Revue Histoire de l'éducation - numéro 118 - avril-juin 2008
École et violence
sous la direction de Jacques VERGER
Sommaire
Jacques VERGER
Introduction. École et violence. Faits, perception, discours
Bernard LEGRAS
Violence ou douceur. Les normes éducatives dans les sociétés grecque et romaine
Jacques VERGER
« Ribaudaille » ou « fille du roy ». L’Université de Paris entre honneur et violence à la fin du Moyen Âge
Laurence W. B. BROCKLISS
Contenir et prévenir la violence. La discipline scolaire et universitaire sous l’Ancien Régime (XVIIe-XVIIIe siècles)
Philippe MARCHAND
La violence dans les collèges au XVIIIe siècle
Jean-Claude CARON
Révoltes collégiennes, élites juvéniles et société post-révolutionnaire (1815-1848)
Jérôme KROP
Punitions corporelles et actes de brutalité dans les écoles primaires publiques du département de la Seine (1880-1914)Résumés - Summaries - Zusammenfassungen - Resumenes
Illustration de la couverture : Livre des fais de
monseigneur saint Louis, BnF fr.2829, f°9v°.
Jacques VERGER, École et violence : faits, perception, discours
La violence à l’école revêt des formes spécifiques qui impliquent des analyses minutieuses. On peut en distinguer deux formes : d’une part, une violence imposée, subie par l’institution scolaire, qu’elle y ait été amenée de l’extérieur ou qu’elle surgisse en son sein ; d’autre part, une violence organisée, ou au moins tolérée, par l’école elle-même, qu’il s’agisse de laisser un exutoire à la violence « naturelle » des jeunes, de canaliser celle-ci à des fins de préparation militaire ou, au contraire, de la réprimer en lui opposant une violence légitime, celle de l’autorité magistrale. Les études réunies ici se veulent moins des jalons pour une histoire des violences scolaires peut-être impossible à écrire, tant en est grande la diversité, que des exercices de méthode pour aborder des exemples précis de ce phénomène omniprésent en histoire de l’éducation, à des époques diverses et avec des documents très différents.
Bernard LEGRAS, Violence ou douceur. Les normes éducatives dans les sociétés grecque et romaine
La violence était omniprésente dans le cadre des institutions éducatives du monde antique grec et latin. Elle s’exerçait à la fois contre les usagers de l’école et du gymnase, entre ces usagers, et contre les maîtres. L’étude s’interroge sur la violence institutionnelle autorisée par la loi ou la coutume et la violence réprimée, sur les formes et l’expression de cette violence, et sur les évolutions, de la naissance de l’école à l’âge classique, au Ve siècle avant notre ère, à la fin de l’Antiquité. L’introduction de la douceur dans les rapports pédagogiques, dont le théoricien majeur est Quintilien, est tardive. Ces pratiques violentes faisaient de toute évidence écho à la violence diffuse qui affectait la vie des Grecs et des Romains. Le gymnase et l’école dans les mondes grec et romain étaient à la fois un reflet et une propédeutique de la vie sociale dans l’Antiquité gréco-romaine.
Jacques VERGER, « Ribaudaille » ou « Fille du roy » : l’Université de Paris entre honneur et violence à la fin du Moyen Âge
Les 24 et 25 septembre 1380, les funérailles du roi de France Charles V furent le théâtre de violents affrontements entre le prévôt de Paris et ses sergents, d’un côté, et les gens de l’Université, recteur et professeurs en tête, de l’autre ; plusieurs de ces derniers furent blessés ou arrêtés, mais l’Université réussit finalement à faire déposer et condamner le prévôt. Cette affaire, exemple classique de conflit entre town and gown dans une ville universitaire au Moyen Âge, s’est déroulée selon le scénario habituel de ce genre d’incidents. L’origine de ces violences récurrentes est multiple et relève de facteurs à la fois sociaux, politiques et culturels : hétérogénéité de la population universitaire par rapport au reste de la société urbaine, privilèges et immunités universitaires insupportables pour les agents du pouvoir royal, rivalité entre universitaires et grands officiers dans le rôle de conseillers du roi.
