| Université de Paris-Sorbonne (Paris IV)
|
1802-2002 La Sorbonne, 9-10 juillet 2002 Programme
- Responsables scientifiques
- |
Service d'histoire de l'éducation (SHE) INRP, URA CNRS 1397
|
|
Programme
Mardi 9 juillet 2002 12h 15 - 14h : repas Mercredi 10 juillet 2002 |
Pierre CASPARD, directeur de recherches (SHE)
Jean-Noël LUC, professeur dhistoire contemporaine (Paris IV)
Patrick CABANEL, professeur dhistoire
contemporaine (Toulouse II)
Alain CARRY, CNRS Centre Roland Mousnier (Paris IV)
Jean-Pierre CHALINE, professeur dhistoire contemporaine, directeur de
lInstitut dhistoire (Paris IV)
Jean-Michel CHAPOULIE, professeur de sociologie (Paris I)
Serge CHASSAGNE, professeur dhistoire contemporaine (Lyon II)
Gérard CHOLVY, professeur dhistoire contemporaine (Montpellier II)
Marie-Madeleine COMPÈRE, Service dhistoire de léducation
Pierre DEYON, ancien recteur de lacadémie de Strasbourg
Paul GERBOD, professeur émérite dhistoire contemporaine (Paris XIII)
Pierre GUILLAUME, professeur dhistoire contemporaine (Bordeaux III)
Françoise MAYEUR, professeur émérite dhistoire contemporaine (Paris IV)
Dominique PESTRE, directeur détudes (EHESS), directeur du CRHST (La Villette)
Antoine PROST, professeur émérite dhistoire contemporaine (Paris I)
Jean-Pierre RIOUX, inspecteur général de lEducation nationale
Philippe SAVOIE, Service dhistoire de léducation
Jean-François SIRINELLI, professeur dhistoire contemporaine (Institut
détudes politiques de Paris)
Créés par la loi du 11 floréal an 10 (1er mai 1802), les lycées inaugurent l'enseignement public dÉtat, dispensé par un corps enseignant national et laïque. Ils ont été longtemps réservés aux fils de l'élite, avant que la modernisation des programmes, la création des lycées de jeunes filles, puis la fusion progressive des diverses formes d'enseignements secondaires et post-élémentaires ne modifient profondément leur recrutement social, leurs finalités, leur pédagogie et le contenu culturel de leur enseignement. Institution nouvelle qui cumule pourtant les héritages détablissements plus anciens, le lycée a fait coexister ségrégation sociale et idéal égalitaire, culte des belles lettres et préparation aux écoles scientifiques, soumission à l'autorité publique et esprit de contestation du pouvoir. Le bicentenaire de la création des lycées donnera l'occasion d'examiner leur histoire et daborder notamment les thèmes suivants :
Le lycée, établissement dÉtat
Les premiers lycées nont pas vocation à rassembler tous les élèves de lenseignement secondaire, mais plutôt à servir de modèles aux établissements municipaux et privés et à recueillir leurs élèves les plus avancés. Conservent-ils ce rôle dans linstitution et la politique scolaires alors que leur réseau se densifie progressivement et que loffre concurrente municipale, privée, primaire supérieure se développe parallèlement ? Quelle place leur dépendance à légard de lÉtat et le modèle centralisé quils incarnent laissent-ils à la gestion locale et à lexistence dune culture détablissement ? Quelles sont les marges dautonomie des établissements et des proviseurs ? Jusquà quel point la municipalité et la société locale sont-elles impliquées dans la vie du lycée et dans sa gestion ? Inversement, comment le lycée sintègre-t-il à la vie de la cité, notamment par son architecture et par ses équipements (locaux, collections, bibliothèque, gymnase, ciné-club) ?
Humanités classiques et diversification disciplinaire
"L'enseignement des lettres et des sciences" : la lettre de la loi de 1802 rejoint l'antique tradition des arts libéraux qui visaient à faire acquérir la maîtrise de la langue et du raisonnement abstrait. Les lettres assurent la transition avec les humanités qui, depuis le XVIe siècle, imposent deux classes quotidiennes de deux heures environ, durant lesquelles le régent explique un texte latin ou grec. Les sciences, puis les nouvelles disciplines (histoire, langues vivantes, etc.), s'insèrent progressivement dans ce dispositif. La réforme de 1902 entérine cette évolution et consacre la généralisation du cours dune heure dispensé par un professeur spécialiste. Quelles conséquences cette nouvelle organisation du temps des élèves et des maîtres a-t-elle eues sur les procédés pédagogiques ? Comment les pratiques scolaires des lycées de filles, puis des autres établissements intégrés à l'enseignement secondaire, se distinguent-elles de celles en vigueur dans les lycées classiques ?
