation des écoles primaires a éprouvé et éprouve
encore des obstacles, il n'en est pas de même des écoles secondaires,
tant communales que particulières, qui ont pris l'accroissement le plus
rapide. A peine la loi relative à ces écoles a-t-elle été
connue que toutes les villes qui possédaient autrefois des collèges
se sont empressées d'en solliciter l'établissement.
Le Gouvernement a répondu à leur vu en leur accordant des
bâtiments pour y établir leurs écoles. Ainsi, dans l'espace
de moins de deux ans, il a été créé 370 écoles
secondaires communales, et environ 377 écoles secondaires particulières,
nombre égal au moins à celui des anciens collèges et pensionnats.
Les écoles secondaires communales sont, en général, dans
l'état le plus florissant. Aucune n'a moins de trois professeurs ; la
plupart en ont davantage, et plusieurs rivalisent avec les lycées. Ces
écoles sont les anciens collèges, sous une autre dénomination
; elles sont entretenues aux frais des villes. Leurs directeurs et professeurs
sont nommés par le ministre de l'intérieur, d'après des
présentations faites par des bureaux d'administration. L'enseignement
donné dans ces maisons d'éducation est, dans un degré inférieur,
le même que celui des lycées.
Les écoles secondaires particulières sont au compte des chefs
qui les dirigent. Aucun établissement particulier d'instruction ne peut
être porté au rang d'écoles secondaire s'il n'a au moins
trois instituteurs, y compris le chef, et cinquante élèves tant
pensionnaires qu'externes. Le nombre des écoles secondaires particulières
doit être arrêté tous les ans par Votre Majesté, d'après
les états adressés par les préfets : aussi varie-t-il.
Il est moins considérable cette année qu'il ne l'était
l'année dernière, et il diminue à mesure que les écoles
communales et les lycées prennent de l'accroissement. Les élèves
de ces maisons d'éducation sont admis à concourir aux places gratuites
des lycées.
Indépendamment des écoles secondaires particulières, il
existe encore environ 4500 écoles tenues par des particuliers ; ces écoles,
sans être aussi fortes que les écoles secondaires, ne peuvent cependant
pas être rangées dans la classe des écoles primaires.
Ainsi il n'y a pas une seule ville dans l'étendue de l'empire qui ne
possède des moyens d'instruction suffisants et proportionnés aux
besoins.
Résultat de la situation actuelle des écoles secondaires.
En vertu de plusieurs décrets impériaux, 370 villes ont été
autorisées à établir des écoles secondaires communales.
Près de trois cents de ces écoles sont organisées et en
activité. Le nombre des directeurs et professeurs s'élève
à treize cent quarante-quatre dans ces établissements communaux
; celui des élèves, tant pensionnaires qu'externes, est d 'environ
vingt mille quatre cent quatre-vingt-dix.
La totalité des sommes payées par les communes pour l'entretien
de leurs écoles peut être évaluée à 1 096
385 francs environ.
Dans les trois cent soixante-dix-sept écoles secondaires particulières,
on compte vingt-sept mille sept cent dix élèves, tant pensionnaires
qu'externes.
Indépendamment des écoles secondaires particulières, il
existe encore au moins quatre mille cinq cents petites maisons d'éducation,
qui sont fréquentées par plus de vingt-cinq mille élèves.
Ainsi le nombre de tous les élèves qui suivent les cours des établissements
ci-dessus désignés est de soixante-quinze mille cent quatre-vingt-quatorze.
ÉCOLE DE SAINT-JEAN DE MONT
D'après les ordres de Votre Majesté, il a été organisé
à Saint-Jean de Mont, département de la Vendée, une école
secondaire communale.
Toutes les dépenses de cet établissement, évaluées
à 25 000 francs par an, sont supportées l'Etat. Cinquante élèves,
choisis parmi les enfants des habitants du Marais et des autres communes du
département, y doivent être instruits et entretenus gratuitement.
Ces cinquante élèves sont nommés ; mais vingt-deux seulement
sont déjà rendus à l'école. Le local ne permet pas
d'en recevoir encore un plus grand nombre. On s'occupe de le mettre en état,
afin que tous les élèves puissent y être admis incessamment.
LYCEES
Quarante-cinq lycées ont été successivement décrétés
savoir : douze pour l'an XI vingt l'an Xll, et treize pour l'an XIII.