Laurence BROCKLISS, Contenir et prévenir la violence. La discipline scolaire et universitaire sous l’Ancien Régime (XVIIe-XVIIIe siècles)
Dans sa description classique de la socialisation des élèves sous l’Ancien Régime, Philippe Ariès affirmait, en 1960, qu’on peut percevoir un changement radical dans la conduite des adolescents en France à partir du milieu du XVIIe siècle : avant cette date, les nouvelles normes prônées par les ouvrages pédagogiques des humanistes de la Renaissance et de leurs successeurs de la Contre-Réforme n’ont qu’un effet limité ; au XVIIIe siècle, en revanche, la classe est devenue un lieu beaucoup plus paisible et ordonné, où l’autorité du maître est largement reconnue et ses élèves raisonnablement studieux. La description de P. Ariès ne reposait toutefois que sur une documentation limitée. Le présent article confronte cette vision à celle qui émane des sources plus riches qu’ont analysées depuis les historiens français, et de leur comparaison avec les sources anglaises.
Philippe MARCHAND, La violence dans les collèges au XVIIIe siècle
Dans les premiers jours de février 1757, un élève du collège du Quesnoy, s’estimant insulté par un de ses condisciples, le frappe d’un coup de couteau mortel. En octobre 1758, au collège de Bavay, un élève injustement accusé d’avoir été à l’origine d’un tumulte se voit condamner au fouet ; ses camarades protestent, le condamné frappe le supérieur du collège d’un coup de couteau sans gravité et s’enfuit. Ces deux affaires montrent que les châtiments corporels sont loin d’être démodés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Elles mettent également en lumière les réactions des personnalités extérieures à l’institution scolaire qui, d’accord pour condamner le geste des deux adolescents, cherchent en même temps à comprendre leurs motivations et sont amenées à mettre en cause le comportement des responsables des deux collèges.
Jean-Claude CARON, Révoltes collégiennes, élites juvéniles et société post-révolutionnaire (1815-1848)
L’enseignement secondaire, qui accueille les élites juvéniles dans la France de la monarchie constitutionnelle, est un lieu de préservation des distinctions sociales. Mais les formes disciplinaires qui y sont employées sont jugées de plus en plus inappropriées par les pédagogues, laïcs comme clercs, et heurtent une bourgeoisie libérale dont le seuil de tolérance s’abaisse quand il est question de l’intégrité morale et physique de ses enfants. Cet article entend montrer comment les autorités de tous ordres gèrent ce type de conflit. S’agit-il de désordres imputables à la jeunesse des élèves ou annoncent-ils un esprit de contestation de l’ordre établi ? L’irréligion souvent dénoncée des mutins n’apparaît-elle pas comme un pis-aller aux yeux de classes moyennes assez souvent voltairiennes ? Dès lors, se pose la question de la gestion de ces révoltes : quelle économie répressive adopter face à cette jeune élite déjà incluse, par son origine, dans un réseau relationnel unissant leurs parents aux autorités gouvernementales, judiciaires ou universitaires ?
Jérôme KROPP, Punitions corporelles et actes de brutalité dans les écoles primaires publiques du département de la Seine (1880-1914)
L’étude des dossiers des instituteurs et institutrices des écoles publiques de la Seine permet de mesurer l’importance de leur usage de la violence à la fin du XIXe siècle. Au cours de leur carrière, plus de 10 % des instituteurs ont fait l’objet d’au moins une plainte de parents faisant suite à des actes de violence graves commis en classe. L’étude des plaintes et des rapports d’enquête des inspecteurs primaires montre que la violence bénéficie encore d’une certaine tolérance dans une société où les châtiments corporels restent une pratique courante ; de plus, les conditions d’enseignement de l’époque expliquent en partie certains débordements. Cependant, dans les années 1880-1890, le refus de la violence s’accroît et oblige l’institution scolaire à accentuer ses efforts pour empêcher l’usage des punitions corporelles.
