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Texte de Francine Vaniscotte, France Il convient de rappeler que les caractéristiques de l'observatoire : logiques institutionnelles et activités différentes de ses membres, multiplicité des appartenances professionnelles et des réseaux de référence, n'ont pas permis de recueillir dans les rapports nationaux des données qui autoriseraient des comparaisons systématiques. La méthodologie mise en uvre et la grille d'analyse proposée constituaient un premier outil qui nécessiterait un affinement dans le cadre d'une seconde enquête. Néanmoins les informations recueillies autour des cinq thèmes d'étude permettent de dégager quelques tendances et priorités dans les politiques éducatives.
Conscients que les cinq domaines identifiés : innovation pour l'égalité des chances, innovation dans l'apprentissage des langues et dans la médiation culturelle, préparation des enseignants à la dimension européenne, innovation dans la formation des enseignants, innovation dans la formation des personnels d'encadrement, pouvaient rencontrer des échos divers et n'être que très inégalement prioritaires dans chaque État membre, les enquêteurs ont également cherché à identifier ce qui a été appelé " des thématiques chaudes ". Par ce terme on entend les domaines particuliers dans lesquels des politiques d'innovation sont développées dans un pays pour répondre à une situation d'urgence, mettre en uvre des réformes ou des orientations spécifiques. Ces domaines particuliers ne recoupent parfois que partiellement les thèmes d'étude retenus.
On ne saurait synthétiser les tendances des innovations dans les thèmes de travail de l'observatoire sans faire quelques remarques préalables :
Bien qu'aucun pays de l'Union européenne ne soit actuellement totalement centralisé, les approches varient considérablement selon le niveau de centralisation ou de décentralisation de chaque État. Chacun s'accorde bien à souligner le mouvement de décentralisation donnant une autonomie de plus en plus grande aux établissements et aux autorités locales, mais les modes de gestion et de maîtrise des politiques de décentralisation sont à ce point diversifiés que les comparaisons possibles à partir des informations recueillies auprès des autorités nationales demandent la plus grande prudence.
Les niveaux de centralisation ou de décentralisation, les traditions éducatives et les variations du nombre d'habitants entre les pays rendent également difficiles les comparaisons des politiques nationales. Comme cela a déjà été mentionné, les membres de l'observatoire sont situés socialement, statutairement et géographiquement. Avec une même intention de donner une vision d'ensemble, les données touchant le
Royaume-Uni,
l'Espagne ou
l'Allemagne n'ont pas la même portée générale que celles touchant les
Pays-Bas ou
l'Irlande. Les premiers n'ont pu cibler qu'une grande région de leur pays, les seconds malgré un niveau de centralisation très différent peuvent avoir plus facilement une vue d'ensemble de leurs pays.
Certains correspondants nationaux dont les pays connaissent actuellement des réformes de leurs programmes nationaux (
Espagne,
Portugal) n'ont pu traiter de manière spécifique chacun des thèmes. Ils ont eu une approche globale de la politique d'innovation qui a obligé à un redécoupage de l'information faisant nécessairement perdre la dimension de politique volontariste mise en place en faveur de l'innovation.
Plusieurs enquêtes nationales indiquent qu'un changement de gouvernement, voire simplement de ministre, peut conduire à de nouvelles orientations (ou réorientations) de la politique éducative. Ces nouvelles priorités politiques se marquent naturellement par une nouvelle répartition des fonds, mais aussi par une nouvelle utilisation du vocabulaire. Ainsi en est-il de l'importance donnée aux zones d'éducation prioritaires en
France. Ainsi va-t-il en être après le récent changement politique de
l'Allemagne. L'accord entre le parti social-démocrate et celui des verts entraîne déjà la réapparition de mots clefs tel " l'égalité des chances " que l'ancien gouvernement fédéral utilisait peu.
En dépit de ces difficultés, de toutes les différences nationales et en prenant en compte les limites données par les remarques précédentes, les rapports nationaux établis à partir de la grille d'analyse proposée permettent bien de faire une première approche synthétique dans chacun des thèmes retenus et dans quelques autres ressentis prioritaires dans quelques États membres. Le lecteur désireux d'être mieux informé sur une innovation touchant un domaine particulier dans un pays donné pourra se reporter au rapport national du pays annexé au présent rapport. Les aspects financiers étant relativement absents des rapports nationaux, il pourra également se poser la question de savoir jusqu'à quel point la déclaration publique d'une préoccupation prioritaire se concrétise réellement dans un système éducatif si le gouvernement ne marque pas son intérêt par un support financier.
