Revue Histoire de l'éducation - numéro 115-116 - septembre 2007
L'éducation des filles
XVIIIe-XXIe siècles
Hommage à Françoise Mayeur
sous la direction de P. Caspard, J.-N. Luc et R. Rogers
Ce numéro rend hommage à Françoise Mayeur (1933-2006), pionnière de l’histoire de l’éducation des filles en France. Il montre d’abord comment, depuis la fin du XIXe siècle, ce champ de recherche a très lentement émergé, avant de bénéficier, d’une part, des impulsions de la problématique du genre, et, d’autre part, de son inscription dans l’histoire politique, sociale et culturelle, qu’a illustrée F. Mayeur tout au long de son œuvre. Sommaire Jean-Noël LUC: Françoise Mayeur (1933-2006). Les territoires d’une historienne Résumés - Summaries - Zusammenfassungen - Resumenes
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Sommaire
Jean-Noël LUC
Françoise Mayeur (1933-2006). Les territoires d’une historienneRebecca ROGERS
L’éducation des filles : un siècle et demi d’historiographiePierre CASPARD
À quoi tient la supériorité des filles ? Contribution à l’analyse historique d’un problèmeAntoine PROST
Inférieur ou novateur ? L’enseignement secondaire des jeunes filles (1880-1887)Jean-François CHANET
Des institutrices pour les garçons. La féminisation de l’enseignement primaire en France, des années 1880 aux années 1920Yves VERNEUIL
La Société des agrégées, entre féminisme et esprit de catégorie (1920-1948)Anne THOMAZEAU
La rééducation des filles en internat (1945-1965)
Notes critiques
R. ROGERS: From the Salon to the Schoolroom (M. Thivend) ; A.-F. PRAZ : De l’enfant utile à l’enfant précieux (P. Caspard) ; Y. KNIBIEHLER : Qui gardera les enfants ? (R. Rogers)
Comptes rendus
G. BATTISTA: L’educazione dei figli nella Regola di Giovanni Dominici (T. Kouamé) ; M. FIÉVET : L’invention de l’école des filles (R. Rogers) ; G. HOUBRE: Histoire des mères et des filles (R. Rogers) ; S. FRANCHINI, P. PUZZIOLI (dir.) : Gli istituti femminili di educazione e di istruzione (M. Colin) ; M. THIVEND (dir.) : Apprentissage et formations techniques et professionnelles de filles et de garçons (G. Bodé) ; A.-M. COUDERC : La semaine de Suzette. Histoires de filles (A. Bruter)
Jean-Noël LUC: Françoise Mayeur (1933-2006). Les territoires d’une historienne Ancienne élève de l’ENS de Sèvres, Françoise Mayeur a été professeur à l’université de Lille III, puis à la Sorbonne. Son doctorat ès lettres soutenu en 1976, L’enseignement secondaire des jeunes filles, 1867-1927, est un travail fondateur qui étudie à la fois la nouvelle filière scolaire, les débats à son sujet, ses personnels, ses élèves et son assimilation, à partir de 1924, au secondaire masculin. Restée à l’écart de tout mouvement militant, Françoise Mayeur n’en est pas moins une pionnière de l’histoire des femmes, qui se développe, en France, à partir de la fin des années 1970. Elle a aussi travaillé sur l’histoire religieuse, notamment dans le cadre de ses recherches sur la scolarisation des jeunes filles et sur l’éducation et l’image de la femme chrétienne. Son oeuvre illustre l’engagement fécond d’une historienne dans des chantiers articulés autour de l’éducation, des femmes, de la politique et de la religion.
Rebecca ROGERS: L’éducation des filles : un siècle et demi d’historiographie Cet article examine la généalogie de nos approches actuelles de l’histoire de l’éducation féminine depuis les écrits des républicains réformateurs de la IIIe République. Le fort développement de l’histoire sociale des années 1970 et 1980 conduit à une grande diversité de thématiques mais a tendance à négliger l’enseignement chrétien et religieux, qui reste peu intégré dans les grands schémas interprétatifs de l’histoire de l’éducation. À partir des années 1990, les approches en terme de genre de l’enseignement féminin, notamment portées par les anglophones, donnent lieu à un autre renouveau par des travaux sur les identités sexuées des enseignantes et des élèves.