Jacques VERGER, School and violence: events, perception, views
Violence in school takes specific forms which imply meticulous analysis. Two forms can be identified: on the one hand, an imposed violence, that the institution is subjected to, whether it is brought in from outside or it emerges within the institution; on the other hand, violence that is organized, or at least tolerated, by school itself, whether it be through the provision of an outlet for the “natural” violence of the young, the canalization of this violence towards military preparation, or, on the contrary, through the repression of this violence through the use of a legitimate violence, that of the master’s authority. The studies brought together here are so diverse that they are not really meant to be milestones in the history of school violence – if that could be written – but rather exercises in methods of approaching, in different periods and through different documents, specific examples of this omnipresent phenomenon in the history of education.
Bernard LEGRAS, Violence or gentleness. Educational norms in Greek and Roman societies
Violence was omnipresent in the educational institutions of the Ancient Latin and Greek world. It was employed against the users of school and gymnasium, between those users and against the masters. This study investigates institutional violence authorized by law or custom and the violence that was repressed, the forms and expression of this violence, and the evolutions between the birth of the school in the classical period, in the 5th century BC, to the end of Antiquity. The introduction of gentleness in teaching relationships, of which Quintilianus is the major theoretician, was late. Obviously, these violent practices were the echo of the diffuse violence which affected the lives of Greeks and Romans. In the Roman and Greek worlds, the school and gymnasium were both a reflection of and an initiation into the social life of Greek and Roman Antiquity.
Jacques VERGER, Trollop or Princess - The University of Paris, honour and violence at the end of the Middle Ages
On 24th and 25th September 1380, the funeral of the French king Charles V was the scene of violent confrontations between, on the one hand, the Provost of Paris and his men and, on the other, the people of the University headed by the Rector and professors. Despite suffering casualties and arrests, the University finally managed to have the Provost removed and condemned. A classic example of the conflict between town and gown in a medieval university town, this incident unfolded according to the usual scenario. The origins of this recurring violence are numerous and are related to social, political and cultural factors, such as: the heterogeneity of the university population in comparison to the rest of the urban population; the privileges and immunities of the university population which the agents of authority found unbearable; the rivalry between university members and the great office holders for the role of counsellors to the king.
Laurence BROCKLISS, Containing and preventing violence. School and university discipline under the French Ancien Régime (17th-18th centuries)
In his classic 1960 description of the socialization of pupils under the French Ancien Régime, Philippe Ariès claimed that, in France, a radical change could be seen in the behaviour of adolescents from the middle of the 17th century. Before this date, the new norms advocated in the didactic works of the humanists of the Renaissance and their successors of the Counter-Reformation had only a limited effect. By the 18th century, however, the classroom had become a much more peaceful and well-ordered place in which the authority of the master is recognized and the students are relatively studious. The Ariès description was, however, based on limited information. This contribution confronts his vision with that arising from richer sources, that French historians have since analyzed, and from the comparison of this material with English sources.
Philippe MARCHAND, Violence in 18th century schools
In early February 1757, at the school of Le Quesnoy, a pupil, considering himself insulted by another, stabbed and killed the latter. In 1758, at the school of Bavay, a pupil who was unjustly accused of being the cause of a commotion was sentenced to a flogging. His classmates protested and he stabbed the school Superior, inflicting no major wound, and fled. These two incidents show that corporal punishment was far from outmoded in the second half of the 18th century. They also highlight the reactions of figures from outside the school institution: while they condemned the acts of the two adolescents, they also sought to understand their motivations and came to question the behaviour of the authorities of the two schools.