1. L'innovation et l'égalité des chances
Le thème de l'égalité des chances est dans l'éducation, une source de débats aussi ancienne que l'école obligatoire. Peut-être est-ce en raison des difficultés économiques qui traversent l'Europe ou de la nécessité d'augmenter les qualifications professionnelles que ce thème retient de plus en plus l'attention. Presque tous les pays expriment en effet un grand souci de maintenir, préserver ou améliorer l'égalité des chances de chacun et tous disent promouvoir les innovations en ce domaine. Seule
l'Autriche signale une certaine tendance à considérer ce thème comme relativement obsolète et la
Grèce le considère moins prégnant qu'il y a cinq ans. La Finlande, le
Portugal,
l'Espagne le traitent chacun à l'intérieur d'un programme global. En Finlande, ce programme global passe par les nouvelles technologies de l'information et de la communication. En Espagne et au Portugal il passe par le cadre général des innovations et des réformes du système éducatif.
Le thème des innovations pour l'égalité des chances se manifeste par des orientations relativement semblables dans les différents pays mais les présupposés théoriques qui sont derrière les différents champs d'application sont souvent peu explicités.
1.1. L'intégration des élèves en difficulté ou handicapés dans les écoles ordinaires
C'est là une tendance générale des politiques d'éducation mais dont le niveau d'application est très variable. En Italie où l'intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires est organisée et réglementée depuis 1975 pour le primaire et 1988 pour le secondaire, un observatoire permanent sur le handicap a été créé en 1989. Il permet de faire avancer les problématiques institutionnelles et professionnelles et de générer les innovations en ce domaine.
La
Grande Bretagne et
l'Irlande,
l'Espagne, la
France mentionnent également cette préoccupation. La
Belgique a manifesté son intérêt pour cette question dans la tenue d'un forum qui a permis d'étudier la relation entre l'éducation spéciale et l'éducation dite normale.
L'Autriche accorde une priorité particulière à cette question sous l'influence des parents et la volonté convergente des familles et des ministères. En
Allemagne, la pression des parents et de certaines associations est également forte mais l'intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires est très variable selon les Lander. Certains Lander y sont plutôt favorables (Brême, Hambourg, Niedersachsen, Hesse) ; d'autres ne le sont pas (Bavière, Bade-Wurtenberg, Saxe). Sur ce point, en Allemagne, l'opinion publique et l'avis de chercheurs reste divisé. Les recherches engagées sur ce sujet n'ont pas donné de résultats probants pour dégager la meilleure solution pour ces enfants. La réussite ne semble pas en Allemagne dépendre de la structure choisie mais d'autres facteurs.
Derrière cet intérêt général se cachent non seulement des réalités diverses mais aussi des idéologies différentes. La notion de handicap est difficile à définir et l'amalgame fait dans certains rapports nationaux entre élèves en difficulté et élèves handicapés montre des recouvrements conceptuels. Dans certains pays la confusion qui s'étend jusqu'à associer dans une même politique d'innovation enfants itinérants, enfants en difficulté et enfants handicapés est l'illustration d'une tendance à considérer globalement toutes les situations pouvant entraver le déroulement harmonieux des apprentissages et entraîner une exclusion sociale. L'approche consiste peut-être moins à donner à chacun une égalité des chances qu'à rechercher le moyen de réduire les difficultés d'insertion sociale.
1.2. L'attention aux minorités ethniques
Le thème de la migration et des minorités ethniques est également une entrée commune à la majorité des pays dans le thème de l'égalité des chances. Ce thème est parfois mêlé au précédent parce que les minorités ethniques ayant souvent de faibles performances dans la langue des pays d'accueil, compromettent du même coup leurs chances de réussite scolaire. Les enquêtes nationales laissent deviner des approches fort différentes que les études de cas permettent de préciser. Les minorités ethniques et les enfants de migrants faisant l'objet de stratégies d'innovation dans le cadre d'une meilleure égalité des chances sont mentionnées par la
Grande-Bretagne,
l'Autriche, la
Belgique, les
Pays-Bas. La
France au travers du centre Alain Savary implanté à
l'INRP s'est doté d'un outil de recensement de toutes les pratiques innovantes en milieu difficile et donne une large place à l'interculturel.
Les minorités ethniques sont également mentionnées dans des pays pour qui cette attention est relativement récente : la
Grèce fait état des minorités religieuses et ethniques, le
Portugal,
l'Espagne et
l'Italie devenues des terres d'immigration après avoir été des terres d'émigration, font face à cette nouvelle situation. L'Italie développe une approche qui recherche une ligne d'intervention pour l'interculturel au travers d'espaces de développement institutionnel et de lieux de réflexion sur deux aspects en interrelation : l'intégration européenne et l'immigration non européenne.