Pierre CASPARD: À quoi tient la supériorité des filles ? Contribution à l’analyse historique d’un problème En France comme ailleurs, les filles obtiennent aujourd’hui de meilleurs résultats scolaires que les garçons, au moins à l’âge de la scolarité obligatoire et dans le domaine de la littératie. En remontant dans le passé pour comparer les performances des filles et des garçons dans des contextes scolaires différents, voire contrastés, on démontre que les premières l’ont emporté, au moins dès le XVIIIe siècle, et dans des proportions proches de celles que l’on constate aujourd’hui. Cette invariance semble attester de leur part une précocité et des aptitudes relativement indépendantes des contextes socio-économiques ; elle témoigne surtout de la continuité entre les objectifs et les exigences intellectuelles de l’école pré-républicaine, et ceux de l’école actuelle.
Antoine PROST: Inférieur ou novateur ? L’enseignement secondaire des jeunes filles (1880-1887) L’enseignement secondaire féminin est une construction pragmatique. Quelques années après sa création, en 1887, un premier bilan met en évidence son adaptation aux réalités sociales et sa dépendance des contextes locaux. L’analyse de ses contenus et de son organisation pédagogique, dans un cadre que la loi a voulu inférieur à celui des garçons, manifeste la volonté d’inventer un enseignement court de culture générale. Ce projet comportait de nombreuses innovations que la conquête d’une parité avec l’enseignement secondaire des garçons a progressivement fait disparaître, mais qui n’en méritent pas moins d’être rappelées.
Jean-François CHANET : Des institutrices pour les garçons. La féminisation de l’enseignement primaire en France, des années 1880 aux années 1920 Françoise Mayeur a fait ressortir la durable contradiction française entre une valorisation réelle de la part prise par les femmes à l’effort d’éducation nationale et la persistance d’une conception d’ensemble de l’École et de la société reflétant la position dominante des hommes et l’attachement à son maintien. Cet article propose d’ajouter à la démonstration en examinant la place faite aux femmes dans l’enseignement primaire et particulièrement dans les cas où elles avaient pour élèves des garçons. Sont ici analysées les raisons de cette présence croissante des femmes : crise du recrutement masculin, acceptation par les femmes titulaires du seul brevet élémentaire des postes les moins recherchés, besoins consécutifs aux lois de laïcisation, mobilisation des instituteurs en 1914-1918. Même si l’égalisation des traitements en 1919 est une avancée notable dans l’histoire des femmes en France, elle n’empêche pas que, jusqu’au milieu des années 1930, l’administration de l’instruction publique continue de regarder la « féminisation » du corps comme un phénomène conjoncturel ou une tendance regrettable.
Yves VERNEUIL: La Société des agrégées, entre féminisme et esprit de catégorie (1920-1948) En 1920 se forme la Société des agrégées, sur le modèle de celle des agrégés, fondée dès 1914. L’exemple masculin paraît remettre en cause le sentiment d’unité du corps enseignant féminin. En réalité, les femmes professeurs doivent continuer à s’épauler, car de nombreux professeurs masculins, en particulier parmi les agrégés, s’opposent à leurs revendications. Dans les années 1930, la Société des agrégées prend une tournure plus catégorielle, même si elle s’engage davantage dans le mouvement féministe et si ses dirigeantes sont majoritairement proches de la CGT. La fusion avec la Société masculine n’intervient cependant qu’après la Libération.
Anne THOMAZEAU: La rééducation des filles en internat (1945-1965) Les années d’après-guerre constituent une période déterminante pour le renouvellement des méthodes de prise en charge des mineures délinquantes ou inadaptées placées en institution spécialisées. Le but n’est plus de sanctionner, mais de réellement éduquer ces jeunes filles placées pour des raisons qui relèvent de la transgression de la loi, mais aussi, et surtout, du nonrespect des normes sociales, particulièrement celles de genre. Ces critères moraux et sexués impriment leur marque sur l’éducation réalisée en internat comme le révèle une analyse, d’une part, des modèles féminins qui sous-tendent la prise en charge – celui de travailleuse, et, surtout, celui de maîtresse de maison – et, d’autre part, des méthodes spécifiques de la rééducation féminine, telles que la fiction familiale et l’éducation morale, associées à un silence sur le corps et la sexualité.
