Elizabeth Medélez-Ortega
Conception d'un environnement collaboratif
multimédia pour des séances d'apprentissage du raisonnement
clinique gérées à distance
Thèse en Génie Biologique et Médicale
de l'Université Rennes 1, Rennes - 22 décembre 2004
mots clés : apprentissage assisté
par ordinateur, apprentissage coopératif, enseignement à
distance,
environnement interactif d'apprentissage, enseignement en
médecine.
Dans le cadre des études en médecine, un
des principaux objectifs est le développement chez les étudiants
des techniques pour la démarche diagnostique, en employant
la méthode d'apprentissage par raisonnement clinique (ARC).
Cette méthode d'apprentissage contextualisée en groupe est
basée sur la simulation d'une consultation médicale. Cependant,
la distance physique qui sépare les enseignants et leurs
étudiants, au cours des stages de pratiques cliniques, rend
difficile l'organisation de ces formations de type ARC.
Dans ce contexte, le propos principal de cette
thèse est l'emploi de l'informatique pendant l'enseignement
de type ARC. D'une part pour offrir aux étudiants et aux
enseignants de réaliser des séances d'apprentissage à distance.
D'autre part pour rendre cette forme d'enseignement pratique
encore plus réaliste.
Ce travail est composé de quatre parties.
Premièrement, nous définissons un modèle qui permet de décrire
les communications effectuées au sein d'un groupe de travail
coopératif. Deuxièmement, nous représentons les séances
d'ARC à partir du modèle proposé pour décrire l'ensemble
des communications effectuées. Troisièmement, nous présentons
les caractéristiques nécessaires pour mettre en place des
séances d'ARC à distance, tout en considérant les changements
liés à la séparation physique. Finalement, nous proposons
l'intégration de ressources multimédia pour enrichir le
matériel de support pédagogique employé pendant les séances
d'apprentissage. Ce matériel est plus proche des formats
que les étudiants trouveront dans leur vie professionnelle.
mél
- web
Pierre Laforcade
Méta-modélisation UML pour la conception
et la mise en oeuvre de situations-problèmes coopératives
Thèse en Informatique de l'Université
de Pau et des Pays de l'Adour, Pau - 15 décembre
2004
mots clés : EIAH, Situations-problèmes
coopératives, Plates-formes de formation à distance,
Modèles de conception, Méta-modélisation UML, Profil UML,
Composants éducatifs
Le sujet abordé par ce projet de thèse relève
du domaine des Environnements Informatiques pour l’Apprentissage
Humain (EIAH) et plus précisément de l’ingénierie des EIAH.
Nous avons dans un premier temps restreint notre champ d’étude
aux situations d’apprentissage de type situations-problèmes
coopératives. Dans un deuxième temps, nous avons choisi
d’étudier plus particulièrement comme dispositif informatique
les plates-formes de formation à distance. Nous nous intéressons
alors pour ce contexte précis aux modèles de conception
de type /design pédagogique /dont les objectifs sont de
faciliter la spécification des formations et d’agir comme
supports de réflexion et de communication pour l’équipe
pluridisciplinaire chargée de la conception. Nous avons
positionné nos objectifs comme la proposition d’un langage
de modélisation pour la conception et la mise en oeuvre
de situations-problèmes coopératives avec la prise en compte
de l’évolution actuelle des plates-formes vers des architectures
/composants/. L’orientation initiale donnée à notre travail
est de proposer le langage de modélisation sur la base d’une
spécialisation du langage visuel orienté-objet UML. Notre
approche méthodologique, basée sur une double démarche de
recherche en génie logiciel et en génie éducatif, nous a
permis de constater le manque actuel en terme de langages
et modèles en amont du processus de conception de scénarios
d’apprentissage ainsi que le besoin en réutilisation des
composants des plates-formes. Nous proposons alors de positionner
notre langage pour l’expression initiale des besoins, l’analyse
et la conception, en amont des travaux actuels formels et
standardisés pour la conception avancée. Nous proposons
d’étendre ce langage à la conception avancée de formations
en intégrant des activités pédagogiques réutilisables gérées
par des nouveaux composants éducatifs pour les plates-formes.
