Revue Histoire de l'éducation - numéro 109
janvier 2006
Sommaire:
Andrée DUFOUR : Les premières enseignantes laïques au Québec : le cas de Montréal, 1825-1835
Jean-Paul DELAHAYE : Les francs-maçons et la laïcisation de l'école. Mythes et réalités
Philippe MARCHAND : Histoire et commémoration. A propos du bicentenaire des lycées (1802-2002)
Illustration de la couverture :
Jean Macé.
Photothèque Musée national de l'Éducation
Notes critiques
G. COULON: L’enfant en Gaule romaine (A. Bérenger-Badel) ; A. MOSS: Les recueils de lieux communs (P. Hummel); Y. VERNEUIL: Les agrégés. Histoire d’une exception française (J.-M. Chapoulie) ; R. ROGERS : La mixité dans l’éducation (F. Mayeur) ; A. ASCENZI, R. SANI: Il libro per la scuola tra idealismo e fascismo (M. Colin) ; S. ISRAEL : Les normaliens dans la tourmente, 1939-1945 (E. Picard) ; B. EKLOF, L. E. HOLMES,V. KAPLAN (ed.): Educational Reform in Post-Soviet Russia (L. Coumel) ;A. TCHERNYCHEV : L’enseignement de l’histoire en Russie de la Révolution à nos jours (A. Bruter)Comptes rendus
S. NEGRUZZO : Identità ed educazione nell’ Alsazia moderna (L. Châtellier); Mademoiselle de MORTEMART: Le journal d’une enfant pendant l’été 1769 (P. Caspard) ; D. BOISSON (prés.) : Le journal de S. Dupont de la Motte, 1771-1776 (D. Julia) ; A. COSTA RICO: Historia da educación e da cultura en Galicia (A. Novoa) ; G. TISON : Le roman de l’école au XIXe siècle (C. Cardon-Quint); P.-A. PONSON DU TERRAIL: Le nouveau maître d’école (G. Tison) ; A. DUFOUR, M. DUMONT: Brève histoire des institutrices au Québec (R. Rogers) ; R. d’ENFERT,D. LAGOUTTE : Le dessin à l’école de 1800 à nos jours (A. Lahalle) ;H. TERRAL: « Hussards noirs » en Midi toulousain (M. Grandière) ; H. GISPERT(dir.) : L’école et ses contenus (F. Locher) ; A. DALANÇON: Histoire du SNES. T. 1 (Y. Verneuil) ; E. ZOTTOS : Santé, jeunesse ! (A.-M.Châtelet) ; J.-F. MASSOL: De l’institution scolaire de la littérature française, 1870-1925 (C. Cardon-Quint) ; N. HULIN: Sciences naturelles et formation de l’esprit (F. Locher) ; D. KARNAOUCH: La presse corporative et syndicale des enseignants (P. Caspard-Karydis) ; T. SCAILLET, F. ROSART(dir.) : Scoutisme et guidisme en Belgique et en France (F. Mayeur) ; L. PAZZAGLIA(dir.) : La Scuola, 1904-2004 (M. Colin) ; R. CAZALS (prés.) : Le réseau de Borieblanque (E. Picard)
Andrée DUFOUR: Les premières enseignantes laïques au Québec. Le cas de Montréal, 1825-1835 Cet article montre la contribution des enseignantes laïques à la formation de la jeunesse vivant en milieu urbain au Québec dans le premier tiers du XIXe siècle. Montréal, ville mi-francophone, mi-anglophone à l’époque, a été choisie comme terrain d’enquête. Comme ailleurs en Occident, ces femmes se sont approprié avec succès la tâche d’instruire les enfants et les jeunes filles. L’enseignement devient pour plusieurs d’entre elles une carrière valorisante, un métier rentable qu’elles pratiquent auprès d’une clientèle diversifiée dans un cadre d’autonomie ou de relative autonomie. On ne peut leur attribuer une volonté de professionnalisation. Il reste que leurs efforts auront permis la scolarisation d’un nombre considérable de jeunes enfants et aux filles de poursuivre leur scolarité au-delà du primaire, et cela, avant que l’État ne prenne, en milieu urbain comme en milieu rural, l’initiative de l’instruction publique.
