La 6ème Biennale

Contribution longue recherchée

Atelier : Nouvelles compétences et nouveaux apprentissages ? dont le sous-groupe 'philo'


Titre : LES PRATIQUES A VISEE PHILOSOPHIQUE EN A.I.S. FACILITENT-ELLES L'ACQUISITION DES COMPETENCES TRANSVERSALES ET DISCIPLINAIRES ?
Auteurs : BOUR Thierry / PETTIER Jean-Charles

Texte :
Présentation d'une recherche en Education de l'Institut Universitaire de Formation de Maîtres de Créteil
Financée par la Mission académique Valorisation des innovations pédagogiques du Rectorat de Créteil

Problématique générale. Depuis quelques années, les pratiques à visée philosophique se développent plus ou moins officieusement dans l'enseignement spécialisé. Si de nombreux bénéfices sont régulièrement constatés par les différents acteurs de ces démarches (structuration de la pensée des enfants, développement de l'esprit critique, socialisation, " re-narcissisation " des élèves en échec scolaire, acquisitions langagières, culturelles etc.) aucun dispositif n'a encore tenté d'en mesurer la véritable portée en termes d'apprentissages.
Une recherche en éducation a été menée pendant l'année scolaire 2001-2002 dans la circonscription de Melun A.I.S. (Seine-et-Marne) afin de déterminer si les pratiques à visée philosophique dans l'enseignement spécialisé pouvaient faciliter l'acquisition des compétences transversales et disciplinaires.
Le cadre théorique. Le dispositif s'insère dans le cadre théorique constitué par :
- les travaux de M. Lipman (auteur du Programme de Philosophie pour Enfants) ;
- J. Lévine (fondateur de l'Atelier de philosophie A.G.S.A.S.) ;
- M.Tozzi : (travaux universitaires de recherches en didactique du philosopher) .
Il s'appuie plus particulièrement sur :
- Les analyses et applications proposées par J.-C. Pettier pour le secteur de l'A.I.S. ;
- Les mises en œuvre proposées par T. Bour en Institut Médico-Educatif .
Le cadre institutionnel. Mener ce type d'activité demeure pourtant réglementairement contestable et ne saurait constituer une fin en soi dans l'enseignement du premier degré. Le dispositif mis en œuvre a donc cherché à évaluer les éventuels bénéfices de ces pratiques au regard des exigences officielles de l'Education nationale. Les évolutions des élèves ont été mesurées à partir du référentiel de compétences en Français et en V.S.P. (Vie Sociale et Professionnelle) du C.A.P. (Certificat d'Aptitude Professionnel). Ce diplôme correspond en effet au niveau minimum de certification souhaité pour chaque élève par l'Education nationale . Il constitue également une référence pour les enseignants de S.E.G.P.A. ou dans certaines sections professionnelles ou pré-professionnelles du type I.M.Pro.
L'équipe. Après appel à candidature, six enseignants de S.E.G.P.A. et trois enseignants d'institutions accueillant des adolescents atteints de déficience intellectuelle ou de troubles à dominante psychologique ont été recrutés. Afin de tenir compte de facteurs qui pourraient influer sur les résultats, les enseignants ont été répartis en trois groupes :
- deux enseignants titulaires du C.A.P.S.A.I.S. depuis plusieurs années ;
- deux enseignants venant d'obtenir le C.A.P.S.A.I.S. ;
- deux enseignants sortant d'I.U.F.M. sans formation spécialisée.
La méthodologie. Chaque enseignant a mené dans sa classe au moins dix séances de pratiques à visée philosophique au cours de l'année scolaire 20021-2002. Elles ont pris la forme de débats argumentés organisés à partir essentiellement de dilemmes inspirés par les travaux de L. Kohlberg.
En début d'année et en fin d'année scolaire, les enseignants ont évalué tous les élèves de la classe avec lesquels ils ont conduit des activités à visée philosophique ainsi qu'une de leur classe qui ne bénéficiait pas de ces mêmes pratiques, qui a servi de classe témoin.
Après chaque séance, l'enseignant examinait le niveau de toutes les compétences de trois élèves : l'élève répertorié lors de l'évaluation initiale comme ayant le " niveau " moyen le plus bas, l'élève ayant obtenu des résultats les plus proches de la moyenne de la classe, l'élève possédant la moyenne la plus élevée. Les évolutions des élèves ont été évaluées par l'enseignant selon un barème précis en dix niveaux et au moyen d'un livret de compétences reprenant les items du référentiel du C.A.P. en Français ou en V.S.P.
Les données obtenues seront d'une part comparées à ceux des groupes étalons qui n'ont pas pratiqué les activités à visée philosophique, en mesurant les écarts entre début et fin d'année et en comparant les progrès relatifs dans chaque classe. D'autre part, on mesurera l'évolution durant l'année des trois élèves plus particulièrement étudiés.
Résultats. L'ensemble des éléments recueillis fera l'objet d'une analyse à partir du second semestre 2002. Les premières conclusions devraient être établies en avril 2003.


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