Jean-Noël LUC: Françoise Mayeur (1933-2006). The Territories of a Woman Historian An alumna of ENS de Sèvres, Françoise Mayeur was a professor at the University of Lille III, and then at the Sorbonne. In 1976 she defended her doctorat ès letters entitled, L’enseignement secondaire des jeunes filles, 1867-1927, a foundational work that examines the new all-female public secondary sector, the debates it raised, its personnels and pupils, and its integration, as of 1924, into the secondary male educational system. While distant from the feminist movement, Françoise Mayeur was nonetheless a pioneer of women’s history, especially through her research on young ladies’ schooling and the education and the image of the Christian woman. Her work illustrates the fruitful commitment of a woman historian to subjects at the crossroads of the history of education, women, public policies and religion.
Rebecca ROGERS: Girls’ Education : 150 Years of Historiography This article begins with the writings of Third Republic reformers in order to consider the genealogy of contemporary approaches to the history of girls’ education. The development of social history in the 1970s and 1980s introduced a wide variety of themes but tended to neglect Christian or religious education which remained generally outside the major interpretations in the history of education. The introduction of gender history in the 1990s has since produced new interpretations focused on the issue of gendered identities among both teachers and students, and incorporating attention to religious education.
Pierre CASPARD: What is the Superiority of Girls due to? Contribution to a Historical Analysis of this Issue Today in France, as elsewhere, girls obtain better academic results than boys, at least at compulsory school age and in the field of literacy. Going back in time to compare the achievements of girls and boys, in different, even contrasting school contexts, the article demonstrates that, from at least the 18th century, girls were more successful in proportions similar to those seen today. This invariance seems to testify to girls’ precocity and aptitudes which are relatively independent of socio-economic contexts. Above all, it bears witness to the continuity of objectives and intellectual demands from pre- Republican to present-day schools.
Jean-François CHANET: School Mistresses for Boys. The Feminization of Primary Education in France from the 1880s to the 1920s Françoise Mayeur highlighted the lasting French contradiction between a very real recognition of the role of women in the effort to educate the nation alongside the persistence in both education and society of a general conception reflecting the dominance of men and an attachment to maintaining this dominance. This article contributes to this argument by examining the place of women in primary education with particular reference to the situation in which their pupils were boys. The reasons for this increasing feminine presence are analyzed: a shortage of male candidates, the acceptance of the less desirable posts by women who only had a school certificate, needs arising from the laws separating the Church and the State, the mobilisation for war of school masters between 1914 and 1918. Even if salary parity in 1919 was a noteworthy advance in the history of women in France, it did not prevent, until the mid-1930s, the administration of Public Instruction from continuing to regard the “feminization” of the profession as a phenomenon linked to the contemporary social conjecture or as an unfortunate tendency.
Antoine PROST: Inferior or Innovative? The Secondary Education of Girls (1880-1887) Girls’ secondary education was a pragmatic construction. A few years after its creation, in 1887, a first appraisal revealed its adaptation to social realities and its dependence on local contexts. Within the framework of the law that intended secondary education for girls to be inferior to that of boys, analysis of the subject matter taught and the pedagogical organisation reveals the concern to invent a relatively brief education in general culture. This project featured numerous innovations that progressively disappeared in the effort to align the girls’ system with secondary education for boys – innovations that deserve to be remembered.
Yves VERNEUIL: The Société des agrégées, between Feminism and esprit de corps (1920-1948) The feminine Société des agrégées was established in 1920 along the same lines as the masculine Société des agrégés founded in 1914. The masculine example established categorial distinctions that would appear to challenge the possibility of creating a united feminine teaching profession. In reality, women teachers had to continue to support each other since numerous male teachers, especially agrégés, opposed their demands. In the 1930s, the Société des agrégées became more concerned with issues specific to that category of teacher, even if it became more involved in the feminist movement and the majority of its leaders were close to the CGT trade union. However, the merger with the masculine Société des agrégés only occurred after the Liberation of France.