1.3. Les mesures contre l'échec scolaire et l'abandon précoce des études
Pour pallier l'ensemble des difficultés scolaires, des mesures sont prises. Quelques pays (
Irlande,
Espagne,
Portugal,
Italie) font porter l'accent sur l'abandon des études avant la fin de la scolarité obligatoire. L'explication peut en être double. Il s'agit de pays dont la situation économique est relativement fragile et qui sont plus vulnérables sur cette question de l'abandon précoce des études. Ce sont aussi des pays dans lesquels il n'existe pas de tradition de reprendre des études dans le circuit normal après un départ précoce. L'Italie particulièrement sensible à ce problème dans le sud du pays a mis en place un dispositif de lutte contre " la disperzione scolastica " (échec et abandons scolaires) fondé sur une recherche puis sur des actions pilotes de remédiation. Un observatoire permanent sur ce problème a été créé et placé sous la direction conjointe de plusieurs ministères. Une circulaire ministérielle de 1996 engage à la discrimination positive et à une éducation compensatoire pour les élèves à risque.
D'autres approches innovantes sont développées face au problème du risque d'échec : le
Portugal, la
France signalent le développement des ZEP (zones d'éducation prioritaires) qui ont des approches territoriales de lutte contre l'exclusion. Pour la France qui a développé des ZEP depuis 1981, l'innovation consiste aujourd'hui à développer des actions de plus en plus partenariales avec des structures (entreprises notamment) situées dans le même environnement. Cette politique partenariale permet de répondre aux besoins des élèves en difficulté scolaire et de stimuler la réussite d'une insertion professionnelle future.
La pratique du tutorat (mentoring) fait actuellement l'objet d'une structuration et dépasse le cadre de l'expérimentation dans certains pays : le
Danemark et
l'Angleterre notamment où les sphères de contrôle et d'influence revêtent une grande complexité. Le monitoring se fait par les liens avec l'entreprise ; il s'adresse particulièrement aux enfants itinérants et veille à leur assurer une continuité par la communication entre les établissements d'accueil. Il permet également un meilleur lien entre les établissements et les temps de travail à la maison. Cette pratique du tutorat revêt des visages différents en
France et en
Belgique ainsi qu'aux
Pays-Bas et en
Allemagne ; ces deux derniers pays montrant leur intérêt plutôt pour une pédagogie différenciée ou un enseignement individualisé.
Certains pays enfin rappellent que la structure même de leur système éducatif vise à une politique d'égalité des chances et de réussite de chacun : la
Grande-Bretagne souligne que la finalité même du " National curriculum " est de permettre l'égalité des chances et le
Danemark signale avoir depuis longtemps supprimé toutes les marques de sélection pendant toute la durée de l'école obligatoire (notes, examens, compétitions et situations scolaires pouvant rendre trop visibles les difficultés de certains enfants). C'est là une option idéologique que la société danoise continue d'affirmer et de traiter comme une innovation à une époque où les difficultés économiques qui traversent l'Europe pourraient inciter à des orientations plus précoces.
1.4. L'égalité des chances des filles et des garçons
Cet aspect des choses reste une préoccupation qui est cependant très inégalement soulignée et connaît plusieurs types de remèdes. En
Grèce et en
Italie, plusieurs ministères ont uni leurs efforts pour constituer des groupes de travail sur la parité des sexes. Il est intéressant de noter que cette réflexion de nature institutionnelle est conduite sur différents plans : primauté de la personne, qualité des systèmes scolaires, référence européenne, individualisation et flexibilité du parcours éducatif. Les politiques d'égalité des filles et des garçons prennent par ailleurs la forme de recherches sur les manuels scolaires pour en retirer les stéréotypes sexistes. Ce travail actuellement conduit en
Irlande a déjà été fait dans d'autres pays qui ne l'ont pas forcément mentionné, peut-être parce qu'il n'est plus ressenti comme une innovation. L'Irlande, la
Belgique et
l'Allemagne mentionnent des incitations pour une meilleure participation des filles aux filières scientifiques et professionnelles.
1.5. Approches complémentaires
Des approches plus particulièrement développées par certains correspondants nationaux apparaissent complémentaires à celles qui viennent d'être évoquées. Le
Danemark et surtout la
Finlande font porter l'accent sur les technologies de l'information qui apparaissent comme un moyen de valoriser l'égalité des chances. La préscolarisation précoce est soulignée par
l'Espagne, pays dans lequel on considère que l'éducation préscolaire s'étend de 0 à 6 ans, par la France qui cherche à accueillir les enfants à l'école maternelle dès l'âge de deux ans, par la
Belgique et par le
Portugal qui a récemment intégré l'enseignement préscolaire au système éducatif. La scolarisation précoce en
Irlande et aux
Pays-Bas où elle s'accompagne d'un enseignement individualisé, constitue une approche différente. Les finalités d'une préscolarisation et d'une scolarisation précoce sont certes identiques : améliorer l'égalité des chances mais les objectifs sont différents puisque dans un cas il s'agit de préparer aux apprentissages fondamentaux qui seront ceux de l'école obligatoire et dans l'autre il s'agit de donner précocement, à un rythme certes modulable, ces apprentissages fondamentaux.
