Comité national de suivi du 10 janvier 2001

L'ordre du jour était le suivant :

Comment présenter des résultats contextualisés utiles à chacune des équipes pédagogiques ?
Présentation d'un outil construit à partir d'une analyse factorielle et susceptible d'aider les écoles et les équipes académiques de recherche
A terme, comment présenter des résultats d'ordre plus général à chacun des décideurs ?

En avant-propos, Monsieur Volck pour la FCPE attire l'attention de l'INRP sur l'actualisation de l'espace école primaire du site Internet. Les délais apparaissent trop longs (mise en ligne du dossier thématique "La place et le rôle des parents dans l'école" par exemple).

Madame Perrin-Naffakh, Présidente du CNS et Directrice de l'INRP entend la remarque et assure que l'Institut travaille actuellement avec la volonté d'une plus rapide actualisation de son site tout en garantissant une veille scientifique rigoureuse.

  1. Informations et échanges sur le projet de recherche présenté par Sylvain Broccholichi (département PPAE, crésas)

D. Sénore pour la mission Ecole primaire de l'INRP indique en préambule, à propos de la recherche de Monsieur Broccholichi, que les questions d’éthique et de déontologie apparues lors du dernier Comité National de Suivi sont levées, suite à des échanges entre l'équipe du CRESAS, Hubert Montagner et Etiennette Vellas.

Madame Perrin-Naffakh précise que le projet de recherche de Monsieur Broccholichi sera soumis en mars 2001 au Conseil Scientifique de l'INRP. L'objectif de la présentation de ce jour est de permettre aux membres du CNS de poser les questions qu'ils jugeront nécessaires pour en comprendre les enjeux et pour repérer les articulations de ce projet avec celui de la mission Ecole primaire de l'INRP.

M. Broccholichi présente son projet de recherche ; un texte est joint à sa présentation.

Le lien de ce projet de recherche avec la mission Ecole primaire résulte essentiellement de l’implication des chercheurs CRESAS dans la recherche 1er degré et du travail du groupe transversal de l’INRP dans un rôle d'accompagnateurs d'équipes. Le projet est donc sous-tendu par les mêmes préoccupations que la recherche premier degré.

Sur ces bases, constat est fait que l'accompagnement revêt des formes fort différentes d'une académie à l'autre, d'une équipe à l'autre, d'une école à l'autre. Cependant, le dénominateur commun demeure que tous ces échanges inter-catégoriels ont permis la catalyse et l'épanouissement d'une vraie réflexion sur les pratiques pédagogiques des enseignants. Jamais cela ne s’était produit auparavant. Les enseignants prennent pour un fait nouveau et exemplaire cet accompagnement non hiérarchisé.

Aussi convient-il de relever précisément les besoins d'accompagnement des écoles et les conditions de réussite de celui-ci.

D'autre part, les questions d’évaluation des effets des organisations sur les résultats des élèves reviennent de manière récurrente et forte dans les propos des enseignants. Ici encore, ces demandes et ces attentes mettent en évidence des besoins d'accompagnement et de formation pour les écoles.

Les différents dispositifs mis en place par la recherche apportent des éléments de réponses. Ce thème mérite d’être approfondi. Pour une approche complémentaire à celle de la mission école primaire, il a semblé nécessaire de travailler avec une série de sites d’écoles (quinze écoles) avec lesquelles l'équipe de recherche se propose de travailler de façon approfondie.

Monsieur Sénore pour la mission école primaire souligne l'importance de l’articulation et de la complémentarité entre les travaux.

Monsieur Montagner confirme que l'exposé fait par Monsieur Broccholichi lève les ambiguïtés. Il avait été dit, que par rapport à d'autres organismes de recherche, une "recherche sur la recherche" n'était pas acceptable. Mais ce qui est présenté aujourd'hui apparaît bien comme un complément de la recherche École Primaire. Il faut se réjouir que des compétences se rallient.

Précision est demandée sur ce que recouvre précisément la notion d'accompagnateur d'équipes.