Jean-Claude CARON, School revolts, juvenile elites and post-revolution society (1815-1848)
During the French constitutional monarchy, secondary schools for the juvenile elite were a bastion of social distinctions. Yet the forms of discipline used in these schools were judged to be more and more inappropriate by teachers, both secular and clerical, while at the same time offending the liberal bourgeoisie whose level of tolerance lowered whenever their children’s moral or physical integrity was concerned. This article intends to show how authorities of all types managed this sort of conflict. Were they disturbances that could be put down to the youth of the pupils, or did they herald the coming of a spirit of contestation of the established order? In the eyes of the often Voltairian middle class, did not the oft- denounced irreligion of the mutineers appear to be a makeshift? Here arose the issue of the management of these revolts: which repressive model to adopt towards this young elite that, through its origins, was already included in a network of relationships that united their parents to the governmental, judiciary or university authorities?
Jérôme KROPP, Corporal punishment and acts of brutality in state primary schools in the Département de la Seine (1880-1914)
The study of the administrative dossiers of state primary school teachers of both sexes working in the Département de la Seine, enables the author to gauge the importance of their use of violence at the end of the 19th century. During their careers, more than 10% of the teachers were the target of at least one parental complaint concerning acts of serious violence committed in class. The study of the complaints and the reports of the investigations of the primary school inspectors shows that violence still enjoyed a certain tolerance in a society in which corporal punishment remained common practice. Moreover, teaching conditions of the period partially explain certain excesses. However, in the 1880s and 1890s, refusal of violence increased and forced the school institution to increase its efforts to stop the use of corporal punishment. (traduction Nigel Briggs)
Jacques VERGER, Schule und Gewalt: Fakten, Wahrnehmung, Diskursstrategien
Gewalt kommt in der Schule in ganz spezifi schen Formen vor, die sich nur durch sorgfältigste Analyse erfassen lassen. Dabei sind zwei Formen zu unterscheiden: zum einen die der Institution Schule zugefügte Gewalt, sei sie nun von außen in diese hineingetragen oder erst in ihren Räumen selbst entstanden; zum anderen die von der Schule selbst initiierte oder zumindest tolerierte Gewalt, sei es, dass sich hier die‚ naturgegebene’ Gewaltbereitschaft Jugendlicher ein geeignetes Ventil sucht, sei es, dass diese im Rahmen militärischer Ausbildung in die rechten Bahnen gelenkt werden soll oder dass es im Gegenteil darum geht, ihr eine annehmbarere Form von Zwang, nämlich die Autorität des Lehrers entgegenzusetzen. Die hier zusammengestellten Einzeluntersuchungen verstehen sich weniger als Versatzstücke zu einer angesichts der Vielfalt ihrer möglichen Ausprägungen vielleicht gar nicht zu realisierenden Geschichte der Gewalt in der Schule; anhand präziser Fallbeispiele, im chronologischen Querschnitt und mit Hilfe unterschiedlichster Quellen versuchen sie vielmehr einen methodischen Zugang zu diesem in der Erziehungsgeschichte allgegenwärtigen Phänomen.
Bernard LEGRAS, Mit harter oder mit sanfter Hand? Erziehungsprinzipien in der griechischen und römischen Gesellschaft
In den Bildungseinrichtungen der antiken Welt war Gewalt allgegenwärtig; sie richtete sich dort sowohl gegen die Besucher von Schulen und Stadien als auch gegen deren Lehrer und kam außerdem zwischen den Schülern zum Ausdruck. Der Beitrag befasst sich sowohl mit den durch Recht und Gewohnheit zugelassenen als auch mit den sanktionierten Formen von Gewalt und analysiert deren Ausdrucksformen in chronologischen Schnitten, von der Schule der klassischen Zeit im 5. Jahrhundert v. Chr. bis in die Spätantike. Sanftere Erziehungsformen setzten sich erst relativ spät durch; erst Quintilian lieferte dafür die wichtigsten theoretischen Vorgaben. Alles spricht dafür, dass die harte Erziehungspraxis nur der Refl ex einer diffusen Gewaltbereitschaft ist, die die Lebenswirklichkeit von Griechen und Römern generell charakterisierte; Stadion und Schule der griechisch-römischen Antike sind damit ein recht genaues Abbild des gesellschaftliche Lebens ihrer Zeit, auf das sie gleichzeitig vorbereiten sollten.