Sur ces quarante-cinq lycées, vingt-neuf sont en pleine activité
; seize restent à organiser, dont six de l'an XII, et dix de l'an XIII.
Sur les vingt-neuf lycées établis, vingt-six seulement ont des
pensionnaires de l'Etat, attendu que deux des lycées de Paris, savoir
le lycée Bonaparte et le lycée Charlemagne, sont institués
comme lycées d'externes et que les élèves du lycée
Napoléon, présentés plusieurs fois à nomination
de Votre Majesté impériale, ne sont pas encore nommés.
Les élèves du Gouvernement sont au nombre de 3 900 environ.
Le décret du 3 floréal an XIII a donné aux lycées
une organisation nouvelle. Le nombre élèves a été
porté de cent à cent cinquante ; mais vingt seulement sont à
pension entière ; cinquante à trois quarts, et quatre-vingt à
demi pension. Cette mesure a reçu son exécution pour les vingt-six
lycées en exercice.
Le même décret prescrivait de supprimer les censeurs des études
et les procureurs-gérants partout où cette mesure serait praticable
; elle a déjà été exécutée dans quelques
lycées, tels que ceux de Lyon, de Marseille, de Besançon, de Nancy.
Parmi les lycées décrétés, un certain nombre n'avait
pas encore été mis en activité au commencement de l'an
XIV. Les villes où ils devraient être formés ayant fait
des dépenses considérables pour leur établissement, adressèrent
de fréquentes réclamations à ce sujet, et représentèrent
qu'elles se trouvaient privées de tout enseignement public au grand préjudice
de la jeunesse. Ces considérations déterminèrent Son Excellence
le ministre de l'intérieur à établir, par son arrêté
du 7 brumaire an XIV, des pensionnats provisoires dans les lycées dont
les fonctionnaires étaient déjà nommés. Le proviseur
en est le chef, et le censeur fait partie des professeurs, dont le nombre ne
peut excéder celui de cinq. Leur traitement est pris sur les revenus
communaux. Cette mesure a été depuis étendue aux lycées
dont les fonctionnaires n'étaient point nommés. Ces pensionnats
provisoires sont destinés à être fondus par la suite dans
les lycées mêmes, lorsqu'ils recevront leur organisation définitive.
En exécution de l'article 28, titre VII, de la loi du 11 floréal
an X, sur l'organisation de l'instruction publique, deux cent quarante-deux
élèves, tant du Prytanée que des lycées, ont déjà
été nommés par Votre Majesté à l'école
impériale militaire de Fontainebleau sur la présentation du conseiller
d'Etat, directeur général de l'instruction publique, Son Excellence
le ministre de la guerre ; et de six mois en six mois, il sera présenté
une liste de candidats également pris dans les lycées.
Conformément aux instructions de Son Excellence le ministre de la guerre,
aucun des élèves dont il s'agit ne doit avoir ni plus de dix-huit
ans, ni moins de seize : tous doivent avoir fait leur troisième, savoir
parler et écrire correctement leur langue, posséder les éléments
de l'arithmétique et de la géométrie, et être en
état de supporter les fatigues de la carrière militaire.
Mesures relatives à l'exécution du décret impérial
du 3 floréal an XIII.
D'après les dispositions du décret impérial du 3 floréal
an XIII, le nombre des élèves du Gouvernement dans chaque lycée
a été fixé à cent cinquante, dont vingt à
pension entière, cinquante à trois quarts de pension et quatre-vingts
à demi-pension. Il a fallu en conséquence : 1° réduire
à vingt, dans chaque lycée en exercice, le nombre des élèves
qui y avaient été admis à places entièrement gratuites
; 2° classer les autres élèves par places de trois quarts
de pension et de demi-pension : cette réduction et cette classification
ont été faites d'après le plus ou moins d'aisance dont
jouissent les parents.
Les renseignements à cet égard devaient, conformément aux
ordres de Votre Majesté, être donnés par les préfets
des départements auxquels les parents des élèves appartiennent
par leur profession ou par leur fortune ; et pour parvenir à les connaître,
on a demandé préalablement à chaque proviseur de lycée
un état indicatif de la profession et du lieu de résidence des
pères, mères, oncles, tuteurs ou correspondants des élèves.