Anne THOMAZEAU: The Rehabilitation of Girls in Residential Institutions (1945-1965) The post-war years were a decisive period in the renewal of methods for dealing with delinquent or maladjusted girls placed in specialized institutions. The purpose was no longer to punish but to educate in earnest these young inmates who had been placed not only for transgressions of the law but also, and above all, for the non respect of social norms, particularly those related to gender. These moral and sex-specific criteria left their mark on the education dispensed in these institutions as can be seen from an analysis of, on the one hand, the feminine models that underpinned this education – the working woman and, above all, the housewife – and, on the other hand, the specific methods of female rehabilitation, such as the fiction of the family and moral education, associated with silence concerning the body and sexuality.
Jean-Noël LUC: Françoise Mayeur (1933-2006). Arbeitsgebiete einer Historikerin Nach Abschluss ihres Studiums an der École Normale Supérieure in Sèvres wirkte Françoise Mayeur als Professorin zunächst an der Universität Lille III, danach an der Sorbonne. Ihre 1976 vorgelegte Dissertation zur Gymnasialerziehung von Mädchen zwischen 1867 und 1927 ist eine grundlegende Forschungsarbeit zu den die Einführung einer neuen Schulform und deren – im Jahr 1924 beginnende – Angleichung an das Gymnasialschulwesen für Jungen begleitenden theoretischen Überlegungen sowie zu Lehrkörper und Schülerinnen der betreffenden Einrichtungen. Wenngleich ihren Forschungen kein eigentlich aktivistischer Impetus innewohnt, leistete sie nichts desto trotz Pionierarbeit im Bereich der Frauengeschichte, die sich in Frankreich gegen Ende der 1970er Jahre entwickelte. Daneben trat sie auch mit Arbeiten zur Kirchengeschichte hervor, und dies insbesondere im Rahmen ihrer Untersuchungen zur Mädchenbildung und zum Bild der christlichen Frau. Ihr Schaffen reflektiert die fruchtbare Arbeit einer Historikern im Bereich der Frauen-, der politischen und der religiösen Bildung.
Rebecca ROGERS: Mädchenbildung: ein Überblick über 150 Jahre historischer Forschung Der Beitrag betrachtet die aktuellen Zugänge zur Geschichte der Mädchenbildung aus forschungsgeschichtlicher Perspektive, beginnend mit den Schriften republikanisch gesinnter Reformer der Dritten Republik. Der enorme Aufschwung der Sozialgeschichte in den 1970er und -80er Jahren führte zu einer großen Vielfalt der Themensetzungen, hatte aber gleichzeitig eine gewisse Vernachlässigung der Geschichte der religiösen und christlichen Bildung zur Folge, die bis heute in den bildungsgeschichtlichen Interpretationsansätzen nur einen geringen Raum einnimmt. Seit den 1990er Jahren haben, ausgehend vom angelsächsischen Raum, die durch die Perspektive des Gender geleiteten Zugänge zur Mädchenbildung neue Erklärungsmuster zur Diskussion gestellt, für die insbesondere Arbeiten zur geschlechtsspezifischen Identität von Lehrerinnen und Schülerinnen modellbildend wirkten.
