Revue Histoire de l'éducation - numéro 94

L'examen. Évaluer, sélectionner, certifier
XVIe-XXe siècles

Sommaire - Résumés

Contents - Summaries

Inhalt - Zusammenfassungen

Illustration de la couverture :
L'examen - huile sur toile 103x175cm de Albert ANKER. Kunstmuseum Bern (Suisse). Détail ici

 

 

Sommaire - Résumés:

Bruno BELHOSTE: L'examen: une institution sociale

Pierre CASPARD : Examen de soi-même, examen public, examen d'État.

Daniel TOUSSAINT : Un examen pour les instituteurs : le brevet de capacité de l'instruction primaire dans le département de la Somme, 1833- 1880

André CHERVEL : Le baccalauréat et les débuts de la dissertation littéraire (1874-1881)

Bruno BELHOSTE : Anatomie d'un concours. L'organisation de l'examen d'admission à l'École polytechnique de la Révolution à nos jours.

Jérôme MARTIN : Aux origines de la « science des examens », 1920-1940

Philippe MARCHAND: Un chantier à ouvrir : l'histoire du baccalauréat

Christophe DUBOIS, Marie-Edith NAUD : Les copies d'examen : conditions actuelles de collecte et de conservation

 

Contents - Summaries:

Bruno BELHOSTE: Examinations : a social institution

Pierre CASPARD : Self examination, public examination and State examination.

Daniel TOUSSAINT : An Exam for Primary School Teachers : the primary school teacher's diploma in the department of the Somme, 1833- 1880

André CHERVEL : The Baccalauréat and the literary essay at its early stages

Bruno BELHOSTE : Anatomy of an exam: the organization of entrance examination to the Ecole polytechnique, from the French Revolution up to the present days

Jérôme MARTIN : The origins of the "science of examinations", 1920- 1940

Philippe MARCHAND: A piece of work to be in hand : the history of Baccalauréat, 1808-1940

Christophe DUBOIS and Marie-Edith NAUD : Examination scripts : current conditions of collecting and preservation

Inhalt - Zusammenfassungen:

Bruno BELHOSTE : Zur gesellschaftlichen Bedeutung von Prüfungen

Pierre CASPARD : Selbstüberprüfung - öffentliche Prüfung - Staatsprüfung.

Daniel TOUSSAINT : Eine Eingangsprüfung für zukünftige Volksschullehrer: der Befähigungsnachweis für Elementarschullehrer im Departement Somme 1833-1880

André CHERVEL : Das Abitur und die Anfänge des Literaturaufsatzes (1874-1881)

Bruno BELHOSTE : Anatomie eines "Concours". Die Eingangsprüfung der Ecole polytechnique von der Revolution bis heute

Jérôme MARTIN: Zu den Anfängen der "Examenswissenschaft", 1920- 1940

Philippe MARCHAND: Ein weites und noch kaum beackertes Feld : die Geschichte des französischen Zentralabiturs

Christophe DUBOIS, Marie-Edith NAUD : Prüfungsunterlagen und Schülerarbeiten - Überlegungen zu ihrer Sichtung und archivarischen Konservierung

 

 

 

Résumés

Bruno BELHOSTE: L'examen: une institution sociale

Cet article introductif propose quelques pistes de réflexion sur le thème de l'examen scolaire, considéré comme une exemple d'institution sociale. Il distingue pour cela l'épreuve, à laquelle sont soumis les candidats, du verdict, qui fixe leur sort. L'ensemble constitue à la fois un rite de passage, conduisant d'un univers à un autre, et un rite d'institution, imposant un ordre légitime dans sa sphère d'efficacité. L'article suggère ensuite une typologie des examens fondée sur des critères fonctionnels, distinguant principalement entre ceux dont la fonction dominante est sociale et ceux dont la fonction dominante est scolaire. Enfin, à titre d'hypothèse, est avancée l'idée selon laquelle les examens du premier type se sont tendanciellement transformés en examens du second type au cours des deux derniers siècles.