Jean-Paul DELAHAYE: Les francs-maçons et la laïcisation de l’école. Mythe et réalités Sous le Second Empire et au début de la Troisième République, le réseau des loges maçonniques a permis le débat entre les républicains au moment où se pense puis se met en place l’instruction publique gratuite, obligatoire et laïque. Mais, à côté de cette contribution essentielle de la franc-maçonnerie, l’article met aussi en évidence les profondes divisions que la question laïque provoque chez les francs-maçons, en particulier quand il s’agit de débattre de la liberté de l’enseignement ou encore de la laïcisation des programmes. Est mise en lumière la violence des polémiques qui les ont opposés, notamment chez les parlementaires francs-maçons dont on peut suivre, pour la première fois, les prises de parole et les votes à la Chambre des députés et au Sénat. Cette étude apporte ainsi un démenti définitif à l’existence d’un plan maçonnique pour laïciser l’instruction publique, contrairement à ce qu’ont pu dire les adversaires de la franc-maçonnerie et, parfois, les francs-maçons eux-mêmes.
Philippe MARCHAND: Histoire et commémoration : le bicentenaire des lycées (1802-2002) « Du colloque à l’exposition rétrospective, du catalogue à l’édition exhumatrice, l’anniversaire est devenu la pierre d’angle de tout programme intellectuel ». Ce propos de Pierre Nora s’est vérifié à l’occasion de l’inscription dans les Célébrations nationales de la Loi générale sur l’instruction publique du 11 floréal an X - 1er mai 1802, matrice de l’enseignement secondaire français. Si la commémoration des lois fondatrices de l’École républicaine avait suscité de nombreuses manifestations et publications, il faut reconnaître qu’il n’en a pas été de même pour le bicentenaire de la loi de l’an X: trois colloques nationaux et internationaux, une journée d’études et quelques ouvrages. C’est peu. Mais les regards pluriels portés, trop rarement sans doute dans une perspective comparatiste, sur le devenir de cette loi donnent une esquisse de ce qui pourrait être une histoire totale de l’enseignement secondaire aux XIXe et XXe siècles. Dans ces quelques pages, il ne peut être question de rendre compte de toutes les contributions aujourd’hui publiées. Notre attention s’est portée sur quelques thèmes, la naissance du lycée, le modèle français en Europe, les enseignements, les acteurs, l’enseignement secondaire féminin, les bâtiments et les équipements sans oublier les réformes et les mutations dont l’enseignement secondaire n’a cessé de faire l’objet depuis deux siècles.
Andrée DUFOUR: The First Laywomen teachers in Quebec. Montreal, 1825-1835 This article highlights the contribution of the laywomen teachers to the education of the urban youth of Quebec in the first third of the 19th century. The area chosen for investigation is Montreal, a half English and half Frenchspeaking town at that time. As elsewhere in the Occidental world, these women successfully took over the task of instructing boys and girls. Teaching became for several of them a fulfilling career, a profitable profession that they exercised with a diversified clientele within a framework of total or relative autonomy. They cannot be credited with a conscious wish for professionalization. Nevertheless, their efforts provided schooling for a large number of children and enabled girls to continue their education beyond the primary level, well before the State took the initiative in public instruction in both urban and rural areas.
Jean-Paul DELAHAYE: The Freemasons and the Laicization of School. Myth and Realities Under the Second Empire and the beginning of the French Third Republic, the network of Masonic Lodges enabled debate among the Republicans at the time of the conception and then the implementation of free, compulsory and lay public instruction. Yet, alongside this essential contribution of Freemasonry, this article brings to light the profound divisions that the lay issue provoked within the Freemasons, particularly concerning the debate over the freedom of teaching or the laicization of school programmes. The spotlight is turned on the violence of the controversies that split them, especially among the Masonic representatives who – for the first time – we shall follow through their speeches and votes in the Chamber of Deputies and the Senate. Thus, this study provides a definitive refutation of the existence of a Masonic plan to laicize public instruction, contrary to what the opponents of Freemasonry and, even sometimes Freemasons themselves, have claimed.
Philippe MARCHAND: History and Commemoration: the Bicentenary of the Lycée (French secondary school) (1802-2002) “From symposium to retrospective exhibition, from catalogue to exhuming publication, the anniversary has become the cornerstone of every intellectual programme”. These words of Pierre Nora proved to be true of the inscription in the calendar of National Celebrations of the General Law on Public Instruction of 11 Floreal Year X – 1st May 1802, the mould for French secondary education. If the commemoration of the founding laws of Republican Education had been the occasion of numerous events and publications, it must be admitted that this was not the case for the bicentenary of the law of Year X – three national and international symposia, a one day study event and a few works. Little, indeed. Yet the plural views, all too rare from a comparatist perspective, on the evolution of this law give the outlines of what could be a complete history of secondary education in the 19th and 20th centuries. In these few pages, accounting for all of the currently published contributions is out of the question. We concentrated on several themes: the birth of the lycée; the French model in Europe; the teaching; the actors; secondary education for girls; the buildings and equipment; not to forget the reforms and mutations that secondary education has ceaselessly been subjected to over two centuries.