Les élèves et la communauté scolaire
Dans le projet napoléonien, le lycée se structure autour d'une communauté d'internes dont le noyau est formé de boursiers dÉtat et complété par des pensionnaires payants. On s'interrogera sur la part relative des uns et des autres, leurs relations réciproques et avec les autres lycéens, externes ou élèves des pensions privées. On cherchera à restituer la vie collective à l'intérieur des établissements, à préciser les spécificités de la culture et de la sociabilité lycéennes et à examiner dans quelle mesure elles survivent dans les associations de parents délèves. Quels caractères prennent l'inculcation de vertus civiques et morales et l'imprégnation religieuse (rôle de l'aumônier) ? Quelles résistances rencontrent-elles, comment se manifeste la violence lycéenne (révoltes et chahuts) ? En quoi les lycées de filles diffèrent-ils sur ces questions de ceux de garçons ? Quelles modifications au projet éducatif d'origine impliquent le poids grandissant des externes, la laïcisation des valeurs et des comportements ? Quelles conséquences la mixité a-t-elle sur lexpérience et sur l'éducation des lycéens ?
Le corps enseignant des lycées
On pourra étudier les modalités de la formation et du recrutement du corps professoral, lévolution des statuts, des carrières, du métier lui-même et des conditions de vie et de travail des professeurs, sans oublier le rôle quy jouent lexpression et laction collectives, la presse professionnelle, les amicales et le syndicalisme. Lautre corps enseignant que constituent les maîtres détudes ou répétiteurs mérite la même attention : indissociable de linternat, soumis à des conditions de travail éprouvantes et précaires, objet de mépris, il est pourtant une des clés de voûte du dispositif pédagogique. Une des dimensions principales de la question est la progression du corps enseignant secondaire féminin, à partir de 1880 en tant quordre séparé, puis dans le cadre dun vaste phénomène de féminisation. Des études sur les autres catégories de personnel, de direction, dadministration, de santé et de service, peuvent ouvrir des perspectives intéressantes sur la vie de linstitution lycéenne.
De létablissement de lélite au lycée pour tous
Le lycée a longtemps gardé un rôle déducateur des futures élites. Sest-il contenté de reproduire des générations dhéritiers ? Quels sont les fondements du modèle méritocratique qui inspire son fonctionnement ? On pourra sinterroger sur les instruments de cette méritocratie - classements, examens, concours, bourses , leurs finalités et leur fonctionnement effectif. Quelles modalités, quels critères et quels projets président, dans les faits, au recrutement des boursiers, catégorie d'élèves autour de laquelle s'organisent les premiers lycées ? Quels sont les effets de lexplosion scolaire de la deuxième moitié du XXe siècle sur les lycées, sur leur public, sur la culture quils transmettent et sur les pratiques pédagogiques ? Le modèle méritocratique sest-il adapté à cette nouvelle donne ?
Les propositions de communication devront être reliées à des problématiques générales et s'inscrire dans les questions fondamentales que pose l'histoire des lycées en évitant les points de vue trop localisés. Les projets, d'une longueur maximum de deux pages, doivent être envoyés avant le 31 octobre 2001
- à Jean-Noël Luc, exclusivement par courrier (15, rue des Bartoux, 92150 Suresnes)
- ou à Pierre Caspard, par courrier au Service dhistoire de léducation (INRP, 29, rue d'Ulm, 75230 Paris cedex 05), par fax (01 46 34 91 02) ou par email (pcaspard@inrp.fr, ou bouton "votre message" ci-dessous).
Les auteurs des projets retenus recevront les indications sur la présentation matérielle de leur communication. Le colloque donnera lieu à la publication dactes.
Le bicentenaire des lycées
- documents et informations sur les autres manifestations :
http://www.inrp.fr/she/lycees_bicentenaire.htm
Voir aussi: le bicentenaire des lycées parmi les
célébrations nationales :
La
loi générale sur l'Instruction publique créant les lycées
et l'Inspection générale
11 floréal an X (1er mai 1802), article de Marie-Madeleine Compère,
à lire sur le site du Ministère de la Culture.
|