 

Pierre CASPARD : Examen de soi-même, examen public, examen d'État.

De l'admission à La Sainte-Cène aux certificats de fin d'études, XVIe-XIXe siècles Cet article propose la première analyse systématique de ce qu'a été, pendant près de trois siècles, l'examen auquel devaient réussir les jeunes chrétiens pour être admis à la communion eucharistique. Analysée dans un cadre régional, celui de la Principauté protestante de Neuchâtel (Suisse), l'histoire de cet examen révèle la part considérable des facteurs non-théologiques dans les objectifs assignés aux enfants des deux sexes, comme dans la réussite dont ils témoignent. Les divers acteurs sociaux ont en effet voulu qu'au travers de cet examen fût dessiné, pour l'ensemble de la jeunesse, un même horizon de connaissances et de compétences intellectuelles que la famille, l'école et l'Eglise devaient concourir à faire atteindre. Ainsi conçu, l'examen s'est avéré d'une efficacité remarquable. Dès les années 1830, le taux d'illettrés est inférieur à 3 % chez les jeunes conscrits, alors que l'Etat commence seulement à s'intéresser à l'instruction publique et à construire ses propres dispositifs d'évaluation, de certification et de contrôle qui finiront, plus tard dans le siècle, à cantonner l'examen d'admission à la cène dans la sphère proprement religieuse.

 

Daniel TOUSSAINT : Un examen pour les instituteurs : le brevet de capacité de l'instruction primaire dans le département de la Somme, 1833- 1880

Depuis 1816, une obligation nouvelle s'impose à tout futur maître du primaire, celle de posséder un brevet de capacité obtenu après le succès à un examen. Cette obligation est étendue aux institutrices laïques en 1819 et aux membres des congrégations enseignantes masculines en 1831. Mais la loi du 28 juin 1833 marque une étape essentielle dans l'histoire de ces examens. En plaçant les commissions d'instruction primaire au coeur du dispositif, en rendant les examens publics, en exigeant des connaissances solides, Guizot, puis ses successeurs, font de l'examen une institution reconnue. Les candidats et candidates sont de plus en plus nombreux à s'y préparer, à l'école normale ou dans d'autres établissements ; ils ambitionnent de conquérir le seul diplôme qui ouvre aux carrières de l'enseignement primaire et certifie un ensemble de savoirs constitutifs d'une culture primaire. Sa possession, obtenue après la réussite à des épreuves de plus en plus difficiles, participe bien, entre Guizot et Ferry, à la construction du nouveau corps des instituteurs primaires.

 

André CHERVEL : Le baccalauréat et les débuts de la dissertation littéraire (1874-1881)

En juillet 1881 s'ouvre la première session du nouveau baccalauréat ès lettres réformé par Jules Ferry. La composition latine est supprimée et les candidats doivent rédiger une « composition française sur un sujet de littérature ou d'histoire ». C'est un tournant majeur dans l'histoire des humanités classiques. Si la mesure a bien été préparée dès 1880 par les nouveaux programmes, l'enseignement secondaire n'a pas encore élaboré le nouvel exercice scolaire qu'on baptisera plus tard la « dissertation littéraire ». Les sujets proposés aux candidats en 1881 et les années suivantes restent proches des exercices traditionnels que sont l'analyse, le discours ou la rédaction du cours. Il faudra une seconde réforme, vingt ans plus tard, pour asseoir solidement la dissertation de la classe de première sur les nouvelles méthodes de l'explication de texte. L'article s'attache à montrer dans quelles conditions le discours latin a cédé la place à la composition française, pourquoi le baccalauréat subit alors une crise profonde, et les solutions qui se sont imposées d'elles-mêmes

 

Bruno BELHOSTE : Anatomie d'un concours. L'organisation de l'examen d'admission à l'École polytechnique de la Révolution à nos jours.