Monsieur Broccholichi indique que le mot accompagnement sert à distinguer des tentatives pour créer de nouvelles conditions de travail, hors hiérarchie, sans pour autant faire de l'observateur une personne totalement neutre et extérieure par rapport au sujet de recherche étudié. Ce postulat implique une nouvelle façon de travailler ("cheminer avec, aider à avancer"). C’est cette démarche qu’il s’agit d’étudier pour déterminer les différentes modalités et en juger les pertinences.

Le terme d'accompagnement a suscité de nombreux débats. Des conceptions différentes de cette notion se sont exprimées, que ce soit par les Inspecteurs de l'Education Nationale, les conseillers pédagogiques, les professeurs d'IUFM ou les professeurs d'université. Il y a vraisemblablement plusieurs manières d’être avec. Mais un consensus, semble-t-il, s'est opéré qui s'oriente vers une mutualisation des compétences et vers l'émergence d'une intelligence collective.

Monsieur Montagner insiste sur le traitement délicat de la question de l'évaluation car les chercheurs sont ici confrontés à une double évaluation : comprendre l’effet de l’accompagnement des équipes tout en repérant et évaluant les bénéfices que peuvent en retirer les enfants-élèves. D'où l'importance de construire une démarche, une méthodologie de l’évaluation.

Monsieur Mary pour la conférence des directeurs d'IUFM, propose que, l'expérience de La Main à la Pâte, où les premiers effets positifs sont observés de la même manière et où l'accompagnement apporte tout à la fois des connaissances scientifiques et didactiques, puisse servir de référentiel possible.

Monsieur Broccholichi conçoit qu'au-delà d'une intéressante étude comparative qui pourrait être faite à l’intérieur du dispositif ou avec un dispositif extérieur comme celui de La main à la pâte, ou encore le travail de recherche sur la rénovation du système scolaire genevois, se pose surtout la question du choix des sites.

Monsieur Volck pour la FCPE note qu'il est peut-être encore trop tôt pour saisir les complémentarités entre la recherche école primaire et la recherche qui est présentée aujourd'hui. Il demeure important qu'il n’y ait pas, sur le terrain pour les acteurs, les enseignants ou parents, confusion des genres : la réponse à la question "Qui fait quoi et pourquoi ?" doit être sans ambiguïté. Deux années ont contribué à tenter de mettre en place un dispositif clair et partagé. Il convient donc d'être extrêmement prudent pour ne pas générer de confusion sur les objectifs ; le risque d'échec serait alors important.

Monsieur Deleuze, pour le SGEN-CFDT, demande s'il est déjà prévu comment l’ensemble des équipes pourrait tirer profit de cette recherche.

Monsieur Broccholichi affirme que tous les outils, les résultats doivent être diffusés. L'objectif étant de repérer et d'étudier les sites où des conditions favorables ont permis un travail en profondeur pour faire en sorte que d'autres écoles bénéficient de ces mêmes conditions..

Madame Perrin-Naffakh s'interroge sur l'incidence que peut avoir ce travail sur la politique scolaire, mais également sur le secteur recherche.

Monsieur Montagner reconnaît qu'il conviendra, certainement assez rapidement, de produire un document qui définisse précisément les différentes acceptions tout autant que les spécificités du terme recherche accompagnement.

Madame Perrin-Naffakh conclut sur la première réussite que représente cette complémentarité entre différents départements et mission au sein de l'INRP. Elle souhaite que ce succès augure pour cet institut, une manière de travailler plus transversale.

  1. La recherche premier degré dans les académies, où en sont les équipes de recherche ?

Madame Perrin-Naffakh avait noté un flottement, un fléchissement de la conviction quant à la continuation et la pertinence de cette opération et avait fait part de cette inquiétude auprès du Directeur de la Desco, à la mi-octobre.

En effet, à la rentrée de septembre 2000, certaines académies n’étaient plus assurées de la continuation des travaux face à une fin annoncée de la Charte et de la pertinence de celle-ci. Quelle place ce dispositif occupait-il dans la mise en place du Conseil National de l'Innovation pour la Réussite Scolaire que préside Madame Vaillé ?