L'amélioration par une plus grande démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur constitue une préoccupation mentionnée par deux pays :
l'Autriche qui, en 1994 a créé un réseau de Fachhochschule (établissements supérieurs non universitaires) donnant aux jeunes en difficulté dans le système dual de nouveaux débouchés ; la
Grèce qui cherche à donner un accès plus large à l'université par l'aménagement ou la suppression du numérus clausus.
2. L'innovation dans l'apprentissage des langues et dans la médiation culturelle Ce thème retient largement l'attention mais il ne fait pas en 1996 l'objet d'un intérêt consensuel comme le précédent. Certains pays en soulignent plutôt les aspects d'innovation liés à sa dimension politique et culturelle et d'autres ceux liés aux innovations didactiques. Bien que ces deux aspects soient intimement liés, il semble que les pays aient des niveaux de sensibilisation et d'engagement différents en ces domaines.
La langue anglaise, lingua franca : dans tous les pays de l'Union, où il n'est pas langue maternelle, l'anglais est enseigné comme première langue vivante étrangère. Mais ce qui reste enseignement d'une langue étrangère dans certains pays est pour d'autres pratique d'une langue de communication première ou seconde (
Danemark,
Pays-Bas). Dans ces derniers pays, les résultats permettent de dire que tous les enfants peuvent, autour de quinze ans, s'exprimer en anglais et que leur motivation pour utiliser l'anglais est particulièrement forte au point que les jeunes suédois et les jeunes danois préfèrent échanger en anglais plutôt que dans leurs langues maternelles qu'ils comprennent parce que très proches l'une de l'autre. La tendance est aujourd'hui de tenter que la maîtrise de l'anglais avec le statut de " lingua franca " soit une pratique généralisée. La nouvelle dimension d'innovation consiste à faire porter l'accent sur la généralisation de l'apprentissage d'une seconde langue, voire d'une troisième langue étrangère entre 13 et 15 ans.
La diversification dans le choix des langues étrangères
Même si l'apprentissage de l'anglais comme première langue étrangère est un choix généralisé, beaucoup de pays peut-être en tenant compte des recommandations communautaires , maintiennent une tradition d'enseignement diversifié des langues étrangères. Ils font aujourd'hui porter l'effort sur une évolution des apprentissages des langues classiques vers les langues modernes (abandon du latin en
Autriche au bénéfice d'une autre langue vivante) ou sur un apprentissage plus précoce.
L'Angleterre se situe naturellement différemment des autres pays en affichant une politique nouvelle de diversification de l'enseignement des langues non européennes et considère cette nouvelle politique comme une innovation en extension.
La dimension européenne
La
Belgique relie les efforts faits dans la promotion de l'apprentissage des langues étrangères, dans celui de l'apprentissage interculturel et dans l'approche de la médiation culturelle au contexte européen et à la présence des institutions communautaires sur son territoire. Pour les autres pays, la dimension européenne de l'innovation dans l'apprentissage des langues se manifeste plutôt dans la mise en place d'un enseignement en plusieurs langues.
Le cas des pays et des régions bilingues : les politiques d'innovation dans le domaine de l'apprentissage des langues ne sauraient être séparées de cette donnée essentielle qu'est le bilinguisme de certaines régions ou pays et du statut donné à ce bilinguisme. Ainsi
l'Irlande considère que ses deux langues nationales, l'anglais et l'irlandais demandent déjà un grand effort et en conséquence manifeste un intérêt relatif pour l'apprentissage d'autres langues étrangères. Les régions de statut bilingue (val d'Aoste, Trentin) cherchent d'abord à consolider la langue la plus fragile.
L'apprentissage précoce
Nombre de pays mentionnent comme innovation un apprentissage de plus en plus précoce des langues étrangères, dès l'école primaire (
Pays-Bas,
Grèce,
Belgique,
Italie,
France). Pour cette innovation de dimension politique autant que didactique, il s'agit encore le plus souvent d'expérimentation en voie de progressive généralisation. Ces apprentissages précoces se heurtent à deux difficultés : la formation des enseignants du primaire spécialistes des langues étrangères, la continuité dans l'enseignement secondaire de l'enseignement commencé au primaire.
Les moyens didactiques
La didactique des langues étrangères est un volet d'innovation et d'intérêt signalé par plusieurs pays. Les deux dimensions privilégiées sont la priorité de la communication orale (
Danemark) et l'utilisation des nouvelles technologies : vidéos, chaîne CNN, Internet (
Royaume-Uni,
Autriche,
Pays-Bas,
France,
Belgique). Les moyens modernes de communication pouvant renforcer le statut de " Lingua Franca " de la langue anglaise mais aussi l'attention portée à l'intégration européenne.