Jacques VERGER, „Hurenmädchen“ oder „Königstochter“? Die Pariser Universität des späten Mittelalters zwischen Ehrerbietung und Gewaltbereitschaft
Am 24.-25.9.1380 kam es anlässlich der Beisetzungsfeierlichkeiten für den französischen König Karl V. zu heftigen Auseinandersetzngen zwischen dem obersten Richter von Paris und seiner Polizei einerseits und den Universitätsangehörigen, allen voran dem Rektor und der Professorenschaft, andererseits. Von den letzteren wurden dabei etliche verletzt oder verhaftet; dennoch gelang es der Universität schließlich, den Stadtobersten absetzen und verurteilen zu lassen. Als klassisches Beispiel für einen Konfl ikt zwischen town and gown in einer mittelalterlichen Universitätsstadt haben sich diese Ausschreitungen nach einem für Zwischenfälle dieser Art typischen Szenario abgespielt. Die Gründe für die immer wieder auftretenden Streitigkeiten sind vielfältig, wobei sich soziale, politische und kulturelle Faktoren anführen lassen, nicht zuletzt die Heterogenität der Akademikerkreise im Vergleich zum Rest der städtischen Bevölkerung, die für die königlichen Amtsträger unannehmbaren Privilegien und Immunitäten für Universitätslehrer, Rivalitäten zwischen Universitätslehrern und hohen Offi zieren in ihrer Beraterfunktion für den König.
Laurence BROCKLISS, Gewalt zügeln und ihr vorbeugen. Disziplin in Schule und Universität im Ancien Régime (17.-18. Jahrhundert)
In seiner klassisch gewordenen Analyse der Sozialisierung von Schülern im Ancien Régime hat Philippe Ariès 1960 die These aufgestellt, man könne ab der Mitte des 17. Jahrhunderts bei französischen Jugendlichen eine deutliche Verhaltensänderung beobachten: war bis zu dieser Zeit nur eine geringe Wirkung der in den pädagogischen Werken des Humanismus und ihrer Nachfolger aus dem Lager der Gegenreformation vertretenen neuen Erziehungsnormen zu verzeichnen gewesen, so entwickelt sich das Klassenzimmer im 18. Jahrhundert zunehmend zu einem sehr viel ruhigeren Raum, in dem die Dinge in geordneteren Bahnen ablaufen, die Autorität des Lehrers respektiert wird und die Lernbereitschaft der Schüler zunimmt. Ariès Schlussfolgerungen konnten sich indessen nur auf eine recht geringe Zahl von Quellen stützen. Der Beitrag vergleicht das von Aries gezeichnete Bild mit den Ergebnissen eines für Frankreich inzwischen sehr viel intensiveren historischen Quellenstudiums und versucht einen vergleichenden Ausblick auf die Quellensituation in England.
Philippe MARCHAND, Ausschreitungen in höheren Schulen im 18. Jahrhundert
In den ersten Tagen des Monats Februar 1757 ersticht ein Schüler der höheren Bildungsanstalt von Quesnoy einen Mitschüler, weil dieser ihn beleidigt hatte. Im Oktober 1758 wird im Gymnasium von Bavay ein Schüler zu Peitschenhieben verurteilt, nachdem er zuvor zu Unrecht beschuldigt worden war, einen Tumult verursacht zu haben. Seine Mitschüler protestieren, doch der Verurteilte verpasst dem Schulleiter einen zum Glück harmlosen Messerstich und ergreift die Flucht. Die beiden Zwischenfälle zeigen, dass körperliche Züchtigungen in der zweiten Hälfte des 18. Jahrhunderts durchaus noch an der Tagesordnung waren; sie werfen auch in deutliches Licht auf die Reaktionen von nicht unmittelbar in den Schulbetrieb involvierten Persönlichkeiten, die die Handlungen der beiden Jugendlichen durchaus verurteilen, aber gleichzeitig bemüht sind, deren Beweggründe zu verstehen und das Verhalten der Schulleitung sehr kritisch beurteilten.