Andrée DUFOUR: Montréal zwischen 1825 und 1835 als Beispiel für die ersten Lehrerinnen in Québec, die keine Ordensschwestern waren. Der Artikel zeichnet den Beitrag keinem Orden angehörender Lehrerinnen zur Ausbildung der städtischen Jugend in Québec im ersten Drittel des 19. Jahrhunderts nach. Als halb französisch-, halb englischsprachige Stadt wurde Montréal als Untersuchungsgegenstand ausgewählt. Wie in allen westlichen Ländern haben diese Frauen die Aufgabe, Kinder und junge Mädchen zu unterrichten, erfolgreich übernommen. Für eine ganze Reihe von ihnen wurde das Lehrerinnendasein zu einem prestigeträchtigen Beruf, zu einer auch finanziell lohnenden Beschäftigung, die sie vor einem breit gefächerten Publikum selbständig, oder doch zu zumindest relativ selbständig, ausüben konnten. Man kann ihnen keinen eigentlichen Professionalisierungswillen zuschreiben. Dennoch steht fest, dass ihre Bemühungen die Schulausbildung einer bedeutenden Zahl kleinerer Kinder möglich machten und dass sie den Mädchen gestatteten, ihre schulische Ausbildung im Anschluss an die Elementarschule fortzusetzen und dies lange bevor der Staat sich anschickte, im städtischen wie im ländlichen Milieu ein öffentliches Schulwesen durchzusetzen.
Jean-Paul DELAHAYE: Freimaurer und Entkonfessionalisierung der Schule. Mythos und Wirklichkeit. Im zweiten Kaiserreich und in den Anfängen der dritten Republik ermöglichten die netzartig verteilten Freimaurerlogen eine konstruktive Auseinandersetzung zwischen den Verfechtern der Republik gerade zu jener Zeit, als die kostenlose, obligatorische und entkonfessionalisierte Schulausbildung als Denkmodell aufkam und schließlich eingeführt wurde. Neben diesem wesentlichen Beitrag der Freimaurerei legt der Beitrag allerdings auch die tiefen Diskrepanzen offen, die in der Frage der Entkonfessionalisierung zwischen den Freimaurern herrschten, insbesondere wenn es um Probleme wie die Freiheit der Schulbildung oder die Entkonfessionalisierung der Lehrpläne ging. Die Heftigkeit dieser polemischen Auseinandersetzungen, insbesondere zwischen Freimaurern, die gleichzeitig Abgeordnete waren, wird dabei deutlich herausgestellt. Zum ersten Mal lassen sich hier die Wortmeldungen und das Abstimmungsverhalten dieser Gruppe in der Abgeordnetenkammer und im Senat nachverfolgen. Entgegen anderslautender Behauptungen von Gegnern der Freimaurerei, bisweilen auch von Freimaurern selbst, widerlegt der Beitrag damit endgültig die Vorstellung, die Freimaurerei habe eine Entkonfessionalisierung der Schulbildung im Sinn gehabt.
Philippe MARCHAND: Geschichte und Gedenkfeier : Zum zweihundertjährigen Jubiläum der Gymnasien (1802-2002) “Vom Kolloquium bis zur Gedenkausstellung, vom Katalog bis zur Sonderausgabe ist das Jubiläum zum Grundstein jedes geistigen Programms geworden”. Diese Aussage Pierre Noras bestätigt sich mit Blick auf die Feierlichkeiten zum zweihundertsten Jahrestag des als Grundstein des französischen Sekundarschulwesens geltenden Schulgesetzes über die nationale republikanische Volksschule vom 11. Floreal anno X (11. Mai 1802), die zu einer regelrechten Nationalfeier gerieten. Man kann nicht umhin, darauf hinzuweisen, dass die Gedenkfeier zum Jahrestag der die Einführung der republikanischen Schule begründenden Gesetzgebung zahlreiche Veranstaltungen und Veröffentlichungen nach sich zog, während dergleichen weitgehend ausblieb, als sich das Gesetz des Jahres X zum zweihundertsten Mal jährte: drei nationale und internationale Symposien, ein eintägiges Kolloquium und ein paar Buchtitel, das ist nicht viel. Aber die ganz unterschiedlich perspektivierten, wenngleich wohl zu selten komparatistisch angelegten Betrachtungen zum Entwicklungsgang dieses Gesetzes vermitteln doch einen ersten Eindruck darüber, wie eine vollständige Geschichte des Sekundärschulwesens im 19. und 20. Jahrhundert aussehen könnte. In diesem kurzen Beitrag kann es nicht darum gehen, einen Überblick alle bis dato erschienenen Veröffentlichungen zu geben. Das Augenmerk liegt vielmehr auf einigen wenigen Themen: der Geburt des Gymnasiums, dem französischen Modell in Europa, den Unterrichtsinhalten, den beteiligten Personengruppen, der Sekundarschulbildung der Mädchen, den Schulgebäuden und deren Einrichtung, und schließlich auch auf den Reformen und Veränderungen, die die Sekundarschulbildung im Laufe der letzten beiden Jahrhunderte immer wieder erlebt hat.