Il a été fait ensuite un dépouillement de ces divers états
: les élèves ont été classés par listes,
respectivement aux départements dans lesquels leurs parents faisaient
leur résidence ; et dans le courant de prairial dernier, ces listes ont
été transmises aux préfets, avec une circulaire explicative
des renseignements qu'ils avaient à donner, et que l'on demandait dans
le plus bref délai.
La classification des élèves a été faite avec la
plus scrupuleuse impartialité d'après les renseignements obtenus
sur la fortune des parents ; et partout où il y a eu égalité
de fortune et de charges, on a été déterminé, pour
le choix, par les services des parents.
En exécution du même décret de floréal, j'ai employé
trois mois de l'an XIII à visiter les lycées du Midi et de l'Est
de l'empire, et j'ai rendu compte au ministre, vers la fin de l'année
dernière, du résultat de mon inspection. Ce résultat a
été présenté en détail, et sur toutes les
parties de l'administration de ces écoles, dans un grand tableau qui
a été mis sous les yeux de Votre Majesté. J'ai été
content en général de l'état de ces lycées, et surtout
de celui des études et de la discipline. Les premières y sont
plus fortes que dans les anciens collèges, et la seconde reçoit
de la forme militaire qui y est établie une régularité
et une facilité d'exécution qu'on attendrait en vain des maîtres
et du mode d'autrefois. Je me suis convaincu que le nouveau mode de discipline
rendait le censeur beaucoup moins utile que la loi de création des lycées
ne l'avait prévu.
Je suis prêt à continuer l'inspection des lycées du Nord
et à y porter les ordres de Votre Majesté. J'ai lieu de croire
que j'y trouverai des résultats aussi satisfaisants et des progrès
encore plus sensibles dans l'enseignement.
Des moyens d'améliorer les lycées.
Votre Majesté a désiré qu'on lui présentât
les moyens d'améliorer l'administration des lycées, et d'augmenter
leurs succès. Ces moyens me semblent tous contenus dans les propositions
suivantes :
1° Organiser, cette année, les seize lycées promis formellement
par des décrets ; six sont tout prêts en ce moment, savoir:
Le lycée Napoléon, à Paris ; ceux de Versailles, d'Amiens,
d'Angers, de Toulouse et de Cahors ont été mis sous les yeux de
Votre Majesté.
Les matériaux de quatre autres, savoir ceux de Pau, de Rhodès,
de Liège et de Clermont, seront promptement recueillis.
Les derniers exigeront un voyage de deux commissions d'inspecteurs et pourront
être organisés dans trois ou quatre mois au plus tard. Si Votre
Majesté permet qu'on continue sans relâche et qu'on termine, d'ici
à quelques mois, cette organisation des seize lycées, les craintes
conçues par les villes seront dissipées ; les alarmes sur les
lycées déjà existants et que l'ajournement des derniers
a entretenues disparaîtront ; l'espérance renaîtra partout,
et la confiance dans ces établissement nouveaux que leurs ennemis ont
essayé d'altérer reprendra de nouvelles forces et y appellera
plus de pensionnaires.
Dans cette dernière organisation, pour la plupart des seize lycées,
on diminuera la dépense de l'administration et on rendra la pension suffisante
aux dépenses en ne nommant ni censeur, ni procureur gérant, en
chargeant le proviseur seul de toute l'administration intérieure, et
en diminuant un ou deux professeurs, comme Votre Majesté l'a déjà
approuvé par son décret du 3 floréal an XIII.
Quant à la dépense, voici le résultat que cette organisation
présentera.
| Les vingt-six lycées actuellement en activité et complètement organisés, d'après le décret impérial du 3 floréal dernier, coûteront | 1 675 950 fr |
| Les dix-sept lycées à organiser encore, en y comprenant le lycée Napoléon et les deux lycées d'externes de Paris, coûteront | 1 140 380 fr |
| Ce qui fera pour les quarante- cinq lycées | 2 816 330 fr |
J'observe que les écoles centrales, dont
les fonds ont été consacrés aux lycées, coûtaient
plus de trois millions.
Et comme ces quarante-cinq lycées contiendront six mille quatre cent
cinquante élèves placés par l'Empereur il en résultera
que le trésor impérial dépensera pour chaque élève
433 fr. 09 c. par an. Si Votre Majesté accordait seulement les huit lycées
dont l'organisation est prête, il ne faudrait ajouter qu'environ 400 000
francs de dépense à celle déjà faite pour les lycées
en exercice.