Jean Claude CARON, Aufstände von Gymnasiasten, junge Eliten und postrevolutionäre Gesellschaft (1815-1848)
Die Gymnasien, in deren Händen in Frankreich im Zeitalter der konstitutionellen Monarchie die Ausbildung der jungen Eliten liegt, ist eine auf Wahrung sozialer Unterschiede bedachte Institution. Die Disziplinarmaßnahmen, die dort zur Anwendung kommen, werden allerdings von Pädagogen – und zwar Klerikern wie Laien – immer stärker als unangemessen empfunden; auch bei dem liberalen, um die seelische und körperliche Unversehrtheit seiner Kinder besorgten Bürgertum sinkt die Toleranzschwelle. Der Beitrag versucht aufzuzeigen, wie von den Verantwortlichen mit dieser Art von Konfl ikten umgegangen wird. Ist das zu beobachtende Aufbegehren schlicht der Jugend der Schüler zuzuschreiben oder deutet sich hier ein umfassenderer Protest gegen die herrschende Ordnung an? Muss die häufi g angeprangerte fehlende Religiosität der Aufrührer in den Augen eines ohnehin dem Gedankengut Voltaires zugeneigten Mittelstands nicht als ein eher unwesentliches Übel erscheinen? Insbesondere stellte man sich offenbar die Frage, welche Repressalien sich denn überhaupt gegenüber einer jungen Elite anwenden ließen, die schon von ihrer Herkunft her in das soziale Netz ihrer Eltern eingebunden war, das von Regierungsvertretern über Träger juristischer Ämter bis hin zur Professorenschaft reichte.
Jérôme KROPP, Körperliche Züchtigungen und sonstige Gewaltanwendungen in den öffentlichen Volksschulen des Departements Seine (1880-1914)
Aus der Untersuchung der Personalakten von Volksschullehrern und –lehrerinnen in öffentlichen Schulen des Departements Seine lässt sich ablesen, inwieweit in der Unterrichtspraxis im ausgehenden 19. Jahrhundert auf Prügelstrafen zurückgegriffen wurde. Während ihrer Laufbahn sind mehr als 10% aller Lehrer mindestens einmal von Eltern wegen schwerwiegender Gewaltanwendung gegenüber Kindern im Unterricht belangt worden. Die Analye dieser Klageschriften und der daraus sich ergebenden Ermittlungen der Schulinspektion lässt erkennen, dass Gewalt gegenüber Schülern in diesen Gesellschaftsschichten, in denen körperliche Züchtigungen zur allgemeinen Erziehungspraxis gehörten, bis zu einem gewissen Grade toleriert wurde, zumal gewisse Übergriffe sich zumindest zum Teil durch die allgemeinen Unterrichtsbedingungen der Zeit erklären. Dennoch steigt zwischen 1880 und 1890 die Zahl derer, die Gewalt in der Schule ablehnen, so dass die Schulverwaltung gezwungen ist, sich stärker dafür einzusetzen, den Rückgriff auf körperliche Züchtigungen zu vermeiden. (traduction Gérard Bodé)
Jacques VERGER, Escuela y violencia: hechos, percepción, discurso
La violencia en la escuela reviste formas específicas que implican unos análisis minuciosos. Se pueden distinguir dos clases: por una parte una violencia impuesta, sufrida por la institución escolar, sea traída de afuera, sea nacida en su propio seno; por otra parte, una violencia organizada o por lo menos tolerada por la misma escuela, ya para dejar un derivativo a la “violencia” natural de los jóvenes, para canalizarla efectos de preparación militar, o, al contrario para reprimirla oponiéndole una violencia legítima, la de la autoridad magistral. Los estudios aquí reunidos aparecen menos como hitos para una historia de las violencias escolares tal vez imposible de describir por su gran diversidad, que como ejercicios de método para abordar ejemplos precisos de este fenómeno omnipresente en la historia de la educación, en épocas diversas y con documentos muy diferentes.Bernard LEGRAS, Violencia o dulzura. Las normas educativas en las sociedades griegas y romanas
La violencia estaba omnipresente en el marco de las instituciones educativas del mundo antiguo griego y latino. Se ejercía a la vez contra los usuarios de la escuela y del gimnasio, entre dichos usuarios y contra los maestros. El estudio examina la violencia institucional autorizada por la ley o la costumbre, y la violencia reprimida, las formas y la expresión de esa violencia, y las evoluciones, del nacimiento de la escuela en la edad clásica, en el sigloV antes de nuestra era, a fi nales de la antigüedad. La introducción de la dulzura en las relaciones pedagógicas cuyo mayor teórico es Quintiliano, es tardía. Esas prácticas violentas respondían sin duda alguna a la violencia difusa que afectaba la vida de los griegos y de los romanos. El gimnasio y la escuela en los mundos griego y romano eran a la vez un refl ejo y un curso preuniversitario de la vida social en la antigüedad greco-romana.