Andrée DUFOUR: Las primeras profesoras laicas en Quebec. El caso de Montreal, 1825-1835 Este artículo muestra la contribución de las profesoras laicas en la formación de la juventud que vivía en Montreal en el primer tercio del siglo XIX. Montreal, ciudad medio francófona, medio anglófona en aquella época, fue eligida como terreno de investigación. Como en otros lugares de Occidente, estas mujeres hicieron suya, con sumo éxito, la tarea de instruir a los niños y a las chicas.La enseñanza se convierte para muchas en una carrera gratificante, un oficio rentable que llevan a cabo ante una clientela diversificada en un marco de autonomía o de relativa autonomía. No se les puede atribuir una voluntad de profesionalización. Sin embargo, sus esfuerzos permitieron que un gran número de niños fueran escolarizados y que las chicas prosiguieran sus estudios más allá de la primera enseñanza, y esto, antes de que el Estado tomara la iniciativa de la instrucción pública tanto en medio urbano como en medio rural.
Jean-Paul DELAHAYE: Los masones y la laicización de la escuela. Mitos y realidades Bajo el Segundo Imperio y a principios de la Tercera República, la red de las logias masónicas ha permitido el debate entre los republicanos en el momento en que se concibe y se instala la instrucción pública, gratuita, obligatoria y laica. Pero además de esta contribución esencial de la masonería, el artículo hace hincapié sobre las profundas divisiones que la cuestión laica provoca entre los masones, en particular cuando se trata de discutir de la libertad de la enseñanza o de la laicización de los programas. Se evidencia la violencia de las polémicas que les opusieron, en particular, entre los parlamentarios masones cuyas intervenciones y votaciones en la Cámara de Diputados y en el Senado pueden seguirse por primera vez. Este estudio desmiente así definitivamente la existencia de un plan masónico para laicizar la instrucción pública, a la inversa de lo que pudieron decir los adversarios de la masonería y, a veces, los mismos masones.
Philippe MARCHAND: Historia y conmemoración: el bicentenario de los institutos (1802-2002) “Del coloquio a la exposición retrospectiva, del catálogo a la edición exhumadora, el aniversario se ha convertido en la piedra angular de todo programa intelectual” Esta declaración de Pierre Nora se comprobó con motivo de la inscripción en las Celebraciones nacionales de la Ley sobre la instrucción pública del 11 floreal año X - 1ro de mayo de 1802, matriz de la enseñanza secundaria francesa. Si la conmemoración de las leyes fundadoras de la Escuela republicana había suscitado numerosas manifestaciones y publicaciones, hay que reconocer que no sucedió lo mismo con motivo del bicentenario de la ley del año X : tres coloquios nacionales e internacionales, una jornada de estudios y algunas obras. Poca cosa. Pero las miradas plurales fijadas sobre el devenir de esta ley, sin duda muy escasamente en una perspectiva comparatista, ofrecen un compendio de lo que podría ser una historia total de la enseñanza secundaria en los siglos XIX y XX. En estas pocas páginas, no se trata en absoluto de dar cuenta de todas las contribuciones publicadas hoy día. Nos hemos interesado por algunos temas, el nacimiento del instituto, el modelo francés en Europa, el personal docente, los actores, la enseñanza secundaria femenina, los edificios y los equipamientos, sin olvidar las reformas y los cambios llevados a cabo en la enseñanza secundaria desde hace dos siglos.
|