2° Rendre l'étude dans les lycées nécessaire pour plusieurs
états de la société, comme elle l'était autrefois
dans les universités pour parvenir à la prêtrise, aux licences
de droit et de médecine, à l'instruction publique, et peut-être
aux premières places de l'administration.
3° Rétablir, en conséquence, une espèce de doctorat
au sortir des dernières classes des lycées à la place de
l'ancienne maîtrise ès arts qui terminait l'étude dans les
collèges de l'Université et qui était nécessaire
pour être reçu aux écoles de théologie, de médecine
et de droit.
4° Exiger que les directeurs des écoles secondaires particulières
envoient leurs élèves assez forts pour suivre la sixième
de latin dans les lycées. On rétablira ainsi ce qui existait autrefois
dans l'Université ; les maîtres de pension qui y étaient
attachés étaient obligés de conduire leurs élèves
dans les classes des collèges, où les externes étaient
aussi plus nombreux que les pensionnaires ; alors les pensionnats n'étaient
que des répétitions. Cette mesure est désirée par
tous ceux qui s'occupent d'instruction publique.
5° Etablir une inspection continuelle et sévère des lycées.
Deux ans suffiront pour porter, par ces divers moyens, les lycées à
un degré de prospérité tel que la plupart pourraient alors
se suffire à eux-mêmes, et subsister par leur pensionnat.
[suivent un certain nombre de tableaux statistiques sur les lycées :
budget, élèves]
PRYTANEE MILITAIRE FRANÇAIS
Le nombre actuel des élèves de l'Etat est de 382 ; celui des pensionnaires
payants, de 122 ; total, 450 .
Le commandant militaire, nommé par décret impérial du 24
frimaire dernier, a été installé ; il s'est occupé
sur-le-champ de l'organisation des élèves par bataillons et par
compagnies, et de l'exécution des diverses mesures prescrites par le
décret impérial du 13 fructidor. Un nouveau règlement,
conforme à l'organisation actuelle de l'établissement, paraît
indispensable. On travaille en ce moment à la rédaction de ce
projet de règlement ; il sera présenté incessamment à
Sa Majesté.
Cet établissement, réorganisé sous le nom de Prytanée
militaire français de Saint-Cyr par le décret impérial
du 13 fructidor an XIII, et dont le local doit être disposé pour
contenir 600 élèves, dont 200 au-dessous de 12 ans, 200 au-dessous
de 15, et 200 au-dessous de 18, fut porté pour mémoire au budget
de l'an XIV, présenté en messidor an XIII. Il y fut fait cette
observation, que le Prytanée subvenait à son entretien par les
revenus des biens qui lui étaient affectés, et que, d'après
la loi du 8 nivôse an XIII et le décret impérial du 11 ventôse
suivant, il y serait pourvu par les intérêts annuels des prix des
ventes et par les revenus à percevoir jusqu'à ce qu elles fussent
effectuées. D'après ce décret, le Prytanée doit
recevoir, en exécution de la loi et du décret, 1° les revenus
échus du deuxième semestre an XIII, et tous ceux qui écherront
jusqu'à la vente des biens ; 2° les prix des ventes payables par
cinquième, conformément à la loi du 3 ventôse an
XII qui a déterminé le mode d'aliénation, d'adjudication
et de payement des biens nationaux à vendre ; 3° les intérêts
des prix des ventes ; 4° les arrérages des rentes sur l'Etat après
l'acquisition qui en sera faite au fur et à mesure des versements, faits
par l'administration des domaines, des capitaux des ventes.
ECOLES SPECIALES
Collège de France.
Le Collège de France, créé par François 1er en 1530,
ne paraît pas destiné à subir de grands changements ni dans
son administration, aussi facile que simple, ni dans son enseignement, consacré
en quelque sorte par le temps même. Il jouit de son ancienne réputation
que le mérite de ses professeurs ne cesse de soutenir ou de justifier.
La mort de M. Villoison ayant laissé vacante la chaire de grec vulgaire,
fondée pour ce savant, et le ministre des relations ayant fait valoir
les diverses considérations qui réclamaient la division des langues
orientales, persane et turque, Sa Majesté, par son décret du 22
brumaire dernier, a ordonné qu'il sera attaché un professeur particulier
à chacune de ces deux langues et que la chaire de langue turque sera
substituée à celle de grec vulgaire qui demeure supprimée.