Jacques VERGER, “Ribaudaille” ou “Fille du Roy”: la Universidad de París entre honor y violencia a finales de la Edad media
El 24 y 25 de septiembre de 1380, las exequias del rey de Francia, Carlos V, fueron teatro de enfrentamientos violentos entre el preboste de París y sus sargentos, por una parte, y la gente de la Universidad, encabezada por el rector y los profesores, por otra; entre éstos últimos varios fueron heridos o detenidos, pero la Universidad consiguió al fi n la deposición y la condena del preboste. Este asunto, ejemplo clásico de confl icto entre town and gown en una ciudad universitaria en la Edad Media se efectuó según el guión habitual de este tipo de incidentes. El origen de estas violencias recurrentes es múltiple y depende de factores a la vez sociales, políticos y culturales: heterogeneidad de la población universitaria con respecto al resto de la sociedad urbana, privilegios e inmunidad universitarios insoportables para los guardias del poder real, rivalidad entre universitarios y grandes ofi ciales en el papel de consejeros del Rey.
Laurence BROCKLISS, Contener y prevenir la violencia. La disciplina escolar y universitaria bajo el Antiguo Régimen (siglos XVII-XVIII)
En su descripción clásica de la socialización de los alumnos bajo el Antiguo Régimen, Philippe Ariès afi rmaba en 1960, que se puede percibir un cambio radical en el comportamiento de los adolescentes en Francia a partir de mediados del siglo XVII : antes de esta fecha, las nuevas normas preconizadas por los textos pedagógicos de los humanistas del Renacimiento y de sus sucesores de la Contrarreforma sólo tienen un efecto limitado; en el siglo XVIII, en cambio el aula se ha convertido en un lugar más apacible y ordenado, donde la autoridad del maestro es ampliamente reconocida y sus alumnos razonablemente estudiosos. Sin embargo la descripción de Pariès sólo se apoyaba en una documentación reducida. El presente artículo opone esta visión a la que emana de las fuentes más ricas analizadas desde entonces por los historiadores franceses y de su cotejo con las fuentes inglesas.
Philippe MARCHAND, La violencia en los colegios en el siglo XVIII
A principios de febrero de 1757, un alumno del colegio del Quesnoy, considerándose insultado por uno de sus condiscípulos, le da una cuchillada mortal. En octubre de 1758, en el colegio de Bavay, un alumno injustamente acusado de haber provocado un tumulto es castigado a ser azotado; sus compañeros protestan, el condenado da una puñalada sin gravedad al director y huye. Estos dos asuntos demuestran que los castigos corporales siguen muy actuales en la segunda mitad el siglo XVIII. Evidencian además las reacciones de las personalidades exteriores a la institución escolar quienes están de acuerdo para condenar el gesto de los adolescentes pero intentan a la vez comprender sus motivaciones y se ven llevadas a acusar el comportamiento de los responsables de ambos colegios.