Pierre CASPARD: Worauf gründet der Schulerfolg der Mädchen? Ein Beitrag zur historischen Analyse eines unerklärten Phänomens Wie anderswo, so erzielen auch in Frankreich Mädchen heute bessere schulische Ergebnisse als Jungen, zumindest während der Pflichtschuljahre und in sprachlich-literarischen Fächern. Durch einen vergleichenden Rückblick auf die schulischen Leistungen beider Geschlechter in unterschiedlichen, zum Teil sogar gegensätzlichen Kontexten, versucht der Beitrag herauszuarbeiten, dass dieser auffällige Unterschied in den schulischen Leistungen sich mindestens seit dem 18. Jahrhundert nachweisen lässt, und zwar in einem Umfang, der den heutigen Verhältnissen durchaus nahekommt. Man wird daraus auf eine gewisse Frühreife und auf bestimmte Haltungen von Mädchen schließen können, die diese relativ unabhängig von ihrem sozioökonomischen Umfeld entwickeln.Vor allem aber zeigt sich an diesen Beobachtungen eine deutliche Kontinuität zwischen den Lernzielen und intellektuellen Anforderungen vorrepublikanischer Bildungseinrichtungen und den Gegebenheiten des heutigen Schulsystems.
Antoine PROST: Untergeordnet oder richtungweisend? Die Gymnasialausbildung von Mädchen zwischen 1880 und 1887 Die Gymnasialausbildung von Mädchen war durch pragmatische Erwägungen geleitet. Einige Jahre nach ihrer Einführung stellt eine erste Bilanz des Jahres 1887 zum einen die gelungene Anpassung dieser neuen Schulform an die soziale Wirklichkeit heraus, zum anderen aber auch deren Abhängigkeit von lokalen Gegebenheiten. Aus der Analyse der Unterrichtsinhalte und ihrer pädagogischen Umsetzung in einem engeren Rahmen, als ihn der Gesetzgeber für die Gymnasialausbildung von Jungen vorgegeben hatte, lässt sich ein deutlicher Wille ablesen, eine nur wenige Schuljahre umfassende, allgemeinbildende Schulform aus der Taufe zu heben. Dieses Projekt brachte zahlreiche Neuerungen mit sich, die in der Folge durch das Ringen um eine paritätische Gymnasialausbildung von Jungen und Mädchen allmählich wieder zurückgedrängt wurden, die aber durchaus eine nähere Erwähnung wert sind.
Jean-François CHANET: Lehrerinnen in Knabenschulen. Zur Feminisierung des Grundschulwesens in Frankreich zwischen 1880 und 1920 Es gehört zu den Verdiensten von Françoise Mayeur, den durch den kulturund sozialgeschichtlichen Kontext über lange Jahre deutlich spürbaren Widerspruch zwischen einer klaren Anerkennung der Bemühungen von Frauen um das staatliche Schulwesen auf der einen Seite und den von männlicher Dominanz geprägten Gesellschaftsbildern und Bildungsidealen auf der anderen Seite deutlich herausgearbeitet zu haben. Der vorliegende Beitrag, der sich mit der Rolle von Frauen im Elementarschulwesen befasst und in diesem Zusammenhang besonders deren Einsatz in Knabenschulen in den Blick nimmt, versteht sich als Ergänzung zu diesen Arbeiten. Gefragt wird nach den Gründen für diese wachsende Präsenz von Frauen: Lehrermangel; Bereitschaft von Frauen, die nur über die Mindestvoraussetzungen zur Erteilung der Lehrbefugnis verfügen, wenig attraktive Stellen anzunehmen; höhere Nachfrage durch die Entkonfessionalisierungsgesetze; Kriegseinsatz der männlichen Lehrer zwischen 1914 und 1918, usw. Dabei stellt die Einführung eines identischen Gehalts für beide Geschlechter im Jahr 1919 zweifelsohne einen bedeutenden Fortschritt in der französischen Frauengeschichte dar; dies ändert jedoch nichts daran, dass die Schulverwaltung diese Feminisierung des Lehrkörpers bis in die Mitte der Dreißiger Jahre als ein tendenziell bedauerliches, konjunkturbedingtes Phänomen betrachtet.
