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Antoine-François de Fourcroy
15 juin 1755-16 décembre 1809
Né à Paris d'un père apothicaire, Fourcroy est introduit
par l'intermédiaire de Vicq d'Azyr, ami de la famille, dans le
milieu de la société royale de médecine. Bénéficiant
de ce patronage et des ressources de la capitale en matière d'enseignement
scientifique, il obtient le doctorat en médecine (1780) et se spécialise
en chimie. Ses travaux lui valent un poste de professeur à l'école
vétérinaire de Maisons-Alfort, puis au Jardin du Roi. Membre
de plusieurs sociétés savantes, il est admis en 1785 à
l'Académie des sciences.
Ayant souffert de la précarité financière de sa famille,
il accueille la Révolution en républicain égalitariste.
Électeur suppléant aux Etats généraux puis
à la Convention, il siège effectivement dans cette assemblée
à partir de juillet 1793 et devient membre du Comité d'Instruction
publique. Après Thermidor, il fait partie du Comité de Salut
public. Il est mêlé dans ces comités à l'élaboration
de la législation scolaire (création des écoles centrales,
de l'Ecole centrale des Travaux publics, des écoles de santé).
Élu au Corps législatif, il siége au Conseil des
Anciens de novembre 1795 à mai 1797. Nommé conseiller d'Etat
(décembre 1799), il devient directeur général de
l'lnstruction publique en mars 1802. C'est à ce titre qu'il rédige
les différents textes législatifs et réglementaires
concernant l'instruction publique. Mais, écarté en 1808
de la grande maîtrise de l'Université impériale nouvellement
instituée au profit du conservateur Louis de Fontanes, il se retire
avec amertume de la vie publique et meurt quelques mois après.
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Témoignage de Charles de Rémusat
Charles de Rémusat, Mémoires de ma
vie, t. 1, Enfance et jeunesse. La Restauration libérale
(1797-1820), Paris, Plon, 1958, p. 67 (souvenir daté de 1807)
"Les institutions de l'instruction publique étaient de date
récente, encore informes à certains égards et à
peu près inconnues dans le monde. On en avait assez mauvaise
idée ; on les regardait comme l'oeuvre des philosophes de la
Révolution. Une ou deux institutions privées, celle d'un
M. Lemoine, celle d'un M. Loiseau, avaient été d'abord
les seules maisons d'éducation où les gens comme il faut
consentissent, sous la République, à envoyer leurs enfants.
Fourcroy, qui était encore à la tête de l'Instruction
publique, était facilement taxé de jacobinisme ou de matérialisme."
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