Notre travail propose ainsi une approche par méta-modélisation
UML : nous avons construit le langage CPM (/Cooperative
PBL Metamodel/) sous la forme du méta-modèle CPM (syntaxe
abstraite), du profil UML CPM (syntaxe concrète) et d’une
sémantique adaptée. L’utilisation de la richesse graphique
de la notation UML fournit au langage CPM la représentation
adéquate pour décrire des modèles favorisant le dialogue,
la compréhension et l’implication des différents intervenants
dans la conception de situations d’apprentissage. Nous avons
proposé un prototype d’environnement-auteur pour le langage
CPM, basé sur une adaptation d’un atelier de génie logiciel
UML existant, ainsi qu’une mise à l’essai sur un cas d’étude
concret : la situation-problème coopérative SMASH. Notre
travail a abouti également à la proposition d’un modèle
de composant éducatif CPL (Composant Pédagogique Logiciel)
basé sur une modélisation UML. Ces composants logiciels
métiers gèrent des activités élémentaires réutilisables
dans les modèles de conception en proposant de relier les
besoins pédagogiques de conception et les fonctionnalités
standards proposées par les plates-formes. Le modèle que
nous proposons permet de décrire, spécifier ces composants
CPL. Diverses expérimentations ont permis de vérifier et
valider cette proposition.
mél
- web
Daniel Mellet d'Huart
De l'intention à l'attention :
Contributions à une démarche de conception d'environnements
virtuels pour apprendre à partir d'un modèle de l'(én)action
Thèse en Informatique de l'Université
du Maine, soutenue à l'Ecole des Mines de Paris -
14 décembre 2004
LIUM
mots clés : réalité virtuelle, environnement
virtuel, méthode de conception, apprentissage, perception,
action
keywords : virtual reality, virtual environment, design
method, learning, perception, action
Cette thèse est une contribution au développement
de méthodes de conception des environnements virtuels pour
l'apprentissage. Nous entendons par environnements virtuels
pour l'apprentissage, des systèmes informatiques et techniques
qui permettent à un utilisateur d'apprendre par l'action
au sein d'un environnement artificiel. Ces systèmes font
appel aux technologies de la réalité virtuelle. La réalité
virtuelle présente, a minima, deux grandes familles d'intérêts
: (1) Elle permet à un utilisateur d'être actif et de développer
ses activités au sein de l'environnement virtuel. Sans connaître
l'informatique, l'utilisateur se concentre sur son activité
et/ou son apprentissage. (2) Elle offre une grande plasticité
quant aux façons d'y (re)présenter les données. Ce média
permet de faire passer des messages divers, sous des formes
variées allant jusqu'à créer de nouveaux modèles de médiation
perceptive. Ces caractéristiques intéressent le domaine
de l'apprentissage. Cependant, il n'en demeure pas moins
une difficulté de taille. Les approches intuitives de l'utilisation
de la réalité virtuelle pour l'apprentissage, conduisent
à reproduire, imiter ou s'inspirer de la réalité. Or, la
connaissance de l'homme et de son fonctionnement cognitif
contredit ces approches intuitives. Les savoirs actuels
sur la perception, l'action et la conscience, interrogent
nos façons d'aborder la réalité. Il nous faut donc revenir
à ces savoirs pour concevoir les environnements virtuels.
Notre approche de la conception des environnements virtuels
pour l'apprentissage sera donc contre-intuitive. La thèse
que nous développons, se fonde sur l'idée que l'intérêt
véritable de la réalité virtuelle n'est pas de permettre
de percevoir ou d'agir "comme" dans le monde "réel". Au
contraire, le véritable intérêt de la réalité virtuelle
est d'offrir à l'utilisateur, des occasions de percevoir
et d'agir comme jamais il ne pourra le faire dans le monde
"réel". Ces expériences, bousculant étrangement les références
perceptives usuelles ainsi que les références relatives
à l'action, et impliquant totalement la personne, peuvent
lui apprendre davantage sur le monde qu'une expérience directe
du monde ne le ferait. S'agissant d'une approche contre-intuitive,
celle-ci doit particulièrement être argumentée et construite.
Pour cela, nous présentons nos références théoriques, notamment,
dans les domaines de la neurophysiologie de la perception
et de l'action, et de la biologie de la cognition. S'il
fallait situer notre approche par rapport à un cadre théorique
général, ce serait celui de l'énaction. Cette approche neuro-phénoménologique,
repose sur l'idée que tout acte est incarné et qu'il émerge
dans un contexte. Sur la base de ces références théoriques,
nous avons bâti un cadre conceptuel. Il est construit autour
d'un modèle de l'action humaine afin d'en faciliter et d'en
simplifier la modélisation. Il s'organise autour d'une structure
en trois pôles (les pôles Tu, Je et Il) et de trois opérateurs
de base (potentialisation, actualisation, virtualisation).