Yves VERNEUIL: Die „Société des agrégées“ zwischen Feminismus und korporativem Denken (1920-1948) Die „Société des agrégées“ (Vereinigung der Gymnasiallehrerinnen) wurde 1920 gegründet und orientierte sich am Muster der schon 1914 entstandenen Vereinigung männlicher Kollegen. Die bloße Existenz dieses Vereins männlicher Lehrer scheint das Zusammengehörigkeitsgefühl des weiblichen Lehrkörpers in Frage zu stellen; dennoch müssen die Lehrerinnen sich weiterhin gegenseitig unter die Arme greifen, da zahlreiche männliche Lehrer, insbesondere aus der Gruppe der Gymnasiallehrer, ihren Forderungen ablehnend gegenüberstehen. In den 1930er Jahren vertritt die Vereinigung der Gymnasiallehrerinnen immer stärker korporalistische Positionen, obwohl sie sich auch in der Frauenbewegung engagiert und ihre Leiterinnen mehrheitlich der CGT nahestehen. Die Zusammenlegung mit dem maskulinen Parallelverein erfolgt erst nach Ende des Zweiten Weltkriegs.
Anne THOMAZEAU: Die Umerziehung von Mädchen in Internaten (1945-1965) Die Betreuungsmethoden für straffällig gewordene oder schwer erziehbare minderjährige Mädchen in eigens dafür geschaffenen Einrichtungen verändern sich in der Nachkriegszeit in bemerkenswerter Weise. Es geht nun nicht mehr allein um Bestrafung, sondern um eine wirkliche Erziehung dieser jungen Mädchen, die aus Gründen, die in den wenigsten Fällen in einer Übertretung von Gesetzen, sondern meist in einer Verletzung sozialer und geschlechtlicher Normen liegen, in staatliche Einrichtungen eingewiesen wurden. Diese moralischen Kriterien normkonformen geschlechtlichen Verhaltens drücken der Internatserziehung ihren Stempel auf, wie der Beitrag durch einen zweifachen Ansatz zu zeigen versucht: zum einen durch eine Analyse der Modelle weiblichen Verhaltens, die in der Internatserziehung vermittelt werden sollen: das Modell der Arbeiterin und, vor allem, das der Hausfrau; zum anderen durch eine Untersuchung der spezifischen Inhalte der Umerziehung von Mädchen, wie die Fiktion der Familie und die Moralerziehung, gepaart mit einer Nichterwähnung von Körperlichkeit und Sexualität.
Jean-Noël LUC: Françoise Mayeur (1923-2006). Los territorios de una historiadora Antigua alumna de l’ENS de Sèvres, Françoise Mayeur fue profesora en la universidad de Lille y después en la Sorbona. Su tesis de doctorado de letras defendida en 1976, La enseñanza secundaria de las chicas, 1867-1927, es una obra fundadora que estudia a la vez la nueva rama escolar, los debates que ésta suscita, sus personales, sus alumnas y su asimilación a partir de 1924, a la enseñanza secundaria masculina. Aunque se mantuvo al margen de cualquier movimiento militante, Françoise Mayeur no deja de ser una precursora de la historia de las mujeres, que se desarrolla en Francia a partir de finales de los años 1970. También se interesó por la historia religiosa, en particular en el marco de sus investigaciones a propósito de la escolarización de las chicas y de la educación y la imagen de la mujer cristiana. Su obra ilustra el empeño fecundo de una historiadora en obras articuladas en torno a la educación, las mujeres, la política y la religión.
Rebecca ROGERS: La educación de las chicas: un siglo y medio de historiografía Este artículo examina la genealogía de nuestros enfoques actuales de la historia de la educación femenina desde los escritos de los republicanos reformadores de la III República. El fuerte desarrollo de la historia social de los años 1970 y 1980 lleva a una gran diversidad de temáticas, pero tiende a descuidar la enseñanza cristiana y religiosa que aparece poco integrada en los grandes esquemas interpretativos de la historia de la educación. A partir de los años 1990, los enfoques en término de género de la enseñanza femenina, emitidos en particular por los anglófonos, dan lugar a otra renovación con estudios sobre las identidades sexuadas de los profesores y de los alumnos.