Face aux légitimes interrogations des différents acteurs engagés, le Ministre de l'Education Nationale a donné son accord pour que Madame Perrin-Naffakh s’adresse aux Recteurs dans un message "bref mais vif".

La directrice de l'INRP a alors pu souligner que la recherche Ecole primaire continuait en accord avec la tutelle ministérielle. Pour que cette recherche prenne toute son ampleur un soutien institutionnel (INRP, Desco, Académie) et un soutien politique sans faille des Recteurs, des Inspecteurs d'Académie et des IEN sont essentiels.

La question de la continuation de la recherche Ecole primaire ne fait pas débat.

A la suite de ce message adressé à l'ensemble des Recteurs, une rencontre s'est tenue réunissant certains d'entre eux (Aix-Marseille, Lille, Nancy-Metz, Rouen, Toulouse), les chefs de projet de ces mêmes académies, le Directeur de l'INRP et la mission école primaire. Au-delà des propos riches échangés lors de cette réunion, sa portée symbolique est manifeste.

Un appel pressant est donc adressé à la DESCO : dès lors que cette opération existe, dès lors qu'elle est encouragée, dès lors que cette recherche a un coût, elle doit être encouragée. Les Recteurs sont saisis, mais il conviendrait aussi que les Inspecteurs d'Académie reçoivent un signe fort indiquant que cette recherche est importante et qu'elle a du sens.

En conclusion, Monsieur Sénore pour la mission Ecole primaire, renouvelle l'importance d'un message, même à petit bruit à condition qu’il soit clair et incitatif, à destination des Inspecteurs d'Académie dans leur département.

Les recteurs sont convaincus du bien fondé de ce travail. Les chercheurs sont rendus audibles par les praticiens.

En marge de cette intervention, Monsieur Volck pour la FCPE, s'interroge néanmoins sur le pouvoir de "résistance passive" de certains Inspecteurs d'Académie, alors même que la consigne rectorale semble claire et déterminée et Monsieur Sénore souhaite faire avec la Desco un point précis sur l’utilisation des quinze emplois de décharge premier degré mis à disposition des départements.

Monsieur Sénore reprend la parole pour dresser un rapide panorama de la situation dans les académies. Le compte - rendu de ce panorama n'est pas relaté ici, les éléments exprimés étant extrêmement évolutifs et certains points demandant encore des éclaircissements.

Ceci étant, le SGEN s'inquiète du peu de retour qui lui revient des écoles. Ce silence témoigne peut-être d'un manque d’enthousiasme de la hiérarchie à relancer une démarche affaiblie.

Face à la diversité et face à l'hétérogénéité des situations constatées, Madame Geneix, pour le SNUIPP, propose que l'INRP adresse en direct un courrier aux écoles de l'échantillon de manière à connaître leur situation réelle en matière notamment d'accompagnement. Outre l'information recueillie, il est légitime, par simple correction vis à vis d'équipes, qui à un moment ou un autre se sont engagées dans une démarche volontaire, de leur écrire. Une vision réelle et concrète de l'échantillon serait alors possible. La proposition est retenue.

La FCPE confirme ce peu de retour et craint un manque d’implication directe dans les écoles, dans les départements. Elle s'inquiète également pour les écoles dans les académies où il n'y a plus de chef de projet (Martinique et Versailles).

Monsieur Montagner, à l'écoute de ce qui vient d'être dit, pense qu'il est essentiel pour le CNS de connaître le plus précisément possible les difficultés et la nature de celles-ci. Cette volonté impose une circulation encore plus grande des informations.

Au-delà, et dans une société ultra médiatisée, il convient de passer peut être plus souvent par les médias, de les convier aux différentes manifestations que cette recherche génère. Cette lisibilité, rendue ainsi possible, donnerait de nouveaux élans et une valorisation plus forte encore aux différents projets et sujets étudiés.

Ainsi et à titre d'exemple, il peut être envisagé d'avoir recours à une vidéo construite avec une équipe professionnelle. La proposition sera étudiée.