L'enseignement du Collège de France comprend quatre branches de connaissances:
1°les sciences mathématiques, divisées en trois chaires ;
l'astronomie, les mathématiques pures et l'application des mathématiques
à la physique.
2° Les sciences naturelles ou d'observation, divisées en cinq chaires,
Savoir: physique expérimentale, médecine, anatomie, chimie et
histoire naturelle ;
3° Les sciences du droit des gens et de l'histoire, formant deux cours ;
4° Les langues anciennes et vivantes, comprenant neuf chaires.
Il y a dix-neuf professeurs, et les classes sont suivies par plus de quinze
cents personnes, dont le plus grand nombre se destinent à professer elles-mêmes.
Le Collège de France est donc une véritable école normale,
dont la réputation s'est toujours soutenue par le grand nombre des professeurs.
Cet établissement coûte 123 à 130 mille francs.
Historique.
Le Collège de France fut établi en 1530 par François 1er.
Les professeurs avaient le titre de conseillers du roi, lecteurs et professeurs
royaux, avec des privilèges.
Dès son commencement, il y eut plusieurs professeurs d'hébreu,
de grec, de mathématiques, de médecine, de chirurgie, pharmacie,
etc. Il eut des accroissements à mesure que les sciences étendaient.
En 1775, il reçut une forme nouvelle, qui existe encore aujourd'hui ;
seulement, en 1786, la chaire de mécanique fut convertie en une chaire
de physique expérimentale ; en 1791, celle de droit canon fut supprimée.
Sa Majesté Impériale et Royale vient de créer une chaire
nouvelle en dédoublant celle de turc et de persan.
Il y avait dix-neuf professeurs, et un inspecteur qui était ordinairement
professeur : ils étaient nommés par le roi.
Leur nombre est encore de dix-neuf, la nouvelle chaire comprise.
OBSERVATIONS Les auditeurs sont des hommes de tout âge parmi lesquels
beaucoup d'étrangers.
Le Collège de France était destiné particulièrement
à former des professeurs pour l'enseignement de la jeunesse. Il était
fréquenté par ceux qui se destinaient à professer dans
l'Université : il présente toujours le même avantage.
Il y a des leçons à toutes les heures du jour.
| Dénomination des chaires | Noms des professeurs | Nombre des auditeurs |
| Astronomie | Lalande | de 25 à 30 |
| Mathématiques pures | Mauduit | de 25 à 30 |
| Application des hautes mathématiques à la physique. | Biot | de 15 à 20 |
| Physique générale et expérimentale | Lefèvre-Gineau | de 130 à 150 |
| Médecine | Hallé | de 130 à 150 |
| Anatomie | Portal | de 130 à 150 |
| Chimie | Thenard | de 180 à 200 |
| Histoire naturelle | Cuvier De la Métherie, adjoint |
de 180 à 200 |
| Droit de la nature et des gens | Pastoret | 100 |
| Histoire et philosophie morale | Levesque | de 30 à 40 |
| Langue hébraïque | Audran | peu |
| Langue arabe | Caussin | peu |
| Langue turque | Ruffin | peu |
| Langue persane | ||
| Philosophie grecque | Bosquillon | de 20 à 25 |
| Littérature grecque | Gail | de 50 à 60* |
| Eloquence latine | Dupuis | de 30 à 40 |
| Poésie latine | Delille Legouvé suppléant |
de 120 à 150 |
| Littérature française | Cournand | de 120 à 150 |
*pour un cours élémentaire de langue grecque (le
nombre des auditeurs du cours de littérature n'est pas donné)
ECOLE POLYTECHNIQUE
Tous les ingénieurs qui se destinent aux différents services publics
doivent appliquer dans leurs travaux les sciences mathématiques, les
sciences naturelles, les arts graphiques, et recevoir dans une même école
cette instruction première et fondamentale : tel est l'objet de école
polytechnique.
En jetant les bases sur lesquelles cette institution doit reposer, le Gouvernement
a voulu que les améliorations ultérieures fussent l'ouvrage d'un
conseil annuel et temporaire, formé du gouverneur, des chefs de l'école
et des membres l'Institut et dans tous les corps d'ingénieurs. L'examen
du conseil de perfectionnement devait embrasser, cette année, le nouveau
régime de l'école et les vues d'amélioration proposées,
pour cette école, par une commission d'officiers généraux
et supérieurs d'artillerie et du génie.