Ce cadre permet une approche dynamique et systémique des
situations. Nos contributions méthodologiques pour la conception
des environnements virtuels, et plus particulièrement, des
environnements virtuels pour l'apprentissage, reposent sur
ce cadre conceptuel. Nous ne substituons pas notre approche
aux méthodes de conception industrielle existantes. Nous
y apportons quatre types d'éclairages complémentaires portant
:
- sur la démarche générale de conception ;
- sur l'activité humaine en environnement virtuel ;
- sur l'utilisation de la réalité virtuelle pour l'apprentissage
;
- sur les dimensions spécifiques de la réalité virtuelle.
-
Nous organisons la démarche générale
de conception en trois phases :
- une phase de préconception qui explicite les
intentions initiales et propose des anticipations
d'usage ;
- une phase de conception au sein de laquelle nous
mettons l'accent sur des données spécifiques à notre
approche ;
- une phase de postconception permettant à l'environnement
virtuel d'être utilisé au mieux de ses potentialités
par les utilisateurs finaux.
-
Concernant l'activité humaine en environnement
virtuel, nous développons :
- ne décomposition de l'action (anticipation, décision,
mise en œuvre de l'action) ;
- des niveaux de coordination de l'action (du mouvement
à l'activité complexe) ;
- des modes de construction des situations et des
contextes d'action (de la situation prototypique
à la gestion de niveaux élevés d'incertitude, de
complexité et d'exigence ).
-
Concernant l'utilisation de la réalité
virtuelle pour l'apprentissage par l'action, nous proposons
des pistes, voire quelques procédés, pouvant rendre
ces apprentissages plus faciles. Ils y concourent en
:
- facilitant la compréhension des situations et
des phénomènes afin d'améliorer l'anticipation de
l'action ;
- mettant en lumière des facteurs (émotionnels,
de contexte…) concourant à la prise de décision
et au choix de l'action ;
- aidant à la réalisation de l'action elle-même.
L'intégration de ces facteurs se fait par prise
de conscience, conceptualisation et coordination
de l'action.
-
Concernant les dimensions spécifiques
de la réalité virtuelle, nous insistons plus particulièrement
sur trois points :
- l'opération de distinctions au travers de typologies
;
- l'organisation du couplage et les interactions
récursives entre l'utilisateur, l'environnement
virtuel et l'environnement réel ;
- l'organisation des modes de (re)présentation des
données à l'utilisateur au regard d'objectifs d'apprentissage
et/ou de facilitation de l'action.
Cette approche, ambitieuse au regard des finalités
poursuivies, mais modeste au plan de ses contributions effectives,
est discutée et mise en perspective par rapport : aux recherches
restant à poursuivre ; à son utilisation par des équipes
transdisciplinaires de conception. Nos contributions portent
donc sur les démarches et les méthodes permettant de concevoir
des environnements virtuels où des utilisateurs finaux apprennent
par l'action. Le but ultime de ces investigations est simple
: apprendre doit devenir plus facile. Les méthodes de conception
des environnements virtuels pour l'apprentissage, doivent
servir ce but.
mél
- web
Gilles Dieumegard
POSSIBLES SIGNIFICATIFS ET CONSTRUCTION
D'ASSERTIONS GARANTIES EN E-FORMATION
Contribution à l'étude de l'activité d'apprenants dans un
dispositif institutionnel
Thèse en Sciences de l'Education
du Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris - 1ier
décembre 2004
mots clés : activité, apprenants,
autonomie, cours d'action, e-formation, possibles, signification,
temps
Cette recherche étudie l'activité d'apprenants
en e-formation. Elle s'incrit dans le programme de recherche
du « cours d'action », et s'appuie sur la théorie de l'enquête
de Dewey. Des données d'observation et de verbalisation
ont été collectées. Elles ont permis d'identifier les possibles
significatifs et les enquêtes menées dans l'activité des
apprenants. Une première étude a été menée avec quatre apprenants
sur un empan d'une semaine, une seconde étude avec deux
apprenants focalisait sur des séances de travail. Les résultats
ont montré que l'activité des apprenants était désynchronisée
: l'e-formation permettait un assouplissement des contraintes
temporelles, mais limitait les possibilités d'aide. Les
prescriptions des formateurs étaient structurantes, les
apprenants les interprétaient en fonction de l'ensemble
des possibles significatifs pour eux. La construction d'assertions
garanties était essentielle pour les apprenants, notamment
pour évaluer leur activité vis-à-vis des attentes des formateurs.