  1. Le livret d'accompagnement numéro 3 :
  • Comment présenter des résultats contextualisés utiles à chacune des équipes pédagogiques ?
  • Présentation d'un outil construit à partir d'une analyse factorielle et susceptible d'aider les écoles et les équipes académiques de recherche
  • A terme, comment présenter des résultats d'ordre plus général à chacun des décideurs ?

Monsieur Sénore présente la démarche de travail, construite autour de trois principaux axes de travail :

  • Premier axe : une analyse locale sous la conduite directe des équipes académiques de recherche et équipes pédagogiques,
  • Deuxième axe : une analyse générale sous la conduite de la mission Ecole primaire,
  • Troisième axe : une analyse globale sous la conduite conjointe de la mission école primaire et des équipes académiques.

L'ensemble de ces analyses étant à terme disponible sur le site Internet de l'INRP sur un espace restreint soumis à un code d'accès. En effet tous ces éléments sont des documents de travail et la nécessaire obligation de veille scientifique impose cette restriction.

  • L'analyse locale doit pouvoir reprendre le thème d'étude retenu par l'équipe pédagogique afin de problématiser si nécessaire celui-ci, doit pouvoir construire et utiliser des outils spécifiques afin de procéder à différents types d'observation et d'investigation. Elle doit permettre également de retenir et choisir des indicateurs afin de procéder à une évaluation locale, pour à terme produire les premières recommandations contextualisées.
  • L'analyse plus générale reprend l'ensemble des questions et objets de recherche déjà formulés (600 questions pour un corpus de 12000 mots) afin d'établir un "catalogue des objets de recherche" et de proposer quelques possibles classifications (par Académie, selon les quatre entrées du livret 2 ou à partir des dictionnaires de fréquence et des co-occurrences des mots utilisés par exemple). Ces différentes classifications permettant de conduire, autour d'un certain nombre de "mots-clés" retenus, les premières analyses d'ordre sémantique (que veulent dire ces mots?).
  • Enfin, une analyse globale à partir d'une analyse factorielle en composantes principales sur une indexation des mots clés faites par les écoles peut permettre la construction d'une dizaine d'axes de positionnement à partir desquels chaque école pourrait s'identifier tout en déclinant sa réponse contextuelle qu'elle apporte aux thématiques retenues par ces différents axes. Outre la démarche de recherche accompagnement qui constitue un premier élément transférable dans une application à dominante formation par exemple, ces axes ou ces "curseurs" seraient autant d'outils mis à la disposition de tous les acteurs éducatifs. Une illustration de ce que pourrait produire ces analyses est présentée par Monsieur Duret, pour la mission Ecole primaire.

Monsieur Montagner se réjouit de l’utilisation des techniques multifactorielles et se propose de mettre en contact la mission école primaire avec un spécialiste patenté de ce type d'analyses.

Madame Perrin-Naffakh s'interroge cependant sur la frontière entre ce qui est intellectuellement séduisant et ce qui constituerait de véritables outils, au sens utile du terme, pour les équipes de recherche et les équipes pédagogiques.

Madame Geneix, pour le SNUIPP, émet des réserves sur cette volonté de généralisation de l'innovation et souhaite qu'une extrême prudence soit respectée face à ce qui pourrait apparaître comme une modélisation standard et imposée.

En conclusion sur cette démarche de travail, il est rappelé par l'ensemble du CNS que :

  • La notion de recommandations contextualisées définies dans le livret d'accompagnement numéro un reste de très grande actualité sans exclure l'étude de toute transférabilité possible,
  • Dans le même temps, la recherche ne doit pas être dédouanée de l'obligation de production de résultats généralisables.

Appel à contribution des membres du CNS pour un nouveau bulletin de communication "Le point sur…"

Un appel à contribution est adressé à tous les membres du CNS pour la réalisation du bulletin de communication "Le point sur…" la recherche vue par les différents partenaires. Objectif de parution : fin mars 2001. Les contributions sont attendues pour le 15 mars 2001.