L'enseignement en plusieurs langues
À l'articulation d'un intérêt politique et d'une recherche didactique, le nombre grandissant d'écoles enseignant en plusieurs langues (en général deux dans une classe) est peut-être l'innovation la plus importante dans ce domaine. Elle est signalée en
Autriche où il existe deux écoles bilingues, en
Angleterre, en
Allemagne où il y a environ 300 écoles bilingues et un certain nombre de lycées qui pratiquent le bilinguisme (50% de l'enseignement en allemand et 50% dans une autre langue) et en
France où à côté des écoles bilingues, il existait en 1996, 430 sections européennes (effectuant une partie de l'enseignement dans une autre langue que le français). Partout, cette pratique tend à se développer.
Les informations recueillies à ce niveau permettent de mesurer l'importance du problème et la diversification des réponses. L'apprentissage des langues des pays d'immigration a plutôt été mentionné dans le thème de l'égalité des chances et dans l'attention portée aux enfants de migrants que dans le thème de l'apprentissage des langues (
Pays-Bas,
Allemagne). La dimension d'apprentissage interculturel et/ou de médiation culturelle passe dans les réponses après celle d'un apprentissage quantitatif (plusieurs langues) et qualitatif (avoir une bonne connaissance pour une bonne communication).
3. La préparation des enseignants à la dimension européenne
Le lien entre apprentissage des langues et intégration européenne reste ténu et l'importance des langues apparaît aussi dans ce thème. Le thème de l'Europe rencontre des échos divers. Les correspondants nationaux laissent assez souvent percevoir un décalage entre la prise en compte de ce thème par le Ministère ou l'autorité locale et l'engagement des terrains tantôt en avance, tantôt en retrait sur l'implication officielle.
À ce niveau, l'innovation consiste à avoir mis en place ou remanié une structure chargée de coordonner les échanges, les programmes et les activités européennes. Outre les agences Socrates dont il est en 1995 très peu fait état,
l'Angleterre mentionne le " Central Bureau ", les
Pays-Bas l'existence de la " Platform européenne ", la
France, la réorganisation du bureau du ministère en " bureau des affaires internationales et à la coopération " ;
l'Autriche, la création d'un bureau de la coopération et le
Portugal " les clubs européens ".
L'Espagne,
l'Italie et la
Belgique insistent sur l'encouragement et sur l'intérêt qui est accordé aux engagements européens au travers de projets.
L'Allemagne rappelle les huit écoles européennes ainsi que les vingt-sept écoles associées en Hesse pour un programme
" Écoles d'Europe en Hesse ", largement innovatif et l'Angleterre le programme " European Awareness Development Project " mis en place en 1991 en rassemblant dix à quinze Autorités régionales et locales (LEA).
3.2. La tendance à l'internationalisation
À côté de cette dimension européenne, une autre tendance se fait jour. Malgré des sensibilisations différentes et espacées dans le temps, le contexte de globalisation des activités et la mondialisation des problèmes rend l'Europe petite Il s'ensuit parfois une perte d'innovation et d'intérêt pour les activités européennes et la mise au premier plan des activités internationales. Pour le
Danemark et la Finlande, les activités sont davantage tournées vers des coopérations internationales ou avec les autres pays scandinaves, la
Grande-Bretagne regarde plutôt comme véritable innovation " l'expérience de la dimension internationale pour tous ". La
France mène une politique favorable aux activités européennes mais peut-être plus favorable encore aux activités internationales. Le contraste semble finalement assez nettement marqué entre les pays ayant une politique d'indifférence relative envers les projets européens et ceux ayant une politique incitative beaucoup plus forte tels la
Belgique,
l'Italie,
l'Espagne, le
Portugal, les
Pays-Bas.
3.3. Une réalité très contrastée
La réalité de ce thème semble finalement très contrastée. Pour
l'Irlande et la
Grèce, l'Europe semble lointaine même si la prise de conscience de l'enjeu européen est de plus en plus forte.
L'Angleterre présente une tension intéressante à observer entre le manque d'attention aux projets européens du " National Curriculum " et les initiatives européennes du " Central Bureau " qui joue un rôle de médiation entre l'Union européenne, le Ministère, les autorités locales et les écoles.
L'Italie,
l'Espagne et la
Grèce ont, à côté de la préoccupation européenne, celle de revaloriser l'identité méditerranéenne et la
France, celle de la francophonie. L'impression d'ensemble est finalement celle d'un éclatement des identités. L'identité européenne et la préparation des enseignants à la dimension européenne est bien une préoccupation mais parmi d'autres cercles d'identité et d'autres niveaux de préoccupation essentiellement liés à l'interdépendance des États européens à ceux des autres parties du globe.
4. L'innovation dans la formation des enseignants Ce thème recueille un large écho dans les réponses des correspondants nationaux. L'innovation dans la formation des enseignants étant un leitmotiv des débats éducatifs ne pouvait que retenir l'attention. Derrière cet intérêt se dessine parfois la critique des formations actuelles qui ont été inégalement réformées et dont les résultats sont souvent jugés insatisfaisants.