Des préconisations pour la conception de dispositifs qui
prennent en compte l'autonomie réelle des apprenants sont
formulées.
mél
- web
Dorothée Rasseneur-Coffinet
Saafir : un environnement support à l’appropriation
d’une formation à distance par l’apprenant
Thèse en informatique de l'université
du Maine, Le Mans - 5 novembre 2004
mots clés : EIAH, Formation à distance,
aide à l'apprenant, appropriation de la formation
Nos recherches s’inscrivent dans le domaine des EIAH (Environnements
Informatiques pour l'Apprentissage Humain) et plus particulièrement
dans les travaux de recherche menés sur l’aide à apporter
à un apprenant suivant une formation à distance via un dispositif
informatique de formation via Internet. Dans ce contexte,
nous proposons de greffer un système aux dispositifs informatiques
de formation existants pour aider l’apprenant dans son processus
d’appropriation de la formation. Trois dimensions émergent
du processus d’appropriation :
-
la perception de la formation (le fait
que l’apprenant appréhende les différents éléments de
la formation),
-
l’évaluation (le fait que l’apprenant
juge le parcours réalisé dans la formation et de ce
qui lui reste à faire)
-
la régulation (le fait de mettre en
place des actions régulatrices en fonction de la mise
en évidence de difficultés pour des situations données).
Nos travaux ont conduit à la construction
d’un modèle de l’aide à l’appropriation fondé sur ces trois
dimensions et à la définition d’un ensemble de spécifications
pour la réalisation d’un environnement support à l’appropriation.
Nous avons par ailleurs réalisé un environnement Saafir,
réifiant ce modèle, se greffant à des dispositifs de formation
en utilisant un modèle explicite des données de la formation.
mél
- web
Sofiane Benadi
Structuration des données et des services
pour le télé-enseignement
Thèse en informatique de l'INSA de
Lyon - 29 septembre 2004
mots clés : Hypermédia adaptatif, XML, document pédagogique,
E-learning, EIAH
La révolution des STIC touche fondamentalement
le domaine éducatif. En s'inscrivant dans ce courant, cette
thèse porte sur la conception d'environnements informatiques
pour le télé-enseignement. Plus particulièrement, notre
travail concerne la mise en place d'un modèle pour la structuration
des données et des services dont le but est de servir de
base à la conception d'environnements hypermédias permettant
la génération dynamique d’activités pédagogiques adaptés
aux profils et aux préférences des apprenants. Cette adaptation
est réalisée grâce à l’usage des différents langages gravitant
autour de la technologie XML et grâce à un découpage horizontal
du système en trois niveaux interdépendants (niveaux support,
structure et sémantique). Leur rôle respectif est expliqué
en décrivant, à chaque fois, les intérêts de cette modélisation.
Le modèle que nous proposons, nommé AHXEL (Adaptive Hypermedia
using XML for E-Learning), à pour caractéristique essentielle
de faciliter la construction et la distribution d'activités
pédagogiques réellement multimédias, adaptés au profil et
au niveau de connaissance de chaque apprenant, en séparant
le contenu de la forme. Dans AHXEL, la spécification, la
conception et la réalisation des activités pédagogiques
multimédias adaptatives utilisent les divers outils et techniques
de la technologie XML pour composer des documents à partir
d’un rassemblement de supports de base. Nous décrivons enfin
une plateforme respectant ce modèle qui a été implémenté
afin de valider l’ensemble de nos propositions.
mél
- web
Retour liste
Carole Raby
Analyse du cheminement qui a mené des enseignants du primaire
à développer
une utilisation exemplaire des technologies de l’information
et de la communication (TIC) en classe
Thèse en Sciences de l'éducation
de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) - 4 juin 2004
Le but de la présente étude multicas est d’analyser
le cheminement qui a mené des enseignants du primaire à
une utilisation exemplaire des technologies de l’information
et de la communication (TIC) en classe. Elle vise aussi
à comprendre comment et pourquoi certains enseignants réussissent
à intégrer les TIC dans leur classe, alors qu’une grande
majorité d’enseignants, placés dans un contexte similaire,
ne les utilisent pas ou ne les utilisent qu’occasionnellement
et superficiellement.