Depuis sa fondation, en 1794, l'École polytechnique recrute ses élèves par un concours. L'article présente une étude détaillée de l'organisation de l'examen et de son évolution, des origines jusqu'à nos jours. Sous la Révolution se met * lower sixth form / eleventh grade HE94.221a232.resum 5/08/03 12:23 Page 225 226 Résumés - Summaries - Zusammenfassungen en place le système des centres d'examen, puis des tournées d'examinateurs. Pendant longtemps, l'examen est exclusivement oral. C'est seulement à partir du milieu du XIXe siècle que des épreuves écrites sont organisées. Ces épreuves ne jouent un rôle majeur, pour l'admissibilité, qu'après la Seconde Guerre mondiale. Plus généralement, le concours se transforme progressivement en une machinerie complexe assurant de manière uniforme et impersonnelle le filtrage et le classement des candidats. Alors qu'à l'origine, l'examen oral roule exclusivement sur les mathématiques, d'autres connaissances et compétences sont peu à peu prises en compte, à l'écrit et à l'oral. Depuis le début des années 1990, l'ouverture de l'École à de nouveaux candidats - jeunes filles, élèves issus d'autres filières de formation, étrangers - a tendu à remettre en cause l'hégémonie des mathématiques et, plus largement, les principes sur lesquels reposait l'organisation du concours de l'École polytechnique depuis sa fondation.

 

Jérôme MARTIN : Aux origines de la « science des examens », 1920-1940

La docimologie - ou sciences des examens - est apparue dans les années 1920 à l'initiative de scientifiques comme Henri Piéron et Henri Laugier. Elle s'inscrit dans le développement de la psychologie appliquée (travaux d'Alfred Binet et d'Édouard Toulouse) et du mouvement d'éducation nouvelle. Elle a voulu utiliser des méthodes objectives d'évaluation ; pour cela, elle s'est attachée à démontrer les lacunes et les insuffisances des examens traditionnels, notamment le certificat d'études primaires et le baccalauréat. Elle s'est appuyée sur l'essor du mouvement d'orientation professionnelle qui proposait de nouveaux objectifs éducatifs et de nouvelles pratiques d'évaluation. Sans connaître une véritable institutionnalisation, la docimologie a clairement influencé les débats sur l'école unique et la mise en oeuvre de nouvelles méthodes pédagogiques.

 

Philippe MARCHAND: Un chantier à ouvrir : l'histoire du baccalauréat

L'histoire des examens s'est considérablement enrichie depuis quelques années avec des ouvrages portant sur l'histoire du certificat d'études primaires, sur l'histoire de l'agrégation. En revanche, on ne sait toujours pas grand-chose sur l'histoire du baccalauréat dont la création remonte au décret du 17 mars 1808 fondateur de l'Université. Cette note rappelle la bibliographie dont les titres les plus intéressants pour le chercheur datent de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Le baccalauréat a été à l'origine de la production d'archives abondantes dont on essaie de préciser la constitution en partant des textes officiels. Les documents produits par cet examen sont aux Archives nationales et dans les archives départementales. La note attire l'attention sur les documents les plus significatifs et apporte quelques informations sur les dépôts d'archives les plus prometteurs.

 

Christophe DUBOIS, Marie-Edith NAUD : Les copies d'examen : conditions actuelles de collecte et de conservation

La collecte des copies d'examen est un enjeu essentiel pour la constitution de la mémoire de l'histoire de l'éducation. Les travaux d'élèves et leur évaluation ont été très longtemps délaissés par l'ensemble des acteurs chargés de l'archivage de ce type de documents. La communauté des archivistes et des historiens a apporté une première réponse à cette lacune en 1970 par une circulaire globale de sauvegarde des archives de l'Education nationale et plus spécifiquement en 1975 par une circulaire consacrée aux examens et concours. Le bilan de la conservation des copies d'examen, plus particulièrement présentes dans les fonds des archives départementales, laisse toutefois apparaître des échantillons très hétérogènes et très inégaux sur l'ensemble du territoire national. Une nouvelle circulaire sur les archives de l'éducation, dont la parution est prévue pour l'automne 2003, essaiera de donner le cadre d'une collecte plus fidèle à la production des travaux d'élèves.