4.1. Les avatars de " l'universitarisation "
Il semble relativement clair que les pays qui n'ont pas confié la formation des enseignants à l'université aspirent à cette innovation et que ceux qui ont fait ce choix n'en sont en général pas totalement satisfaits. Ainsi le désir et le besoin d'innovation continuent-ils de s'exprimer devant une réalité insatisfaisante.
Au
Danemark et en
Autriche on souligne l'aspect superficiel des formations initiales. Au Danemark, la polyvalence exigée pour les enseignants jusqu'à la septième année de scolarité a pour conséquence une interdisciplinarité de fait qui semble nuire à la qualité de l'enseignement. En Autriche où la formation des enseignants du primaire et du professionnel n'est pas assurée à un niveau universitaire, la qualité de l'enseignement est aussi critiquée
Les
IUFM français continuent d'apparaître comme une innovation originale parce qu'ils associent la formation universitaire et la formation professionnelle ainsi qu'un partenariat entre formateurs d'origine et de statut différents dans un même lieu pour le préscolaire, le primaire et le secondaire avec un recrutement au même niveau et un concours à mi-parcours. Le principe de la formation commune se voit cependant de plus en plus réduit.
Dans les pays ayant mis en uvre des réformes importantes ou dans ceux recherchant des modalités diverses de formation, c'est parfois le doute sur l'efficacité et la qualité de l'innovation. En
Grèce où la formation a été confiée à l'université, on déplore le manque de solidité scientifique de la formation donnée et l'inertie des facultés. En
Angleterre, on critique les innovations du " Teacher Training Agency " concernant les enseignants nouvellement qualifiés, ceux experts en management, mais aussi les conditions de tutorat des futurs enseignants et les nouvelles formes de qualification.
En
Italie où on ne parvient pas à réformer l'enseignement secondaire, on nourrit en revanche des espoirs sur la formation des futurs enseignants de la maternelle et du primaire à l'université puisque la loi votée en 1990 en ce sens verra prochainement son application. Les universités qui en ont la possibilité organiseront les quatre années de formation universitaire pour les enseignants de maternelle et du primaire. Les enseignants du secondaire seront pour leur part sous la tutelle d'un enseignant chevronné durant leur première année d'exercice. En
Belgique, où la tension existe depuis plusieurs années entre les partisans d'une formation dans les instituts supérieurs de pédagogie et les adeptes d'une formation à l'université, un système de tutorat s'est instauré pour les enseignants débutants.
La situation de mécontentement qui est globalement celle touchant la formation des enseignants provoque aussi ses sursauts. En
Autriche, l'innovation vient des syndicats qui ont créé en 1996 des groupes de réflexion ; en
Irlande le " White Paper " de 1993 a permis un regain d'intérêt.
4.2. La montée en puissance de la formation continue
La formation continue est peut-être la principale bénéficiaire des difficultés de la formation initiale. Elle est généralement regardée comme un champ ouvert d'innovation dans des structures comme les IRRSAE italiennes ou les " Centros de Profesores " espagnols, les centres de formation portugais. Elle est cependant touchée par les problèmes économiques car ces mêmes structures voient souvent leur budget diminuer. La
Grèce a même dû suspendre les activités de formation continue. C'est sans doute aussi pour des raisons de rationalisation et d'économies d'échelle que la
France vient de supprimer la structure des MAFPEN (missions académiques à la formation des personnels de l'Éducation nationale) et d'intégrer la formation continue des enseignants dans les IUFM.
La tendance est de faire de plus en plus les stages de formation continue dans les établissements. Cette tendance satisfait à la fois les contraintes budgétaires et les orientations pédagogiques qui souhaitent donner plus d'importance aux terrains. Dans certains pays (
Belgique et
Pays-Bas notamment), le budget de la formation continue est directement donné aux écoles qui achètent leur formation continue. Ainsi l'idée de continuum entre la formation initiale, les débuts dans l'enseignement et la formation continue fait son chemin.
5. L'innovation dans la formation des personnels d'encadrement
Les perceptions sur ce thème sont très différentes. Elles sont d'abord liées à la définition du personnel d'encadrement et à la notion de contrôle plus ou moins prégnante suivant les pays. L'existence ou non de corps d'inspection et de conseillers pédagogiques influe fortement sur l'importance des rôles confiés aux chefs d'établissement et sur leurs pouvoirs d'innovation. Partout existe une conscience grandissante de l'importance des personnels d'encadrement, mais si dans certains pays rien ou presque rien n'est encore mis en place pour leur formation (
Grèce,
Portugal,
Italie), d'autres voient les personnels d'encadrement placés au cur des débats et des intérêts. La
Belgique a créé un corps de conseillers pédagogiques à côté de celui des inspecteurs incitant ainsi les deux catégories de personnel à travailler en équipe.