Fidèle à sa marche prudente, le conseil de perfectionnement a,
depuis l'an VIII, annoncé d'abord, puis inséré dans le
programme d'administration, plusieurs considérations simples et faciles
; ainsi les candidats ont été astreints successivement à
prouver que, outre les éléments de mathématiques et de
statistique, ils ont une écriture lisible, qu'ils possèdent les
principes de leur langue et ceux du dessin d'imitation. Le programme de 1806
annonce que, à compter de 1807, les candidats seront tenus de posséder
assez de latin pour expliquer les Offices de Cicéron, et que, cette année
même, à mérite égal, les candidats qui possèderont
le latin auront la préférence.
Le rapport du conseil d'instruction, sur le cours d'études de l'an XIII,
n'a offert que des sujets de satisfaction et d'éloges. Les programmes
ont été suivis et développés par les instituteurs
avec le talent qui les distingue. Presque tous les élèves ont
satisfait aux examens. Un grand nombre a montré les plus heureuses dispositions.
L'instruction, considérée en général, a fait des
progrès sensibles. Dans les programmes de 1806, plusieurs cours restent
les mêmes ; d'autres ne renferment que de légères modifications
; quelques uns renferment d'importantes additions ou d'utiles changements.
Un perfectionnement qui doit être préparé cette année
pour être fait dans le cours d'études de 1807 consiste à
généraliser le titre et l'objet des cours de fortification, des
ponts et chaussées et des mines ; à substituer aux applications
qui ne concernent qu'une seule classe d'ingénieurs des applications d'une
utilité plus générale ; à embrasser, au lieu des
ponts et chaussées et des mines, les constructions et les machines communes
à tous les services ; au lieu de la fortification, des éléments
de l'art militaire, dirigés dans le double but de préparer à
leur métier les élèves qui doivent entrer dans l'artillerie,
le génie, l'état-major ou les troupes, et de donner aux autres
des notions d'arts et de service militaire que doivent posséder tous
les jeunes Français. Ainsi, des cours spéciaux que renferme encore
l'enseignement de l'Ecole polytechnique seront convertis en des cours généraux,
et cette école, ramenée entièrement à l'objet de
son institution, n'offrira plus rien qui n'appartienne à l'école
première et commune des services publics.
L'Ecole polytechnique a fourni cette année quatre-vingt-quatre élèves
aux différents corps d'ingénieurs. Ces élèves et
ceux qui sont morts dans le cours de l'année, qui ont donné leur
démission ou se sont retirés à la suite des examens, ont
été remplacés par cent vingt-cinq élèves,
choisis par le jury d'admission, sur la liste des examinateurs. L'école,
au commencement de cette année classique, renferme trois cent dix-neuf
élèves. Ce sont dix-neuf de plus, mais les démissions,
les maladies et les débouchés qu'offrent l'artillerie, le génie
et les troupes, rendent cet excédant nécessaire.
Le programme général de l'instruction détermine aussi la
distribution du temps et de la discipline. La vie commune des élèves
a permis d'assigner plus de temps à l'instruction. Ce temps, une émulation
plus vive, et les secours mutuels que les élèves se prêteront
avec plus de facilité dans leurs études particulières,
tels sont les avantages du casernement. Une discipline prudente en éloignera
tous les inconvénients.
ECOLES DE DROIT
Les écoles de droit, instituées au nombre de douze par la loi
du 22 ventôse an XII, doivent être établies, d'après
le décret du 4e jour complémentaire, même année,
à Paris, Dijon, Turin, Grenoble, Aix, Toulouse, Poitiers, Rennes, Caen,
Bruxelles, Coblentz et Strasbourg. Sa Majesté a successivement nommé
aux écoles de Paris, de Toulouse, de Turin, d'Aix, de Grenoble, de Caen,
de Rennes, de Dijon et de Bruxelles.
Les nominations pour les écoles de Coblentz et de Strasbourg sont prêtes
à être soumises au choix de Sa Majesté ; il n'y aura plus
que celle de Poitiers : mais les considérations qui ont retardé
l'organisation de cette école vont disparaître et, avant trois
mois, toutes les écoles de droit seront pourvues de leurs professeurs,
de leurs suppléants, de leur secrétaire, de leur directeur et
de leur conseil de discipline et d'enseignement.