Summaries

Bruno BELHOSTE: Examinations : a social institution

This opening article offers different lines of thinking focusing on school examinations regarded as an example of social institution. It distinguishes the test in itself which candidates are subjected to from the verdict that settles their fate. Both form a rite of passage leading from one world to another and a rite of institution in its sphere of efficiency. The article then proposes a typology of examinations based on functional criteria, distinguishing those whose prevailing function is social from those whose prevailing function is academic. Finally, the possibility is suggested that examinations of the former type have tended to turn into examinations of the latter type over the last two centuries.

 

Pierre CASPARD : Self examination, public examination and State examination.

From the admission to the Holy Communion to final diplomas of primary schools, 16th-19th centuries This article offers the first systematic analysis of what was the nearly three century old examination young Christians had to pass to take part in the eucharistic communion. The history of this examination which is analyzed in a regional context (that of the principality of Neuchâtel, in Switzerland) reveals how great the amount of non theological factors was in both the attainment targets set for children of both sexes and the success met at the exams. There was a social willpower to provide all young people with a common background of knowledge and intellectual skills that the family, the school and the church contributed to developing. Thus devised, the examination proved to be remarkably effective. As early as 1830 the rate of illiterate people went below 3% among the young conscripts at a time when the State only started tackling public sector education and putting together its own appraisal devices, certification and tests, restricting later on during the century the entrance examination to Holy Communion to the strictly religious sphere.

 

Daniel TOUSSAINT : An Exam for Primary School Teachers : the primary school teacher's diploma in the department of the Somme, 1833- 1880

From 1816 onwards, any would-be primary school teacher had to submit to a new obligation : that of holding a diploma after sitting an examination. This obligation applied to secular female teachers in 1819 and also to members of the male teaching congregations in 1831. However, the law of June 28, 1833 became a milestone in the history of those examinations. Guizot, and his successors later on transformed this examination into a recognized practice by giving a central place to primary education commissions, by making the examinations public and by requiring sound knowledge. There was a growing number of male and female candidates preparing for the entrance exam to teacher training schools or other establishments. It was their ambition to obtain the only diploma that offered a career in primary education and that guaranteed all the requisites for primary school culture and knowledge. Obtaining the diploma after passing increasingly difficult examinations contributed to the setting up of the new body of primary school teachers.

 

André CHERVEL : The Baccalauréat and the literary essay at its early stages

The first session of the new Arts baccalauréat overhauled by Ferry began in July 1881.The Latin composition was suppressed and candidates had to write a 'French composition on a subject of literature or history'. This was a major turning point in the history of the humanities. Though the measure adequately fitted into the new curriculum as early as 1880, the secondary education system had not yet initiated the new school exercise which was later called the "literary essay". The examination questions put to the candidates in 1881 and in the following years remained close to such traditional exercises as analysis, composition and lesson tests. A second reform was necessary, some twenty years later to firmly base the essay of the class of première* on the new methods of textual analysis. The article attempts to show in which conditions the Latin composition gave way to the French essay, why the baccalauréat found itself in a real predicament, and the self-explanatory solutions chosen at the time.