Jean-Claude CARON, Revueltas colegiales, élites juveniles y sociedad pos-revolucionaria (1815-1848)
La enseñanza secundaria que acoge a las élites juveniles en la Francia de la monarquía constitucional, es un lugar de preservación de las diferencias sociales. Pero las formas disciplinarias que utilizan aparecen cada vez menos apropiadas a los pedagogos, tanto laicos como clérigos. Y chocan a una burguesía liberal cuyo umbral de tolerancia desciende cuando se trata de la integridad moral y física de sus hijos. Este artículo pretende mostrar de qué manera todas las autoridades de todo tipo gestionan esta clase de confl icto. ¿Trátase de desórdenes achacables a la juventud de los alumnos, o anuncian un espíritu de contestación del orden establecido? ¿No es la irreligión a menudo denunciada de los rebeldes un mal menor, para las clases medias frecuentemente volterianas? Entonces, se plantea la cuestión de la gestión de esas revueltas: ¿qué economía represiva adoptar frente a esa joven élite ya incluida por su origen, en una red relacional que une sus padres a las autoridades gubernamentales, judiciales o universitarias?
Jérôme KROPP, Castigos corporales y actos de brutalidad en las escuelas primarias públicas del departamento del Sena (1880-1914)
El estudio de los informes de los maestros y maestras de las escuelas públicas del departamento del Sena permite medir la importancia del uso de la violencia a fi nales del siglo XIX. En el transcurso de su carrera, más de un 10% de los maestros fueron objeto de una denuncia por lo menos por parte de los padres, consecutiva a actos de violencia cometidos en clase. El estudio de las denuncias y de los informes de encuesta de los inspectores de la escuela primaria muestra que la violencia aún benefi cia de cierta tolerancia en una sociedad en la que los castigos corporales siguen siendo corrientes.; además, las condiciones de enseñanza de aquella época explican en parte ciertos excesos. Sin embargo, en los años 1880-1890 aumenta el rechazo de la violencia y obliga la institución escolar a insistir en sus esfuerzos para impedir el uso de los castigos corporales. (traduction Nuria Serrano)
Notes critiques
COQUERY (Natacha), MENANT (François), WEBER (Florence) (dir.). Écrire, compter, mesurer. Vers une histoire des rationalités pratiques (Serge Chassagne) ; GUEREÑA (Jean-Louis) (dir.). Image et transmission des savoirs dans lesmondes hispaniques et hispano-américains (Émilie Mendonça) ; GRÈZES-RUEFF (François), LEDUC (Jean). Histoire des élèves en France. De l’Ancien Régime à nos jours (Marcel Grandière) ; Annali di storia dell’educazione e delle istituzioni scholastiche, 13, I Quadernie di scuola tra Otto e Novecento (Anne-Marie Chartier) ; VALENTI (Catherine). L’École française d’Athènes (Francis Prost) ; GODEAU (Emmanuelle). L’« esprit de corps ». Mort et sexe dans la formation des internes en médecine (Christine Debue-Barazer)
Comptes rendus
HOYER (Timo). Tugend und Erziehung. Die Grundlegung der Moralpädagogik in der Antike (Pascale Hummel) ; TROGER (Vincent) (dir.). Une histoire de l’éducation et de la formation (Bruno Belhoste) ; DREYFUS (Michel). Une histoire d’être ensemble. La MGEN (1946-2006) (Dominique Lerch) ; ATTALI (Michaël), CARITEY (Benoît) (dir.). Le SNEP, une histoire en débat (Laurent Frajerman) ; BELLATALLA (Luciana), GENOVESI (Giovanni) (dir.). Scienza dell’educazione. Questioni di fondo ; BELLATALLA (Luciana), GENOVESI (Giovanni). Storia della pedagogia. Questioni di fondo e momenti paradigmatici (Mariella Colin) ; BANDINI (Gianfranco), BIANCHINI (Paolo). Fare storia in rete. Fonti e modelli di scrittura digitale per la storia dell’educazione, la storia moderna e la storia contemporanea (Mariella Colin)
|