Pierre CASPARD: ¿De qué depende la superioridad de las chicas? Contribución al análisis histórico de un problema En Francia como en otras partes, las chicas tienen hoy mejores resultados escolares que los chicos, por lo menos en edad de escolaridad obligatoria y en el área de la literatura. Remontando en el pasado para comparar los resultados de chicas y chicos en contextos escolares diferentes, y hasta opuestos, se demuestra que las primeras se llevaron la palma, por lo menos desde el siglo XVIII, y en proporciones cercanas a las que se observan hoy. Esta invariancia parece atestar una precocidad y aptitudes relativamente independientes de los contextos socioeconómicos; atestigua sobre todo la continuidad entre los objetivos y las exigencias intelectuales de la escuela pre-republicana, y los de la escuela actual.
Antoine PROST: ¿Inferior o novadora? La enseñanza secundaria de las chicas (1880-1887) La enseñanza secundaria femenina es una construcción pragmática. Algunos años después de su creación, en 1887, un primer balance evidencia su adaptación a las realidades sociales y su dependencia de los contextos locales. El análisis de sus contenidos y de su organización pedagógica, en un marco que la ley quiso inferior al de los chicos, pone de manifiesto la voluntad de inventar una enseñanza corta de cultura general. Este proyecto constaba de numerosas innovaciones que la conquista de una paridad con la enseñanza secundaria de los chicos hizo desaparecer paulatinamente, pero que no por eso no merecen ser recordadas.
Jean-François CHANET: Maestras para los chicos. La feminización de la primera enseñanza en Francia, de los años 1880 a los años 1920. Françoise Mayeur hizo hincapié en la permanente contradicción francesa entre una valorización real de la participación de las mujeres en el esfuerzo de educación nacional y la persistencia de una concepción global de la Escuela y de la sociedad que refleja la posición dominante de los hombres y el apego a su mantenimiento. Este artículo propone completar la demostración examinando la plaza ocupada por las mujeres en la primera enseñanza y particularmente cuando tenían chicos por alumnos. Se analizan aquí las razones de esta presencia creciente de las mujeres: crisis del reclutamiento masculino, aceptación por las mujeres titulares del simple diploma elemental de los puestos menos buscados, necesidades debidas a las leyes de laicización, movilización de los maestros en 1914-1918. Aunque la igualación de las pagas en 1919 sea un progreso notable en la historia de las mujeres en Francia, no impide que hasta mediados de los años 1930, la administración de la instrucción pública siga mirando la “feminización” del cuerpo como un fenómeno coyuntural o una tendencia deplorable.
Yves VERNEUIL: La Société des agrégées, entre feminismo y espíritu de categoría (1920-1948) En 1920, se forma la Société des agrégées, tomando por modelo la de los agrégés fundada en 1914. El ejemplo masculino parece poner en tela de juicio el sentimiento de unidad del cuerpo docente femenino. En realidad, las mujeres profesoras deben seguir respaldándose, ya que numerosos profesores masculinos, en particular entre los agrégés, se oponen a sus reivindicaciones. Por los años 1930, la Société des agrégées toma un aspecto más categorial, a pesar de que se empeña más en el movimiento feminista y de que sus dirigentes son mayoritariamente simpatizantes de la CGT (Confederación General de los Trabajadores). Sin embargo, la fusión con la sociedad masculina sólo se lleva a cabo después de la Segunda Guerra Mundial.
Anne THOMAZEAU: La reeducación de las chicas en los internados (1945-1965) Los años de posguerra constituyen un período determinante para la renovación de los métodos necesarios al hacerse cargo de las menores de edad delincuentes o inadaptadas, colocadas en instituciones especializadas. La finalidad no es castigar, pero realmente educar a estas chicas encerradas por haber transgredido la ley, pero también, y sobre todo por no respetar las normas sociales, particularmente las de género. Estos criterios morales y sexuados imprimen su sello sobre la educación llevada a cabo en internado, como lo revela un análisis, por una parte, de los modelos femeninos sobre los que se apoya esta colocación – el de trabajadora, y, sobre todo, el de ama de casa- y, por otra parte, de los métodos específicos de la reeducación femenina, como la ficción familiar y la educación moral, asociadas a un silencio en lo relativo al cuerpo y a la sexualidad. Résumés traduits en anglais par Nigel Briggs, en allemand par Gérard Bodé et en espagnol par Nuria Serrano.
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