 

Bruno BELHOSTE : Anatomy of an exam: the organization of entrance examination to the Ecole polytechnique, from the French Revolution up to the present days

Since it was founded in 1794, the École polytechnique has recruited its students through a competitive entrance examination. This article offers a detailed study of how this examination has been organized and has evolved up to the present days. Under the 1789 Revolution, examination centres and later on tours of examiners were set up. This examination long remained exclusively oral. It is only from the middle of the 19th century onwards that written tests have been organized. These tests had a significant role for the eligibility to sit the oral part of the exam only after the Second World War. More generally this competitive examination has gradually been transformed into a complex machinery which now carries out the grading and screening of candidates in a uniform and impersonal way. Whereas the oral exam was originally only related to mathematics, other skills and knowledge have gradually been taken into account both in oral and written tests. From the beginning of the 1990s the Ecole has been open to new candidates - young women, pupils from other training courses and foreigners-, which has tended to call into question the hegemony of mathematics and to a greater extent, the principles on which the entrance examination for the École polytechnique has been organized since its foundation.

 

Jérôme MARTIN : The origins of the "science of examinations", 1920- 1940

The analysis of tests and exam results appeared in the 20's thanks to scientists like Henri Piéron and Henri Laugier. It was part of the development of applied psychology (works by Alfred Binet and Edouard Toulouse) and of the new education movement. Unbiased appraisal methods were used; in doing so, there were attempts to show the deficiencies and inadequacies of traditional examinations, particularly the primary school diploma and the baccalauréat. The rise of the vocational orientation which offered new teaching objectives and new assessment methods supported that evidence. Though it has never truly been institutionalized, the analysis of tests and exam results has clearly influenced debates on the French one school system and the implementation of new teaching methods.

 

Philippe MARCHAND: A piece of work to be in hand : the history of Baccalauréat, 1808-1940

The history of examinations has for several years become considerably richer thanks to works concerning the history of the primary school certificate (formerly obtained by pupils at the end of primary school) and the history of the agrégation (the high-level competitive examination for recruiting teachers). On the other hand, one still knows very little about the history of the baccalauréat whose creation dates back to the decree of March 17, 1808, which founded University. This article lists its bibliography, whose most interesting titles for the researcher go back to the end of the 19th century and the first half of the 20th century. The baccalauréat has started off the production of extensive archives; one is now trying to define how they have been put together by taking official texts as a starting point. The documents produced by this examination can be found at the National Archives and in departmental archives. This article draws one's attention on the most significant documents and brings some information about the most promising archive centres.

 

Christophe DUBOIS and Marie-Edith NAUD : Examination scripts : current conditions of collecting and preservation

The collecting of examination scripts is a major stake in the building-up of the memory of the history of education. The pupils' papers and assessments have long been neglected by all those in charge of filing this type of document. The archivist and historian community have made up this deficiency by issuing a first decree in 1970 specifying that all archives of the French education should be safeguarded, and more particularly in 1975 those concerning exams and competitive examinations. However, findings concerning examination scripts, which can be found in greater numbers in the collections of departmental archives, have indicated very heterogeneous and uneven samples throughout the country. A new decree regarding educational archives - whose publication is due next autumn - will attempt to redefine the terms of the collecting which should be more faithful to the production of pupils'scripts.


Zusammenfassungen

Bruno BELHOSTE : Zur gesellschaftlichen Bedeutung von Prüfungen

Ausgehend von der Überlegung, dass Prüfungen aller Art auch eine wichtige gesellschaftliche Bedeutung haben, wird in diesem Einleitungsaufsatz versucht, eine Reihe grundlegender Einsichten und weiterführender Fragestellungen zu deren Funktion zu formulieren. Dabei geht es auf der einen Seite um die Prüfungen als solche, auf der anderen Seite um deren Ergebnis und die individuellen Konsequenzen für die weitere Laufbahn des einzelnen Prüflings. Beides zusammen stellt gleichzeitig einen Übergangsritus und einen Einsetzungsritus dar. Der Beitrag stellt eine an funktionalen Kriterien orientierte Typologie der Prüfungen zur Diskussion, wobei insbesondere zwischen Prüfungen mit überwiegend sozialem und solchen mit überwiegend schulischem Impetus unterschieden wird. Schließlich wird die Hypothese formuliert, ob nicht im Laufe der letzten beiden Jahrhunderte die Prüfungen des ersten Typs sich zunehmend denen des zweiten Typs angeglichen haben.