L'Irlande a récemment réorganisé ses écoles et introduit un vice principal adjoint au directeur.
Dans la plupart des pays, le chef d'établissement est aujourd'hui considéré comme un moteur des innovations, comme un leader ou un manager à qui l'on demande de conduire son établissement comme une entreprise (
Pays-Bas). La tendance qui a amené à un regroupement des écoles et en conséquence à l'augmentation de leur taille a facilité le renforcement des missions des chefs d'établissement en
Belgique, en
Irlande, en
Angleterre. D'une manière générale, la décentralisation et l'accroissement de l'autonomie donnée aux établissements ont attiré l'attention sur l'importance des personnels d'encadrement, sur leurs nouveaux rôles et sur leurs fonctions.
Bien que les critères pour choisir les directeurs d'établissement soient en train d'évoluer vers une exigence de professionnalisme, ils restent marqués par la diversité. En
Autriche, les chefs d'établissement sont désormais choisis parmi les enseignants expérimentés et non plus comme auparavant parmi les personnes connues pour leurs activités culturelles ou para scolaires. En
Belgique, les chefs d'établissement sont généralement recrutés parmi les enseignants alors qu'aux
Pays-Bas, ils ne viennent pas de l'enseignement mais de l'extérieur (monde de la gestion et du management) et sont assistés par des adjoints du monde de l'enseignement. En
Espagne et au
Portugal, le pouvoir socialiste a introduit la nomination du chef d'établissement par vote entre pairs pour une durée de trois à cinq ans. Le retour après leur mandat de ces chefs d'établissement au monde de l'enseignement leur donne un rôle très différent quant aux réelles possibilités d'innovation. Bien que plus proches de leurs pairs et du terrain, ils ont cependant une marge de manuvre plus limitée.
Les évolutions dans les modalités de recrutement des personnels d'encadrement ne sont pas nécessairement liées à la mise en place de formations. La formation initiale des chefs d'établissement est encore rare et elle est considérée comme une innovation. Elle existe en
France et dans deux provinces
d'Autriche. Elle prend la forme d'un " monitoring " en
Irlande pendant la première année d'exercice. Des aides moins structurées existent aussi en
Angleterre pour les chefs d'établissement débutants et des soutiens leur sont donnés en
Belgique et au
Danemark. Leur formation continue n'est pas organisée mais existe occasionnellement dans plusieurs pays : possibilité de participer à des stages académiques ou nationaux en France, groupes de réflexion ou regroupements au Danemark, formations proposées par l'université en Irlande.
5.1. Les " thématiques chaudes "
Les thèmes d'étude de l'observatoire européen des innovations en éducation et en formation recoupent souvent les priorités des États membres. Ils ne sauraient cependant prétendre contenir la totalité des tendances et des innovations en cours. Bien que d'autres innovations, et d'autres thématiques fassent partie des priorités des États, deux thèmes au moins semblent faire l'unanimité des préoccupations : celui de l'égalité des chances et celui de la formation des enseignants.
Dans le domaine de l'égalité des chances, on relèvera le débat sur la scolarisation plus précoce en maternelle au
Portugal et sur l'intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires en
Autriche parce que ce sont des débats portés par l'opinion publique. Le thème de la violence à l'école en 1996 émergeait déjà dans plusieurs pays (
France et
Belgique notamment). Source de débats et de réflexion, reflet de situations délicates et douloureuses, on pouvait alors prévoir que ce thème verrait fleurir dans les années à venir des tentatives innovantes. Sur le thème particulier de l'égalité des chances, les restrictions économiques sont souvent évoquées comme faisant obstacle aux innovations. Les mesures budgétaires qui frappent un peu tous les pays montrent souvent l'écart existant entre les déclarations de principe concernant les priorités, les innovations à faire et la prise en compte des réalités dans la mise en uvre des innovations.
Le thème de la formation initiale des enseignants constitue une priorité pour
l'Angleterre qui a conduit ces dernières années plusieurs innovations en ce domaine. L'intérêt du gouvernement pour la formation des personnels d'éducation touche toutes les catégories de personnel tant la recherche d'amélioration de la qualité de l'enseignement est vive en Angleterre. Afin d'assurer la réussite de l'introduction du Curriculum national, les corps d'inspection ont reçu pour mission d'identifier les bonnes et les mauvaises écoles. L'intérêt pour la formation continue est particulièrement vif en
Autriche et au
Danemark. Ce dernier pays a récemment rendu la formation continue obligatoire afin de toucher la frange de population réfractaire à cette pratique pourtant largement répandue dans le pays.