Par un processus de sélection des cas basé
sur la méthode de nomination par des spécialistes en TIC,
soutenue par un important dispositif permettant de s’assurer
de l’exemplarité des sujets (questionnaire, entrevue initiale,
observations en classe et grille d’utilisation des TIC),
sept enseignants ont été choisis, soit six femmes et un
homme. Provenant de cinq commissions scolaires différentes,
toutes situées en périphérie de Montréal (Québec), ces enseignants
oeuvraient comme titulaires en adaptation scolaire, au premier,
deuxième ou troisième cycle du primaire. Outre les méthodes
de collecte de données mises en place lors du processus
de sélection des cas, les enseignants ont participé à deux
ou trois entrevues semi-dirigées additionnelles et à une
entrevue de groupe. La direction de leur école, tout comme
leur conjoint (ou un pair significatif) ont également été
questionnés afin de trianguler leurs propos. Une analyse
de contenu, réalisée à l’aide du logiciel N’Vivo, a permis
de dresser le profil individuel de chacun des sept sujets
et par la suite de laisser émerger les convergences et les
divergences entre les sept cas par une analyse comparative.
L’analyse des données recueillies auprès de
chacun des enseignants a permis de décrire en profondeur
le parcours de chaque sujet en regard des TIC. Ainsi, chaque
récit est divisé en plusieurs sections, soient les caractéristiques
personnelles de l’enseignant, le contexte technologique
et d’enseignement dans lequel il travaille, son utilisation
des TIC, les avantages pédagogiques qu’il leur attribue,
sa perception de ses compétences technologiques, les événements
marquants de son parcours, les difficultés qu’il a rencontrées,
comment il les a surmontées, de même que les stratégies
qu’il a employées pour développer ses habiletés technologiques.
Chaque récit se termine par une synthèse permettant d’en
dégager les grandes lignes.
Les analyses comparatives ont permis, quant
à elles, de comprendre que les enseignants n’empruntent
pas tous le même parcours pour devenir des utilisateurs
importants des TIC à l’école. Ainsi, elles ont permis de
raffiner le modèle du processus d’intégration des TIC qui
avait été développé dans le cadre de référence. En effet,
le stade de « sensibilisation » du modèle n’est pas toujours
présent, alors que la permutabilité et le chevauchement
des stades d’utilisation des TIC ont été démontrés. Le caractère
cyclique du processus a également été mis en lumière. De
plus, il a été possible de définir différents rôles qu’adoptaient
les enseignants lors de leur processus d’intégration des
TIC.
Les analyses comparatives ont aussi permis
de comprendre qu’un seul facteur ne peut, à lui seul, expliquer
le développement de cette utilisation importante des TIC
chez les enseignants ayant participé à l’étude. Parmi les
facteurs les plus déterminants se retrouve le fait que ces
enseignants ne soient pas novices ni en enseignement, ni
en intégration des TIC et qu’ils soient, de manière générale,
très impliqués dans leur école et engagés dans leur formation
continue. Ils utilisent de nombreuses stratégies (en moyenne
plus de huit différentes) pour développer leurs compétences
technologiques et investissent beaucoup de temps personnel
et professionnel à l’intégration des TIC puisqu’ils croient
en son importance et sa pertinence pédagogique. Ils voient
les TIC comme un outil qui possède de nombreux avantages
pédagogiques. Dans leur pratique, les sept enseignants ayant
participé à l’étude n’utilisent pas de matériel pédagogique
spécifique, mais misent plutôt sur l’approche par projets
combinée à d’autres méthodes d’enseignement (ateliers, tableau
de programmation, plan de travail, etc.). Ils ont tous adopté
préalablement à l’intégration des TIC, ou ils ont développé
tôt dans leur parcours, une approche pédagogique ou un type
de gestion de classe qui leur a permis d’intégrer facilement
les TIC à leur enseignement. De plus, ils ont bénéficié
de formations, d’une accessibilité à des équipements adéquats
en classe et surtout, d’un soutien important qui ont facilité
et possiblement accéléré leur processus d’intégration des
TIC. Ces enseignants sont en constante recherche et à l’affût
de tout ce qui permettra d’aider leurs élèves à apprendre
plus et mieux. Ils sont également fonceurs, persévérants
ou ils gardent une attitude positive face aux difficultés.
Ils ont également développé autour d’eux un réseau de collaboration
ou de soutien formé non seulement d’enseignants, mais aussi
de personnes-ressources (pour échanger et trouver réponse
à leurs questionnements). Finalement, il semble que ces
enseignants aient vécu, tôt dans leur parcours, un « coup
de coeur » face aux TIC qui les a profondément touchés et
qui les a motivés à poursuivre leur cheminement TIC malgré
les embûches.