 

Pierre CASPARD : Selbstüberprüfung - öffentliche Prüfung - Staatsprüfung.

Von der Konfirmandenprüfung zu der Schulabschlussprüfung, 16.-19. Jahrhundert In einem zeitlich weit gefassten Durchlauf durch drei Jahrhunderte versucht der Beitrag erstmals die Entwicklung der Prüfung systematisch darzustellen, der sich junge Christen im Rahmen der Vorbereitung auf die Konfirmation unterziehen mussten. Regionaler Bezugsrahmen ist die protestantische Gemeinde von Neuenburg (Schweiz). Dabei wird deutlich, dass nicht theologische Faktoren sowohl bei der Festlegung der Unterrichtsinhalte für beide HE94.221a232.resum 5/08/03 12:23 Page 222 Résumés - Summaries - Zusammenfassungen 223 Geschlechter als auch bei der Bewertung der Prüfungsergebnisse eine bedeutende Rolle spielen. Es ging den sozialen Akteuren offensichtlich darum, mit Hilfe dieser Prüfung für die gesamte Jugend einen identischen Bildungshorizont abzustecken, um dessen Erreichung man sich in Familie, Schule und Kirche beständig bemühen sollte. Die so konzipierte Prüfung erwies sich als ausgesprochen wirkungsvoll. Seit den 1830er Jahren liegt der Prozentsatz der Schreibunkundigen bei den Rekruten unter 3%, obwohl die Bemühungen um eine allgemeine Schulbildung von staatlicher Seite gerade erst beginnen. Entsprechende Evaluationen, Leistungskontrollen und Abschlusszertifikate stecken noch in den Kinderschuhen, führen dann aber im Laufe des 19. Jahrhunderts dazu, dass die Konfirmandenprüfung immer mehr in die eigentliche religiöse Sphäre verwiesen wird.

 

Daniel TOUSSAINT : Eine Eingangsprüfung für zukünftige Volksschullehrer: der Befähigungsnachweis für Elementarschullehrer im Departement Somme 1833-1880

Wer vorhatte, als Elementarschullehrer sein Brot zu verdienen, musste seit 1816 eine wichtige Voraussetzung erfüllen: er musste einen Befähigungsnachweis erwerben und sich dafür einer Prüfung unterziehen. Seit 1819 galt diese Vorschrift auch für zukünftige Volksschullehrerinnen im Laienstand, seit 1831 für männliche Mitglieder der in der Laienbildung tätigen Ordensgemeinschaften. Das Gesetz vom 18 Juni 1833 stellt einen wichtigen Schritt in der Geschichte dieser Prüfungen dar. Guizot setzte eine spezielle Prüfungskommission ein, ließ die Öffentlichkeit zu den Prüfungen zu und verlangte den Kandidaten solide Kenntnisse ab, wodurch der Befähigungsnachweis zu einer allgemein anerkannten Einrichtung wurde. Immer mehr männliche und weibliche Prüflinge unterzogen sich ihr in Normalschulen oder vergleichbaren Einrichtungen; immer ging es darum, das einzige Diplom zu erwerben, das eine Laufbahn als Elementarschullehrer möglich machte und die Beherrschung eines soliden Grundwissens attestierte. In der Zeit zwischen Guizot und Ferry trug dieses Zertifikat, das durch immer schwierigere Prüfungen erworben werden musste, entscheidend zur Ausbildung des neuen Berufsstandes des Volksschullehrers bei.