La désignation et la fixation des lieux ou bâtiments pour ces écoles
devaient entraîner le plus de difficultés et de lenteurs, à
cause des différentes autorités à consulter, des formalités
à suivre, et de l'occupation ou de la réserve de ces lieux pour
le service militaire. Mais toutes les mesures sont prises pour accélérer
cet objet, et la loi qui ordonne que toutes les écoles de droit seront
organisées dans le cours des années XIII et XIV sera complètement
exécutée.
L'école de Paris, la première en activité, devait s'empresser
de satisfaire à la loi, et de remplir ses fonctions pour les examens
et la délivrance des diplômes. Les six premiers mois ont été
entièrement occupés pour ces exercices, et pour y suffire, il
a fallu tout le temps et tout le zèle des professeurs et suppléants.
Cette école a fait, en brumaire dernier, l'ouverture de ses cours, et
on ne peut qu'applaudir au concours des élèves, à leurs
efforts actifs, à leur instruction même qui semble n'avoir pas
souffert de l'interruption de cet enseignement. L'école de Turin, dont
l'enseignement n'avait presque pas été interrompu, a bientôt
repris ses cours. On s'occupe à mettre en accord la loi sur les écoles
de droit avec le décret qui comprend cette école dans l'Université
de cette ville.
L'école de Toulouse a aussi fait l'ouverture de ses cours ; les premiers
renseignements n'offrent aussi que des motifs de satisfaction.
Les écoles de Grenoble et d'Aix vont également s'ouvrir, et les
autres s'empresseront de même de satisfaire à l'attente du public
et au vu de Sa Majesté.
La discipline intérieure, les livres classiques, la partie de la loi
relative aux élèves gratuits du Gouvernement près des écoles
de droit, sont des objets qui n'ont point encore pu recevoir leur exécution,
mais le zèle et les talents de MM. les inspecteurs généraux
répondent de cette prompte exécution, lorsque toutes les écoles
seront organisées.
CONSERVATOIRE DE MUSIQUE
Le Conservatoire de musique a été établi par la loi du
16 thermidor an XIII, pour enseigner gratuitement l'art de la musique à
six cents élèves des deux sexes, choisis proportionnellement dans
tous les départements. Par cette même loi, les professeurs étaient
au nombre de 115, ce qui portait les dépenses de l'établissement
à 240 000 francs par années.
Le ministre ayant réduit, à compter du 1er vendémiaire
an Xl, la dépense à 100 000 francs, le nombre des professeurs
a été nécessairement diminué. Le Conservatoire se
trouve aujourd'hui composé d'un directeur de trois inspecteurs de l'enseignement,
d'un secrétaire, d'un bibliothécaire, de trente-cinq professeurs,
et de quelques employés.
Il a été ajouté, depuis la dernière reforme, 6 000
francs pour subvenir à un supplément de traitement accordé
à M. Garat, et au traitement de trois répétiteurs à
600 francs chacun, ce qui porte la dépense totale à l06 000 francs.
Quoique le Conservatoire de musique ait subi, comme on le voit, des réformes
considérables, il n'a pas cessé pour autant de répondre
aux vues libérales du Gouvernement.
Sa Majesté l'Empereur a daigné choisir parmi les professeurs le
premier violon de sa chapelle, le sieur Kreutzer; et telle est maintenant en
Europe la réputation de l'école française que deux autres
professeurs du Conservatoire, Boïeldieu et Rode, âgés de vingt-huit
ans au plus, sont aujourd'hui, l'un maître de chapelle, l'autre premier
violon de l'empereur de Russie. Melle Philis qui est en ce moment première
cantatrice du théâtre de la cour, à Saint-Pétersbourg,
devait tout son talent au Conservatoire, et particulièrement au sieur
Garat, professeur.
On sait que plusieurs élèves ont essayé leurs talents sur
le théâtre de l'Académie impériale de musique et
que, malgré l'opposition de quelques partisans des anciennes méthodes,
ils ont obtenu du succès. De ce nombre sont : Mme Branchu, Melle Pelet,
Melle Hymn, les sieurs Rolland, haute-contre, Bonnet, taille, Derivis, basse-taille,
Eloi et Nourrit, hautes-contres, et Despéramons, ténor. (Celui-ci
est maintenant à l'Opéra-Comique, où il obtient beaucoup
de succès.)