À côté de ces thèmes, les " thématiques chaudes " portent sur :
Les aspects de centralisation/ décentralisation, d'autonomie des établissements et le rôle grandissant qui leur est fait. Tous les pays, même les plus traditionnellement centralisés connaissent un mouvement de décentralisation qui s'accompagne d'une politique d'école et d'une gestion locale (ou municipale). Ce mouvement de décentralisation comporte également dans les États centralisés une organisation ou réorganisation des ministères en directions générales (
Italie,
France,
Portugal) et en bureaux d'études chargés d'études transversales sur les sujets considérés comme des priorités. Cette manière de faire permet de donner de la souplesse et de la flexibilité à des systèmes rigides, de les moderniser et de faire ainsi une ouverture sur l'innovation (France, Italie). Dans les pays traditionnellement décentralisés, il existe aussi un mouvement d'autonomisation des établissements. Il peut s'accompagner d'un renforcement du pouvoir des équipes ayant la responsabilité de la gestion des écoles : ainsi au
Danemark, l'équipe de direction (school board) est composée de cinq à sept personnes élues en plus du directeur et de l'enseignant représentant ses pairs.
Les curriculums. Un certain nombre de pays s'est engagé durant les dernières années dans des réformes de fond de leur curriculum au niveau de l'enseignement primaire et secondaire. L'exemple du " National Curriculum "
anglais mis en uvre en 1988 et revu en 1993 est le plus connu mais non le seul. L'Irlande conduit également une importante réforme des curriculums après la publication du " Green Paper " en 1993 et du " White Paper " en 1995. Les maîtres mots sont partenariat, pluralisme, égalité, qualité, " accountability ".
L'Espagne et le
Portugal sont également engagés dans des réformes profondes de leur système d'éducation qui seront prochainement achevées. En
Finlande et en
Belgique, de nouveaux curriculums ont été mis en uvre dans l'école de base et dans le secondaire supérieur ; aux
Pays-Bas dans le secondaire inférieur et supérieur. La Belgique a pour la première fois conduit une démarche de négociation dans l'introduction du nouveau curriculum de base en organisant une réflexion générale avant l'introduction définitive du nouveau curriculum.
L'Autriche poursuit aussi un processus de réforme du curriculum de l'enseignement secondaire inférieur fondé sur la publication du livre Blanc.
Ces réformes des curriculums s'accompagnent d'une tension entre le pouvoir d'initier des changements au niveau central et l'implantation du changement au niveau local. Les réformes sont souvent guidées par une double nécessité :
celle de réformer les contenus d'enseignement : les nouveaux curriculums font ainsi une place plus large aux technologies nouvelles et à l'enseignement à distance (Finlande), aux dimensions transversales de l'enseignement (écologie, santé, environnement, dimensions internationales) ;
celle de faire des économies d'échelle et d'assurer une meilleure gestion des ressources humaines et matérielles.
À côté de ces tendances touchant un grand nombre de pays, certaines priorités semblent plus particulières à un ou deux pays :
Ainsi la
France se penche actuellement sur les rythmes scolaires que chacun s'accorde à trouver trop lourds ainsi que sur l'amélioration de la formation scientifique, notamment pour les jeunes filles. La Finlande et la
Grèce, pays très excentrés du centre le l'Europe communautaire, développent l'enseignement à distance et font porter leurs efforts sur les technologies de l'information. En
Finlande un ambitieux programme international de communication par E-mail " Aquarium " rassemble un nombre important d'écoles.
L'Angleterre, la
France et plus récemment
l'Espagne accordent une grande importance aux problèmes d'évaluation et tentent de développer une culture d'évaluation. La France et l'Angleterre ont organisé des tests standardisés à différentes étapes de la scolarité pour vérifier la maîtrise des acquisitions de base et la compatibilité des niveaux. Ce contrôle de niveau national qui peut être ressenti comme une manière d'organiser la compétition entre les établissements est aussi une manière de vérifier les performances des élèves afin d'améliorer la qualité de tout le système éducatif.
Signalons enfin parmi les thèmes d'innovation particuliers à certains pays, l'intérêt nouveau pour l'interculturel et l'ouverture au multiculturalisme en
Grèce, au
Portugal, en
Espagne alors que cet intérêt entre naturellement dans ceux des pays ayant une plus longue tradition d'émigration ; l'intérêt spécifique pour l'écologie en
Allemagne et celui d'une éducation aux valeurs de la démocratie, du respect et de la tolérance en Espagne.
Toutes ces remarques ne sauraient prétendre à l'exhaustivité et ne signifient pas que ces derniers thèmes ne soient pas pris en compte dans les pays non cités, mais que d'après les entretiens conduits dans le cadre de l'enquête auprès des autorités nationales de treize pays de l'Union européenne, ils ne sont pas apparus prioritaires.
© Innova : Observatoire européen des innovations en éducation et en formation / European Observatory for Innovation in Education and Training, juin 1998.