 

André CHERVEL : Das Abitur und die Anfänge des Literaturaufsatzes (1874-1881)

Im Juli 1881 wird das neue von Jules Ferry reformierte literarische Abitur erstmals abgenommen. Der Aufsatz in lateinischer Sprache ist weggefallen, und die Kandidaten müssen stattdessen - eine entscheidende Neuerung in der Geschichte der klassischen humanistischen Bildung - einen Aufsatz in französischer Sprache über eine Thema aus der Literatur oder der Geschichte anfertigen. Zwar sind im Rahmen dieser Neuerung seit 1880 neue Unterrichtsprogramme eingeführt worden, doch hat sich im Unterricht selbst die neue Übung, die man später als "Literaturaufsatz" bezeichnen wird, noch nicht entwickelt. Die Themen, die den Kandidaten 1881 und in den folgenden Jahren zur Bearbeitung angeboten werden, haben sich noch kaum von den traditionellen Übungen (Analyse, Abhandlung über oder Zusammenfassung einer Unterrichtseinheit) entfernt. Es war vielmehr 20 Jahre später eine zweite Reform notwendig, um die neuen Methoden der Textanalyse im Aufsatzunterricht der Unterprima fest zu verankern. In dem Beitrag soll gezeigt werden, unter welchen Bedingungen die Abhandlung in lateinischer Sprache durch den Reflexionsaufsatz in französischer Sprache abgelöst wurde. Auch geht es darum, zu hinterfragen, warum dieser Prozess das Abitur an sich in eine tiefe Krise stürzte, und mit welchen Mitteln diese aufgelöst wurde.

 

Bruno BELHOSTE : Anatomie eines "Concours". Die Eingangsprüfung der Ecole polytechnique von der Revolution bis heute

Seit seiner Gründung im Jahr 1794 rekrutiert die Ecole polytechnique in Paris seine Anwärter mit Hilfe einer Eingangsprüfung. Der Beitrag versucht die ursprünglichen Zielsetzungen dieser Prüfung und ihrer Entwicklung bis heute möglicht detailgetreu nachzuzeichnen. Während der Revolution werden feste Prüfungsstätten eingerichtet, die später einem Modus weichen mussten, bei dem die Prüfer im Land umherreisten. Über lange Zeiträume war die Prüfung selbst ausschließlich mündlich; erst um die Mitte des 19. Jahrhunderts ging man dazu über, schriftliche Prüfungen abzunehmen. Bis zum Ausgang des zweiten Weltkriegs spielen diese Prüfungen aber als HE94.221a232.resum 5/08/03 12:23 Page 226 Résumés - Summaries - Zusammenfassungen 227 Zugangsvoraussetzungen keine ausschlaggebende Rolle; erst danach entwickelte sich die Eingangsprüfung zu jenem hoch komplexen Räderwerk, das bis heute uniform und unpersönlich die Kandidaten nach ihren individuellen Leistungen selektiert und klassifiziert. Während die mündlichen Prüfungen der Anfangsjahre ausschließlich mathematische Kenntnisse im Blick hatten, wird später sowohl bei der schriftlichen als auch bei der mündlichen Eingangsprüfung eine Fülle anderer Kenntnisse und Kompetenzen vorausgesetzt. Seit Beginn der 1990er Jahre wird - bedingt durch die Öffnung der Schule für andere Anwärtergruppen : Mädchen, aus anderen Schultypen und -zweigen kommende Schüler, Ausländer - die Hegemonie der Mathematik und diverse andere Prinzipien, an denen sich die Zulassungsprüfung seit ihren Anfangszeiten orientierte, zunehmend in Frage gestellt.