D'autres enfin se sont distingués dans différents concerts, et
ont eu l'honneur d'être admis à la chapelle de Sa Majesté,
notamment Melle Saint-Aubin, l'une de nos meilleures cantatrices. Le Conservatoire
fournit d'ailleurs des chanteurs du second ordre à tous les théâtres
des départements et des instruments à vent à presque tous
les corps militaires. On sait que la musique instrumentale a été
portée, en France, à un degré de supériorité
que les virtuoses étrangers ne peuvent atteindre.
Cinq ouvrages élémentaires, rédigés par les professeurs
du Conservatoire, viennent d'être publiés avec le plus grand succès
et sont déjà répandus dans toute l'Europe. Deux autres
sont sous presse. La bibliothèque de musique, monument des plus précieux,
n'avait pas encore été ouverte ; le défaut de fonds s'y
était opposé : mais elle va l'être incessamment ; et cinq
mille volumes, parmi lesquels se trouvent tous les chefs-d'uvre des grands
maîtres français, allemands, italiens seront à la disposition
du public. Tous les élèves qui se consacrent à la partie
vocale sont assujettis à l'obligation de chanter alternativement l'italien
et le français, ce qui, en leur facilitant l'étude des célèbres
compositions d'Italie, les forcera d'apprendre la plus douce et peut-être
la plus harmonieuse des langues vivantes.
Dispositions principales de organisation du Conservatoire de musique.
Le Conservatoire est établi pour la conservation et la reproduction de
la musique dans toutes ses parties. Les inspecteurs et professeurs sont admis
par la voie du concours, et suivant le mode indiqué par Ie règlement
intérieur du Conservatoire.
Le directeur remplit les fonctions administratives et exerce e la surveillance
générale de l'établissement. Les inspecteurs surveillent
l'enseignement, examinent les élèves et professent les parties
d'étude qui leur sont attribuées par le règlement.
L'enseignement dans le Conservatoire est dirigé ainsi qu'il suit :
Composition, harmonie, chant, préparation au chant, solfège, piano,
violoncelle, flûte, hautbois, clarinette, cor, basson.
Une classe est consacrée à l'enseignement du chant déclamé,
et à celui de la déclamation applicable à la scène
lyrique.
Trois Cents élèves des deux sexes pris, autant que possible, en
nombre égal dans chaque département, sont instruits dans le Conservatoire.
Leurs études sont dirigées vers ces points principaux : entretenir
la musique dans la société, former des artistes pour les armées
et pour les théâtres.
Ces élèves sont admis d'après le mode indiqué dans
le règlement.
Chaque année il y a un nombre d'exercices rempli par les élèves
; ces exercices sont destinés à les former à l'ensemble
de l'exécution.
Il y a chaque année deux séances publiques au Conservatoire, consacrées
à l'exécution des principales productions des grands maîtres
de diverses écoles. Par extension au règlement, Son Excellence
le ministre de l'intérieur a permis que ces séances fussent profitables
aux familles des artisans décédés membres du Conservatoire,
en autorisant la perception d'une rétribution supportée par les
auditeurs.
Chaque année les élèves du Conservatoire qui se sont distingués
dans chaque genre d'étude concourent à la distribution générale
des prix. Le Conservatoire possède une bibliothèque de musique
dont la composition, unique en Europe, présente une collection de huit
mille volumes, choix des meilleurs ouvrages de toutes les écoles. Cette
bibliothèque, à laquelle doit être réuni un cabinet
d'instruments antiques et modernes, est destinée, lorsque les localités
le permettront, à être publique. Les membres du Conservatoire se
réunissent à des époques déterminées pour
s'occuper de questions relatives à l'art ; c'est dans ces réunions
que sont formés les ouvrages élémentaires. Le Conservatoire
fournit les moyens d'exécution pour la célébration des
fêtes publiques ordonnées par le Gouvernement.
[suivent la liste du personnel du Conservatoire de musique le règlement
intérieur de discipline]
Le rapport se termine par des statistiques comptables. Il est suivi d'un rapport
de Lacuée propre à l'école polytechnique.
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