Ces résultats demandent toutefois une validation
à plus grande échelle puisqu’ils sont issus d’une étude
multicas qui, même si elle repose sur de nombreux dispositifs
visant à en assurer la validité, n’a aucune prétention à
la généralisation. En apportant un regard détaillé et en
profondeur sur le phénomène de l’appropriation des TIC par
les enseignants du primaire, ces nouvelles connaissances
pourront orienter les interventions des organismes et des
personnes qui cherchent à faciliter l’intégration des TIC
par les enseignants. Elles permettront sans doute ainsi
d’aider d’autres enseignants à atteindre une utilisation
importante des TIC et éventuellement à favoriser l’émergence,
chez les élèves, des compétences nouvelles indispensables
dans le contexte d’une société en mouvance. La présente
recherche a également soulevé plusieurs questionnements
qui demeurent à ce jour sans réponse et qui, en soi, constitueraient
d’intéressantes perspectives de recherches.
mél
- web
Retour liste
Michail Kalogiannakis
Après l'introduction des TICE,
puis après la création des TPE au lycée
: de nouveaux rôles pour les professeurs ?
Le cas en sciences physiques
Thèse en sciences de l'éducation
de l'Université Paris V - 6 février 2004
Education et Apprentissages
mots clés : TICE, TPE, Rôle, Enseignants, Sciences
Physiques, Listes de diffusion
Le présent travail est le fruit d'une
recherche menée, depuis 2000, dans le cadre d'une
thèse, au laboratoire "Education et Apprentissages"
de l'Université René Descartes - Paris 5,
et concernant les nouveaux rôles des enseignants de
sciences physiques au lycée, face aux innovations
TICE et TPE.
Depuis l'introduction de l'EXAO, les professeurs de sciences
physiques utilisent les TICE. Certains d'entre eux emploient
Internet comme type de formation permanente. Ils s'en servent
pour se tenir au courant, enrichir leurs données
ou même renouveler leurs connaissances. Ils l'utilisent
aussi comme lien avec d'autres collègues. Le Ministère
de l'Education Nationale a créé en mars 1999
la liste PHYSCHIM et en mars 2000 la liste TPE-TICE, après
l'introduction des TPE au lycée. A travers ces listes
de diffusion, également connues sous le nom de listes
de discussion, la communication entre les professeurs, l'échange
des pratiques et des informations constituent désormais
une réalité.
Notre recherche vise à appréhender les nouveaux
rôles des enseignants de sciences physiques, tels
qu'ils peuvent être déterminés à
travers des entretiens individuels et à partir des
messages envoyés dans les listes PHYSCHIM et TPE-TICE.
Dans le cadre de notre travail, nous avons considéré
les listes de diffusion TPE-TICE et PHYSCHIM comme l'expression
de communautés virtuelles ayant un potentiel pour
l'étude et le développement des pratiques
des enseignants. Nous pouvons définir une communauté
virtuelle tout simplement comme un groupe de personnes,
en l'occurrence les enseignants de sciences physiques du
secondaire, qui sont en relation au moyen du cyberespace
via ces deux listes de diffusion que nous avons étudiés.
Les archives de ces deux listes sont de riches sources d'échanges
entre les enseignants et constituent de bons exemples de
la façon dont chacun des contribuants, de son côté,
peut bénéficier de la communauté.
Les professeurs de sciences physiques qui participent aux
listes de diffusion TPE-TICE et PHYSCHIM et qui ont ensuite
été interviewés dans le cadre de cette
recherche peuvent être considérées comme
des enseignants experts. Ils retiennent mieux l'information
pertinente, ils rassemblent les renseignements de manière
plus efficace et ont un accès plus rapide et meilleur
aux souvenirs utiles. Parmi les enseignants interviewés,
nombreux sont ceux qui conservent les messages intéressants
de ces deux listes, notent les pratiques et les idées
d'autres collègues et essaient de les appliquer dans
leurs classes de physique et dans les TPE.
En général, les enseignants de sciences physiques
mentionnent, parmi les aspects positifs des TPE, l'amélioration
et le renouvellement des relations entre les professeurs
et leurs élèves, ainsi que le développement
de l'autonomie de ces derniers. Par ailleurs, l'essor des
listes de diffusion telles que la liste TPE-TICE et la liste
PHYSCHIM devrait apporter dans un proche avenir une aide
considérable, non seulement aux professeurs de sciences
physiques, mais aussi aux enseignants de toutes les disciplines.
Une version améliorée de la
thèse a été publiée ici.
mél
- web
(grec)