 

Jérôme MARTIN: Zu den Anfängen der "Examenswissenschaft", 1920- 1940

Die Dozimologie - oder Examenswissenschaft - kam in den 1920er Jahren auf Betreiben von Wissenschaftlern wie Henri Piéron oder Henri Laugier auf. Sie gehört in den Bereich der angewandten Psychologie und der HE94.221a232.resum 5/08/03 12:23 Page 227 228 Résumés - Summaries - Zusammenfassungen Reformpädagogik; man vergleiche dazu etwa die arbeiten von Alfred Binet oder Edouard Toulouse. Es ging darum, objektivere Bewertungskriterien zu entwickeln und einzusetzen, weshalb man sich darum bemühte, die Probleme und Fehler traditioneller Prüfungsverfahren, etwa im Rahmen der Hauptschulabschluss- oder Abiturprüfung, aufzuzeigen. Man stützte sich auf die aufkommenden Bewegungen zur Berufsfindung, in deren Rahmen neue pädagogische Ziele formuliert und neue Evaluationsmethoden erarbeitet wurden. Ohne dass es zu einer wirklichen Institutionalisierung dieser Praktiken kam, hat die Dozimologie doch die Debatten um die Gesamtschule und die Einführung neuer pädagogischer Konzepte nachhaltig beeinflusst.

 

Philippe MARCHAND: Ein weites und noch kaum beackertes Feld : die Geschichte des französischen Zentralabiturs

Die Geschichte der Prüfungen und Prüfungsstoffe ist in Frankreich in den letzten Jahren durch wichtige Beiträge zur Geschichte des Hauptschulabschlusses (certificat d'études) und der Einstellungsprüfung für Gymnasiallehrer (agrégation) bereichert worden, doch weiß man noch vergleichsweise wenig über die Geschichte der durch das Dekret vom 17. März 1808 eingeführten Hochschulreifeprüfung. Der Beitrag gibt einen Literaturbericht zu diesem Thema, wobei die ältesten für die Forschung wichtigen Titel vom Ende des 19. Jahrhunderts datieren. Im Zusammenhang mit dem Abitur fiel in großem Umfang Verwaltungschriftgut an, das im Pariser Nationalarchiv und in verschiedenen Departementsarchiven lagert und hier anhand offizieller Verlautbarungen kurz skizziert werden soll. Dabei ist der Blick auf die charakteristischsten Textzeugnisse zu richten und kurz auf die für die Fragestellung einschlägigsten Archivbestände einzugehen.

 

Christophe DUBOIS, Marie-Edith NAUD : Prüfungsunterlagen und Schülerarbeiten - Überlegungen zu ihrer Sichtung und archivarischen Konservierung

Die Sammlung und Erhaltung von Prüfungsarbeiten ist ein wichtiger Baustein zur Erinnerungskultur im Bereich der Schulgeschichte. Schülerarbeiten und Richtlinien für ihre Bewertung sind von den mit der Archivierung dieser Textsorten betrauten Berufsgruppen lange relativ wenig beachtet worden. Erst in jüngerer Zeit haben Archivare und Historiker sich bemüht, hier Abhilfe zu schaffen - zunächst 1970 in einem allgemeinen Erlass zur Sicherung des Archivguts des Erziehungsministeriums, dann 1975 in einem Erlass zu Eingangs- und Abschlussprüfungen. Trotz der Vielzahl von textproduzierenden Einrichtungen, des enormen Anwachsens der Textproduktion und des Fehlens speziellen Personals oder regelrechter Archivdienste in den weit verstreuten Verwaltungen haben Berufsarchivare in diesem Bereich erste Ergebnisse erzielt, allerdings mehr im Bereich des bei der Planung und Durchführung der Prüfungen anfallenden Verwaltungsschriftguts als bei den Schülerarbeiten an sich. Nichts desto trotz lässt sich zusammenfassend festhalten, dass es entsprechende Bemühungen vor allem in den Departementsarchiven gibt; die entsprechende Auswahl ist allerdings sehr heterogen und kaum wirklich repräsentativ, vor allem was die Verteilung über das gesamte Staatsgebiet angeht. Ein neuer Erlass zum Archivgut aus dem Bildungswesen ist für Herbst 2003 vorgesehen; er soll die Rahmenbedingungen für eine repräsentativere Sichtung und Konservierung von Schülerarbeiten abstecken.

 

 

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